Les paroissiens de Perpignan ont décidé de s’en remettre une nouvelle fois à sant Galdric, saint patron des Catalans, afin de faire enfin tomber la pluie sur les Pyrénées-Orientales. Le dimanche 10 mars, pour la deuxième année consécutive, ils ont organisé une procession dans les rues de la ville. Dans l’extrême sud de la France, comme dans tout l’ouest du bassin méditerranéen, la sécheresse s’est installée.
Les relevés météorologiques ne risquent pas de tempérer l’inquiétude générale. « Vingt-deux mois déficitaires en précipitations depuis début 2022 : les Pyrénées-Orientales connaissent une sécheresse historique en durée et en intensité, la plus sévère depuis nos premiers enregistrements qui datent de 1959, résume Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France. L’hiver 2023-2024 a été encore plus sec que le précédent et enregistre 55 % de déficit. »
Du Maghreb à l’Italie, en passant par l’Algarve, dans le sud du Portugal, toute la côte est de l’Espagne, les Baléares, l’extrême sud de la France, la Sicile, la Sardaigne, Malte et jusqu’en Crète, le constat s’impose : la situation actuelle ne relève pas d’un épisode exceptionnel lié aux températures record – même si les trois derniers mois se distinguent comme l’hiver le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale –, mais d’un phénomène durable.
Infographie : Le Monde
Source : Chirps
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
lundi 18 mars 2024
Une sécherresse critique s'installe dans le bassin méditerranéen
mardi 6 février 2024
La catalogne devant une sècheresse record
Le paradis reste fermé sur la Catalogne alors que la sécheresse de trois ans persiste
Bien que les tempêtes atlantiques balayent régulièrement l'Espagne, elles semblent toujours s'éteindre avant d'atteindre la Catalogne, qui connaît sa pire sécheresse de mémoire vivante et qui pourrait bientôt devoir restreindre l'utilisation de l'eau.
Les villages fantômes qui ont été inondés pour créer des réservoirs dans cette région du nord-est émergent une fois de plus parce que les réserves d'eau sont si faibles. Et quand les réservoirs tomberont en dessous de 16 % de leur capacité -- ce qui semble imminent -- la région va déclarer l'état d'urgence.
Barcelone et sa zone métropolitaine seraient probablement les plus touchés par un mouvement qui pourrait réduire la pression d'eau dans les maisons de ses cinq millions d'habitants afin de ramener la consommation quotidienne de 200 litres par personne à 160.
À Vallirana, un village à environ une demi-heure de route de Barcelone, les 16 000 habitants connaissent déjà les rigueurs de la réduction de l'utilisation.
Le manque de précipitations a asséché plusieurs puits dans le village et transformé d'autres en boue, et il y a de nombreuses zones qui n'ont plus accès à l'eau potable propre.
Le réchauffement climatique augmente à la fois la fréquence et l'intensité des sécheresses qui ont un impact sur la sécurité alimentaire et qui pourraient se poursuivre même si le monde parvient à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius au-dessus des émissions préindustrielles.
Vues diverses du réservoir de Sau et de l'église Sant Roma de Sau en Catalogne.
📷 Lluis Gene
#AFPPhoto
mercredi 31 janvier 2024
Les incendies se multiplient dans une Colombie en surchauffe
La sécheresse en Colombie, induite par le phénomène climatique dit d’« El Niño » qui réchauffe les eaux de l’océan Pacifique et qui perturbe la circulation atmosphérique, ne fait que commencer. Et déjà, en plusieurs points du pays, le thermomètre bat des records et les feux de forêt se multiplient, n’épargnant pas la capitale, Bogota, peuplée de 8 millions d’habitants. Le chef de l’Etat, Gustavo Petro, a décrété « l’état de catastrophe naturelle » et demandé l’aide de la coopération internationale.
Plus de 350 incendies se sont déclarés dans le pays depuis novembre 2023, selon l’Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales (Ideam). Et 17 000 hectares de forêts ont d’ores et déjà été dévorés par les flammes.
Dimanche 28 janvier au soir, la ministre de l’environnement, Susana Muhamad, informait que trente-cinq incendies avaient été éteints sur l’ensemble du territoire au cours des dernières heures. « Il reste sept incendies de forêt encore actifs, et sept sous contrôle », a précisé la ministre, en rappelant que le mois de février s’annonçait difficile du fait des hautes températures. Les photos prises par satellites montrent une carte de Colombie sans le moindre nuage, un fait inhabituel dans ce pays de cimes enneigées et de jungles humides.
