mardi 3 octobre 2023

Pourquoi la justice enquête sur la députée Sophia Chikirou

 

Il est des rappels à l’ordre qui échappent à tous, sauf à leur cible. Ce 6 mars 2022, les quelque 15 000 personnes rassemblées sur l’esplanade du Gros-Caillou, à Lyon, pour assister au meeting de Jean-Luc Mélenchon ne se sont pas formalisées lorsque les enceintes se sont mises à cracher la musique d’entrée du candidat à la présidentielle de La France insoumise (LFI) en plein discours de Mathilde Panot. Tout juste s’en souviennent-elles. Leur leader s’était promptement hissé sur scène, cravate rouge et verbe haut, s’élançant pour cinquante minutes de discours. La députée du Val-de-Marne l’avait accueilli avec un sourire de circonstance, avant de se retirer en coulisses, des larmes de rage aux yeux.Son intervention, un honneur longuement préparé, n’a pas été coupée par hasard. Lors de la répétition, Sophia Chikirou, prestataire à la manœuvre en régie, avait exprimé de profonds désaccords sur son texte, exigeant des changements refusés par l’oratrice. Cheville ouvrière de la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les quartiers populaires en 2017, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale en 2021, coordinatrice de la mobilisation militante en 2022… qu’importe la place prépondérante de Mathilde Panot au sein du mouvement, nul ne résiste impunément à Sophia Chikirou.

Connue dans le parti depuis 2011, la relation sentimentale – parfois discontinue – entre Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou était ignorée du public jusqu’au 16 octobre 2018. Venus perquisitionner à l’aube le domicile de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de l’enquête sur ses comptes de campagne de 2017, les enquêteurs avaient eu la surprise d’y trouver celle qui avait assuré le rôle de directrice de la communication et de deuxième prestataire.

Photo : Sophia Chikirou, candidate (La France insoumise) aux élections législatives, devant l’Assemblée nationale, à Paris, le 13 juin 2022. @agnes_dherbeys #pourlemonde

Le Sentier lumineux face à l’État péruvien

 

Entre 1980 et 2000, le violent conflit entre le Sentier lumineux et l’État péruvien s’est soldé par quelque 70 000 morts. En cause, les exactions du groupe maoïste mais aussi celles de l’armée, autorisée à agir en toute impunité. La caserne militaire de Los Cabitos, près d’Ayacucho, dans les Andes, est ainsi devenue un lieu de détention, de torture et d’exécution de présumés “terroristes” : au moins 500 personnes y auraient disparu. Depuis, les familles cherchent désespérément les corps de leurs proches. Face aux manques de moyens et de volonté politique, elles trouvent une maigre consolation dans un Sanctuaire de la mémoire, actuellement en construction. 

Découvrez notre reportage en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.

📷 @paul.gambin #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ @amanda.chaparro_

Cannabis thérapeutique le marché trépigne

 

L’attente est longue quand on souffre. Voilà six ans que Mado Gilanton, bientôt septuagénaire, soulage les douleurs aiguës que génère la maladie rare dont elle est atteinte avec du cannabis. Six ans qu’elle s’en procure clandestinement, car rien d’autre n’arrive à éteindre le feu des brûlures qu’elle ressent dans tout le haut du corps à cause d’une anomalie de sa moelle épinière. Elle trouve son « herbe » comme elle peut et s’en prépare une mixture, en la mélangeant à de l’huile de coco, dont elle prend, le soir, une petite cuillère en cas de crise aiguë : « Ça suffit à calmer la douleur, rien ne me soulage aussi efficacement », dit-elle.

A l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, Mado Gilanton espérait que le recours au cannabis thérapeutique serait enfin généralisé en France et qu’elle pourrait ainsi se soigner sans se cacher. Mais le texte présenté ce 27 septembre en conseil des ministres ne contient aucune ligne budgétaire consacrée au sujet.
Pour 2024, l’administration de la Sécurité sociale avait pourtant chiffré le coût de cette généralisation et transmis ses calculs à Matignon. Dans l’hypothèse d’un taux de remboursement de 30 %, elle estimait la dépense à 120 millions d’euros pour le budget de l’Assurance-maladie. Mais d’autres critères ont manifestement pesé dans les arbitrages, témoignant de la difficulté de faire bouger les lignes sur la question du cannabis en France, pourtant le pays le plus consommateur en Europe.
« Il faut bien comprendre que, depuis plus de cinquante ans, il y a une panique morale en France autour du cannabis : c’est une drogue, donc c’est considéré comme mal, et le logiciel français en la matière, c’est la prohibition et la répression, regrette Marie Jauffret-Roustide, sociologue et chercheuse à l’Inserm. L’épouvantail des dangers que le cannabis peut représenter fait écran à tout débat, même s’il s’agit de soulager des patients. »

