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lundi 2 octobre 2023

Explosion du nombre des "homeless" en Californie

 
Les vagues de chaleur extrême survenues pendant l’été ont souligné la vulnérabilité et le nombre croissant des sans-abri dans l’Ouest américain. Ils sont aujourd’hui près de 50 000 à Los Angeles, 9 000 à San Francisco, 5 000 à Phoenix (Arizona), 4 000 à Portland (Oregon), près de 9 000 à Denver (Colorado), l’agglomération qui a connu la plus forte augmentation post-pandémie (+ 31 % entre 2022 et 2023). Dans toutes ces grandes villes – qui se trouvent être démocrates –, les élus sont sous pression pour trouver des solutions à un problème de plus en plus aigu, malgré les millions de dollars déversés par les pouvoirs publics. L’opinion s’impatiente mais la question est complexe, qui mêle des phénomènes inextricables : pauvreté, troubles psychiatriques, toxicomanie, pénurie de logements…
Le problème est particulièrement pressant en Californie, où se concentre un tiers des sans-abri. Los Angeles est « l’épicentre du problème, a reconnu Karen Bass, la maire de la mégalopole, le 6 juin. On a plus de 40 000 personnes qui dorment dans des tentes. » Avant son élection, fin 2022, la démocrate avait promis de diminuer de 17 000 le nombre de sans-abri pendant son premier mandat. Le 12 décembre, au lendemain de son investiture, elle a déclaré l’état d’urgence, une mesure administrative qui permet aux élus de solliciter les fonds fédéraux. Moins d’un an plus tard, elle a dû reconnaître que son bilan est mitigé.

Photo : Lors du démantèlement d’un camp de sans-abri dans un quartier adjacent à celui de Beverly Hills, à Los Angeles (Californie), le 11 mai 2023. 

Ted Soqui / Sipa USA

jeudi 2 février 2023

Nancy Krawczyk

 


Cela peut sembler difficile à croire, mais voilà : on a rencontré une fée bricoleuse. 

Une vraie. Celle des contes pour enfants. Elle porte un long tablier qui s’enfile par la tête. En tissu épais, cousu main avec une fermeture éclair vert fluo, qui fait du bruit quand elle s’ouvre. Elle se prénomme Nancy Krawczyk, son nom vient de Pologne, son prénom est un souvenir de voyage, une traversée de l’Atlantique en bateau. Elle a toujours vécu dans Paris et ses alentours, entame son 56e hiver et a une envie proche de zéro d’étaler sa vie – il a fallu l’approcher sur la pointe des pieds et slalomer entre ses interdits.

On s’est plié à tout, jusqu’à corrompre le photographe pour un portrait en action. «J’aime la discrétion.» Son histoire devait absolument être en der de Libé : Nancy Krawczyk est un soleil qui donne de la lumière sans la chercher et qui, du coup, réchauffe. Elle rend leur dignité aux sans-abri les plus cassés. Ceux qui sont à terre, à même le trottoir ou dans les recoins des gares. La rue est traître. Le froid, l’alcool attaquent vite la fierté et le corps, jusqu’à ne plus arriver à se laver seul.

Alors, tous les matins de la semaine, Nancy Krawczyk est là avec ses serviettes de bain dépareillées, pliées en trois. Ses brosses à dents et ses rasoirs jetables. Elle les accueille avec son sourire discret, dans les locaux de l’association Aux captifs la libération, à deux pas de la gare du Nord à Paris. Un refuge pour les sans-toit : les portes sont ouvertes quand il fait jour pour prendre un café, souffler un peu. La salle est souvent remplie, bruyante. 

Au fond, l’espace sanitaire est en longueur, un peu coupé du reste avec le ronron des trois lave-linge tournant sans arrêt.

Le portrait complet, par Marie Piquemal, est en dernière page de Libération ce mercredi et dans l'application Libération (lien en story)

📸 @stephanelagoutte / @agence_myop

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