Photo : Guillaume Bonnefont / IP3 PRESS / MAXPPP

Pénurie d'eau à Mayotte

 

« Quand l’eau est couleur marron comme ça, qu’en pensez-vous ? » 

Sous le soleil brûlant de Mamoudzou, Racha Mousdikoudine, coordinatrice du collectif Mayotte a soif, désigne une bouteille d’eau trouble du robinet, brandie à bout de bras par une manifestante en boubou. Comme un symbole de l’exaspération déclenchée par cette crise de l’eau. Ce mercredi 27 septembre au matin, un peu plus de 400 personnes sont rassemblées, place de la République, à l’appel de plusieurs collectifs et syndicats. Le signe qu’un mélange de colères encore contenues commence à se cristalliser dans ce département français d’outre-mer, situé dans l’océan Indien.
Il y a, bien sûr, les coupures d’eau deux jours sur trois dans la plupart des dix-sept communes avec des quartiers qui ne sont plus alimentés en raison du manque de pression dans le réseau. Mais aussi le prix exorbitant du pack de six bouteilles d’eau, compris entre 5 et 10 euros, dans un département où 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
S’ajoutent d’autres sujets de tensions sourdes, comme la défiance à l’égard des analyses de potabilité de l’agence régionale de santé, à 95 % conformes, mais avec la recommandation de faire bouillir l’eau « par précaution ». Et encore ce sentiment d’être délaissés par l’Etat parce qu’une telle situation ne serait pas possible dans un autre département français. « A Versailles, ça coule à flots ; à Mayotte, on manque d’eau », a écrit d’ailleurs sur son panneau en carton une jeune manifestante. Référence au luxueux repas organisé par l’Elysée, le 20 septembre au château de Versailles, lors de la visite du roi d’Angleterre Charles III.

Photo : Lors d’une manifestation pour dénoncer la pénurie d’eau, à Mamoudzou, le 9 septembre 2023. LEMOR/ABC/ANDIA.FR

La justice annule deux projets de mégabassines en Poitou-Charentes

 

Cette fois-ci, la justice tranche contre les mégabassines. 
Deux projets de retenues d’eau destinées à l’irrigation agricole en Poitou-Charentes ont été annulés, aujourd'hui, par le tribunal administratif de Poitiers. La justice pointe leur inadaptation face au changement climatique.
Le litige portait sur deux projets : l’un de neuf retenues prévues sur les bassins de l’Aume et de la Couture dans les départements de la Charente, Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, l’autre concernant six autres mégabassines dans le sous-bassin de la Pallu, dans la Vienne. Ces projets visaient à créer et exploiter 15 réserves dites «de substitution» d’une capacité totale d’environ trois millions de mètres cubes. Leur principe consiste à prélever de l’eau dans les nappes superficielles en hiver, pour la mettre à disposition d’agriculteurs qui irriguent en été, quand la pluie se fait rare.

👉 Plus d'informations sur le site de Libération.fr

📸 Quentin Vernault


Paul Kircher sensible et loufoque

 
🎦 On le guette au point de rendez-vous, un café à Pigalle. Improbable tee-shirt vintage, bas de survêt gris douteux, Paul Kircher, jeune acteur révélé dans le Lycéen de Christophe Honoré nous attend lui… dans l’hôtel à côté. Sur la table mousse déjà un chocolat chaud. L’interview terminée, on le verra traverser la rue et s’engouffrer dans un burger. Bâfrer du steak smashé arrosé de Coca pour «tester [son] corps» fait partie des petits plaisirs de notre croqué du jour. Dans le Règne animal de Thomas Cailley, ode à la différence et dystopie à l’humour planant, il est le fils de Romain Duris. Alors que le monde est en proie à un virus qui transforme certains humains en créatures inquiétantes, l’accident d’un convoi médico-carcéral disperse les mutants dans la nature. Sur la joue de l’ado, une cicatrice laisse entendre qu’il s’est frotté de trop près à sa mère, contaminée. Poils, griffes, et vertèbres saillantes esquissent les prémices d’une inéluctable métamorphose. On pense évidemment à Kafka ou à la Mouche de David Cronenberg.

➡️ Lire le portrait en entier sur Liberation.fr

✍️ @nathalierouiller
📸 @albertfacelly

La carte intéractive des groupuscule d'extrème droite

 
Des tracts nazis distribués dans tout le pays. A Vannes, des nervis jugés pour avoir laissé pour mort un jeune homme, pris pour un «antifa». Près de Rennes ou à Toulouse, des ateliers de lecture perturbés par des néofascistes au motif qu’ils étaient animés par des drag-queens. Un peu partout, des descentes violentes… Depuis plusieurs années, @liberationfr documente le regain d’activisme des militants d’extrême droite radicale. La mouvance se voit régulièrement frappée par des dissolutions administratives au motif de sa violence et de son racisme. Mais ces derniers temps, un constat s’impose : ces interdictions décrétées en chaîne par les ministres de l’Intérieur successifs ont abouti à une explosion du nombre de groupuscules, sans guère entraver leur activité.
Pour rendre accessible ce travail de recensement, nous proposons à nos abonnés cette carte interactive. Lorsque le Planning familial, le local d’une association de gauche, une librairie ou une manifestation sont attaqués, l’extrême droite est pointée du doigt. Mais laquelle ? Qui sont ces militants et de quoi se réclament-ils ? Agissent-ils «dans leur coin», appartiennent-ils à un courant plus large ? Libé vous propose donc une cartographie des principaux groupes français – frange radicale et agissante, mais parfois liée aux partis lepéniste et zemmourien.

👉 Carte à consulter sur le site de Libération, lien en story

✍ Maxime Macé et Pierre Plottu
🗺️ Alice Clair, Savinien de Rivet

lundi 2 octobre 2023

La une de Libération du mardi 3 octobre 2023


Etats généraux : protéger l'information, ça presse ! Rachats brutaux, secret des sources, fake news… Le grand chantier promis par Macron s’ouvre à un moment où la liberté de la presse semble particulièrement en péril. La une de

mardi : journal.liberation.fr

Tokyo pas à l'abri du Big One

 
C’est toujours une piqûre de rappel. Chaque puissant séisme à travers le monde, comme celui qui a récemment frappé le Maroc, rafraîchit la mémoire aux Japonais à propos du risque pesant sur un archipel situé sur la « ceinture de feu » du Pacifique, à la convergence de trois plaques tectoniques dont l’entrechoquement menace directement Tokyo et sa périphérie.
Un récent billet paru dans le quotidien Asahi fustige la formule employée régulièrement par les hommes politiques nippons lorsque se produit une catastrophe : « Ce qui vient de se produire était inattendu. » Du séisme de Kobé en 1995, effectivement imprévisible dans cette région, au désastre nucléaire de Fukushima en 2011, qui ne l’était pas en raison des mises en garde des sismologues sur la nécessité de construire une digue plus haute protégeant la centrale, l’« inattendu » brandi par les politiques relève de l’autojustification absolutoire, sinon de l’incompétence, poursuit le journal, qui estime que « la menace d’un désastre aux effets inimaginables pèse toujours sur Tokyo ».

Le puissant séisme marin de magnitude 9 qui se produisit en 2011 dans le Pacifique, au nord-est de la région du Tohoku, et provoqua le tsunami dévastateur (18 500 morts ou disparus) a fait voler en éclats le mythe sécuritaire d’un archipel à l’abri des désastres entretenu par les autorités. Et, aujourd’hui, s’il est une catastrophe attendue, c’est bien un tremblement de terre de grande ampleur frappant la capitale. Dans le cas de ce « Big One », il sera difficile de dire qu’il était « inattendu » : la question n’est pas s’il aura lieu, mais quand.

Photo : Une rue de Tokyo, après le tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923. 

#AP

Explosion du nombre des "homeless" en Californie

 
Les vagues de chaleur extrême survenues pendant l’été ont souligné la vulnérabilité et le nombre croissant des sans-abri dans l’Ouest américain. Ils sont aujourd’hui près de 50 000 à Los Angeles, 9 000 à San Francisco, 5 000 à Phoenix (Arizona), 4 000 à Portland (Oregon), près de 9 000 à Denver (Colorado), l’agglomération qui a connu la plus forte augmentation post-pandémie (+ 31 % entre 2022 et 2023). Dans toutes ces grandes villes – qui se trouvent être démocrates –, les élus sont sous pression pour trouver des solutions à un problème de plus en plus aigu, malgré les millions de dollars déversés par les pouvoirs publics. L’opinion s’impatiente mais la question est complexe, qui mêle des phénomènes inextricables : pauvreté, troubles psychiatriques, toxicomanie, pénurie de logements…
Le problème est particulièrement pressant en Californie, où se concentre un tiers des sans-abri. Los Angeles est « l’épicentre du problème, a reconnu Karen Bass, la maire de la mégalopole, le 6 juin. On a plus de 40 000 personnes qui dorment dans des tentes. » Avant son élection, fin 2022, la démocrate avait promis de diminuer de 17 000 le nombre de sans-abri pendant son premier mandat. Le 12 décembre, au lendemain de son investiture, elle a déclaré l’état d’urgence, une mesure administrative qui permet aux élus de solliciter les fonds fédéraux. Moins d’un an plus tard, elle a dû reconnaître que son bilan est mitigé.

Photo : Lors du démantèlement d’un camp de sans-abri dans un quartier adjacent à celui de Beverly Hills, à Los Angeles (Californie), le 11 mai 2023. 

Ted Soqui / Sipa USA

Vanessa Springora la vie d'après

 
En publiant, il y a trois ans, “Le Consentement”, récit de sa relation sous emprise avec l’écrivain quinquagénaire Gabriel Matzneff alors qu’elle n’avait que 14 ans, Vanessa Springora souhaitait se délester de ce douloureux passé. Elle n’avait pas anticipé la déferlante médiatique, le succès en librairie, ni le puissant écho de son témoignage dans la société. D’autres qu’elle ont suivi et le consentement est devenu un terme courant. Ce livre a participé à un changement des mentalités, que les gens l’aient lu ou non. Il est aujourd’hui adapté au cinéma par Vanessa Filho, avec Kim Higelin et Jean-Paul Rouve. « À chaque fois, c’est un nouveau regard d’artiste, c’est important de laisser vivre cette histoire, se réjouit l’autrice. Cela me déleste aussi. » Elle s’allège du traumatisme de ses années d’adolescence et des mois de chamboulement qui ont suivi la publication. Car ses années post-Consentement ont été, pour elle, à la fois réjouissantes et éprouvantes. 

📷 @anaisbarelli #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ Dominique Perrin

Kehinde Wiley le portraitiste qui peignait les puissants d'Afrique

 

« C’est une exposition compliquée, difficile à digérer. La complexité est dans les œuvres et dans l’exposition. » Ce sont les derniers mots du peintre Kehinde Wiley à la fin d’une longue conversation à propos de « Dédale du pouvoir », au Musée du quai Branly, à Paris : une suite de portraits de chefs d’Etat africains d’aujourd’hui. Complexe en effet, elle suscite la perplexité en raison du style même des œuvres, et prête à la controverse en raison de la présence de quelques dictateurs.
Elle se compose de onze tableaux de très grand format, dix hommes plus Sahle-Work Zewde, actuelle présidente de la République d’Ethiopie, seule femme de cette galerie. Elle s’y trouve en compagnie d’Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire, ou d’Alpha Condé, ancien président de Guinée. Les toiles sont disposées au fil d’un dédale, conformément au titre, murs noirs et angles nombreux. Chacune dispose ainsi de son coin. On y avance dans la pénombre, d’un tableau à l’autre, tous vivement éclairés et colorés selon les habitudes de Wiley, qui pratique, depuis ses débuts, une peinture figurative détaillée et chamarrée.
L’artiste est né en 1977 à Los Angeles d’une mère afro-américaine et d’un père nigérian. Son œuvre se consacre tout entière à la représentation de femmes et d’hommes d’ascendance africaine, anonymes ou illustres, qu’il peint en reprenant les techniques et les compositions de la peinture européenne de la Renaissance au XIXe siècle, de Van Eyck ou Bellini jusqu’à Reynolds ou Ingres.

Photo 1 : Vue de l’exposition « Dédale du pouvoir », de Kehinde Wiley, au Musée du quai Branly-Jacques-Chirac, à Paris, en septembre 2023. 

LÉO DELAFONTAINE / MUSÉE DU QUAI BRANLY-JACQUES CHIRAC

Erdogan fustige l'Union Européenne

 

Ankara s’éloigne un peu plus de l’Union européenne (UE). « La Turquie n’attend plus rien de l’Union européenne qui nous a fait patienter à sa porte depuis quarante ans », a affirmé dimanche 1er octobre le président turc, Recep Tayyip Erdogan.« Nous avons tenu toutes les promesses que nous avons faites à l’Union européenne, mais eux, ils n’ont tenu presque aucune des leurs », a dénoncé le chef de l’Etat devant la session inaugurale du Parlement, ajoutant qu’il ne « tolérera pas de nouvelles exigences ou conditions au processus d’adhésion » de la Turquie.« S’ils ne font pas marche arrière sur certaines injustices comme l’imposition des visas, qu’ils utilisent comme une sanction latente, s’ils ne corrigent pas leurs erreurs […], ils perdront intégralement le droit d’exprimer des attentes politiques, sociales, économiques ou militaires de notre part », a-t-il prévenu. Et d’ajouter : « Si l’Union européenne a l’intention de mettre fin au processus d’adhésion qui n’existe que sur le papier, ce sera leur décision. »

Photo : Recep Tayyip Erdogan marche devant la garde d’honneur de l’armée turque, à l’occasion de la rentrée du Parlement, à Ankara, en Turquie, le 1ᵉʳ octobre 2023. 

MURAT CETINMUHURDAR/PPO / via REUTERS

Plus de ma moitié des étudiants se déclarent "éco-actifs"

 

La jeunesse étudiante, à l’instar du reste de la population, demeure clivée sur les questions d’écologie : c’est le constat dressé par la Consultation nationale étudiante (CNE), étude quantitative menée tous les trois ans, à laquelle plus de 14 000 étudiants ont donné suite entre janvier et mars. Près de 8 000 réponses complètes ont été analysées par le Réseau associatif étudiant pour une société écologique et solidaire (Reses), qui en a publié une synthèse jeudi 21 septembre intitulée « Ecologie, solidarités : l’enseignement supérieur face aux attentes étudiantes ».L’étude comporte un biais, tiennent à prévenir les auteurs : la consultation a touché une part importante d’étudiants des écoles d’ingénieur et des instituts d’études politiques tandis que les étudiants des universités sont sous-représentés, ce qui rend l’échantillon non représentatif de l’ensemble de la population étudiante, même si les données ont été redressées pour correspondre au plus près à la population mère.

« Cela s’explique principalement par le fait que le questionnaire ait été en partie diffusé en démarchant directement les établissements », précise le Reses, l’implication de ces derniers étant variable, certains allant jusqu’à rendre obligatoire le questionnaire, d’autres non. Enfin, socialement, l’échantillon de la CNE 2023 a touché davantage d’étudiants boursiers que leur proportion dans la population globale étudiante (30,1 % contre 24,3 %).

Photo : Des étudiants lors d’une marche des jeunes pour le climat, à Paris, le 8 mars 2019. 

ALAIN JOCARD / AFP

L'Arménie convaincue d'être la prochaine cible

 


L’orchestre militaire commence la marche funèbre, puis le convoi s’élance à travers le cimetière d’Erablur, sur les hauteurs d’Erevan, la capitale arménienne. Des milliers de soldats morts lors des trois guerres dans le Haut-Karabakh (1988-1994, 2016 et 2020) sont enterrés ici. Vendredi 29 septembre, le cimetière militaire s’est encore agrandi avec les funérailles de trois combattants tués lors de l’offensive éclair de l’Azerbaïdjan, dix jours plus tôt. Mais, cette fois, le deuil se double du choc lié à la chute de la république du Haut-Karabakh, dont les autorités autoproclamées ont annoncé la dissolution à partir du 1er janvier 2024.
Sonnés, les Arméniens peinent à comprendre comment cette région, qu’ils considèrent comme leur terre ancestrale, a pu leur échapper en quelques jours, provoquant l’exode, selon les chiffres arméniens, de plus de 91 000 habitants sur les 120 000 que comptait l’enclave séparatiste. 

« Je suis tellement sidéré que je n’arrive pas à analyser ce qu’il s’est passé, confie Khatchik Vardanian, un vétéran grièvement blessé lors de la guerre de 2020, venu se recueillir sur la tombe d’un ami. C’est une nouvelle page tragique de notre histoire. »
Les Arméniens s’interrogent : à qui la faute ? L’opposition incrimine le premier ministre, Nikol Pachinian, accusé d’incompétence et d’avoir sacrifié le Haut-Karabakh pour tenter de sauver l’Arménie.

Photos : Eric Grigorian #pourlemonde


Des centaines de milliers de Polonais dans la rue

 

Des centaines de milliers de Polonais ont défilé dans les rues de Varsovie ce dimanche à l’initiative de l’opposant Donald Tusk. L’objectif : galvaniser l’électorat en vue du scrutin législatif du 15 octobre, qui pourrait dicter le sort de la démocratie polonaise. Extrait du reportage de Patrice Senécal à lire dans l'app Libération :
«Nous voulons rester dans l’Union européenne, et si le PiS est réélu, je crains qu’on n’emprunte la voie d’un Polexit», redoute Henryka, qui a fait le déplacement depuis Gdansk, dans le nord du pays. Une crainte partagée par nombre de défenseurs de l’Etat de droit : en cas de victoire du PiS, la trajectoire illibérale polonaise risque bien de se consolider, et le bras de fer avec Bruxelles se poursuivre. Le chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, qui a pu faire main basse sur une bonne partie de la justice et l’audiovisuel public, ne cache pas non plus son ambition de «repoloniser» l’ensemble de la presse polonaise et mettre au pas la magistrature. «Et, sur le plan social, la polarisation, en Pologne atteint un niveau inouï à cause de la haine que propage le PiS, ça risque d’empirer», ajoute Henryka, professeure de maternelle à l’aube de la retraite, qui regrette «un retour en arrière, comme à l’époque de la république populaire de Pologne».

📷 Slawomir Kaminski / Agencja Wyborcza / Reuters

Les pionniers des vaccins ARN récompensés par le Nobel

 

Deux prix Nobel pour une découverte qui a fait les gros titres ces dernières années. La Hongroise Katalin Kariko et l’Américain Drew Weissman, pionniers des vaccins ARN messagers, ont reçu ce lundi 2 octobre le prix Nobel de médecine et de physiologie pour leurs recherches. Une petite surprise. Car si cette découverte leur avait déjà valu de nombreuses reconnaissances, le comité Nobel attend fréquemment plusieurs dizaines d’années pour reconnaître une percée décisive. «L’Académie pense peut-être qu’il lui faut encore étudier le sujet mais ils devraient gagner un jour», estimait la spécialiste des sciences à la radio publique suédoise SR, Annika Ostman, qui n’imaginait pas les voir gagner de sitôt.
L’an dernier, c’est le Suédois Svante Pääbo qui avait été récompensé pour le séquençage du génome de l’homme de Néandertal et la fondation de la paléogénomique, discipline qui a pour but la reconstitution des génomes anciens, animaux, végétaux ou encore microbiens. «En révélant les différences génétiques qui distinguent tous les humains vivants des hominidés disparus, ses découvertes ont donné la base à l’exploration de ce qui fait de nous, humains, des êtres aussi uniques», avait salué le jury.

Avant l’officialisation des résultats, comme chaque année, les rumeurs allaient bon train ces derniers jours. Plusieurs experts s’attendaient à voir la recherche sur la narcolepsie récompensée, et en particulier le rôle clé d’une molécule baptisée orexine dans ce trouble du sommeil. Les chercheurs français Emmanuel Mignot et le japonais Masashi Yanagisawa étaient notamment cités.

📷 Tommaso Boddi / @gettyimages @afpphoto

"Ce n'est même pas l'été indien c'est encore l'été"

 

Après un mois de septembre déjà historiquement chaud, octobre commence, dans l’Hexagone, par un épisode de chaleur tardive «exceptionnel», dont le pic est prévu aujourd'hui, selon @meteofrance. Avec plus de 30 degrés dans une large partie du pays, voire 35 degrés localement, il s’agit de températures inédites pour ce mois d’automne. Du midi toulousain à la Gironde, les maximales attendues sont situées plus de 10 degrés au-dessus des normales de saison ; et, dimanche, le mercure a aussi grimpé près de la Manche et des frontières du nord.
«Ce n’est même pas l’été indien, c’est encore l’été ! a indiqué à l’AFP Olivier Proust, prévisionniste à Météo France. C’est exceptionnel parce que les masses d’air en jeu sur le pays sont d’une caractéristique thermique remarquablement élevée.» Et le même d’anticiper : «On va encore avoir vraisemblablement une litanie de records depuis la région sud-ouest jusque vers le Centre et même la Bourgogne, ainsi que toute la façade atlantique.»
Ces températures estivales font suite à un mois de septembre historique, le plus chaud jamais enregistré en France, après une série de presque deux ans au-dessus des normales de saison, comme l’a annoncé Météo France vendredi. Dimanche, l’Institut royal météorologique de Belgique a, de son côté, fait savoir que septembre avait aussi été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés dans ce pays en… 1833 ! La température moyenne y a été de 18,8°C (la normale est de 15,2°C), battant le précédent record (18,4°C), datant de 2006 ; et six jours de grande chaleur, soit une température maximale supérieure ou égale à 30°C, ont été enregistrés, le triple du record précédent (deux jours en 1906, 1911, 1919, 1949 et 2020).

📷 Des habitants profitent des vagues à Guethary, dans le sud-ouest de la France, le 28 septembre 2023. Gaizka Iroz / @afpphoto

Le cauchemar des punaises de lit

 

Il suffit de lâcher les mots «punaises de lit» pour déclencher tout à coup une discussion passionnée. Sur le sujet, tout le monde a un avis, une histoire à raconter – comme cette collègue dont l’amie ne se rend plus au cinéma sans parer son siège d’un grand sac-poubelle –, connaît quelqu’un qui s’est débattu des mois durant avec ces petites bêtes et en est resté traumatisé… Le mot de «traumatisme», s’il peut sembler exagéré à ceux qui n’ont jamais eu maille à partir avec ce fléau, revient pourtant dans chaque témoignage.
Le scénario est généralement le même : des piqûres qui apparaissent mais qu’on ne sait pas identifier, des démangeaisons qui rendent d’autant plus dingue que les petites bestioles qui les provoquent sont quasi-invisibles à l’œil nu, un processus long, fastidieux et parfois coûteux pour s’en débarrasser… Et, in fine, une angoisse souvent tenace de revivre ce cauchemar.

Ninon, assistante mise en scène de 30 ans, a vécu une infestation de punaises de lit quand elle habitait le XIVe arrondissement parisien. «En me réveillant un matin, j’ai vu des boutons sur les cuisses, rouges, énormes, chauds, se remémore-t-elle. Je ne savais pas ce que c’était, d’autant que ma coloc n’en avait pas. Ça me rendait folle parce que ça n’apparaissait que la nuit et je ne pouvais pas les voir. J’avais l’impression d’être la lépreuse de service.»
Il lui aura fallu six mois de consultations avec différents dermatologues – dont l’une lui a prescrit une biopsie et une autre a suggéré qu’elle devait avoir une forme de syphilis – avant de tomber sur un spécialiste qui a reconnu les marques laissées par les punaises : «Il a tout de suite vu ce que c’était et m’a dit que c’était le fléau de notre époque ! Moi, j’étais surtout soulagée de ne pas avoir de MST.» En trois semaines, au cours desquelles la jeune femme a passé son appartement à la vapeur d’eau très chaude grâce à un Kärcher et lavé tous ses vêtements, les punaises ont disparu.

✍ Kim Hullot-Guiot

📷 Dzurag / Getty Images / iStockphoto

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...