Photo : Incendies sur les pentes des montagnes entourant la ville de Nemocon, au nord de Bogota, le 23 janvier 2024. Ivan Valencia / AP
jeudi 23 novembre 2023
Le fleuve Mississipi asséché est envahi par le sel et la pollution
Comme chaque jour, Ricky Becnel franchit la digue qui sépare le Mississippi de sa pépinière de citronniers et va plonger dans l’eau son appareil électronique pour mesurer la salinité du fleuve : « Quatre cents millionièmes ! Ça monte, c’est le plus haut que j’aie jamais eu », s’inquiète-t-il devant la prise d’eau de son exploitation forte d’un million d’arbustes.
L’eau du fleuve devient salée, un risque majeur pour cet arboriculteur qui pompe son eau dans le Mississippi. En cause, la sécheresse qui sévit dans tout le Midwest américain : le débit du Mississippi – et de son affluent, le Missouri –, le quatrième plus long fleuve du monde, est devenu si faible que les eaux salées du golfe du Mexique remontent son lit. En juin, elles ont franchi l’embouchure et se trouvent désormais à 90 kilomètres en amont, pile au niveau de l’exploitation, à Belle Chasse (Louisiane). En cette fin octobre, elles ne sont plus qu’à 40 kilomètres de La Nouvelle-Orléans.
La famille de Ricky Becnel est installée sur les bords du fleuve depuis 1850. L’exploitation est un petit bijou, avec des citronniers irrigués, protégés de tout contact humain pour éviter les maladies. Et voilà que le sel menace d’empoisonner les cultures. « Si cela augmente encore de moitié, je mélangerai mon eau avec l’eau de la ville », explique l’entrepreneur, qui économise 1 000 dollars (925 euros) par jour en puisant directement dans le fleuve.
Photo : @stacykranitz #pourlemonde
mardi 7 novembre 2023
Le lac Titicaca en proie à une sécheresse historique
Tous les jours, Marta Quispe scrute le ciel.
Elle sent la pluie : « Elle s’approche, veut tomber, puis repart, emportée par les nuages », déplore la femme, visage sombre et ridé, vivant sur l’archipel des Uros, côté péruvien du lac Titicaca, dont les eaux sont partagées entre le Pérou et la Bolivie. Autour d’elle, l’immensité du lac aux allures de mer intérieure : 950 kilomètres cubes de réserves d’eau douce et un vent soufflant en rafale sur un ciel désespérément clair. Ce bleu profond fait la beauté des paysages, et cause aujourd’hui le désespoir des trois millions d’habitants vivant sur ses îles et son pourtour.
Le lac Titicaca, le plus haut lac d’eau douce du monde, à 3 812 mètres d’altitude, aux confins de l’Altiplano andin, est confronté à l’une des pires sécheresses depuis quatre-vingts ans. Sur certains rivages, l’eau a reculé jusqu’à deux kilomètres, dévoilant tantôt des bancs de sable blanc, tantôt une terre craquelée qui, aux abords des villes, apparaît jonchée de déchets plastiques.
A cette époque de l’année, des premières pluies sporadiques auraient dû teinter de vert les champs entourant le lac, avant que la saison pluvieuse ne démarre pour de bon en décembre, et s’installe jusqu’en mars ou avril. Mais en ce mois d’octobre, tout est désespérément sec : les herbes sont jaunies, les sols déshydratés et les températures affichent des records pour l’Altiplano andin.
Photo : @paul.gambin #pourlemonde
mardi 3 octobre 2023
Pénurie d'eau à Mayotte
« Quand l’eau est couleur marron comme ça, qu’en pensez-vous ? »
Sous le soleil brûlant de Mamoudzou, Racha Mousdikoudine, coordinatrice du collectif Mayotte a soif, désigne une bouteille d’eau trouble du robinet, brandie à bout de bras par une manifestante en boubou. Comme un symbole de l’exaspération déclenchée par cette crise de l’eau. Ce mercredi 27 septembre au matin, un peu plus de 400 personnes sont rassemblées, place de la République, à l’appel de plusieurs collectifs et syndicats. Le signe qu’un mélange de colères encore contenues commence à se cristalliser dans ce département français d’outre-mer, situé dans l’océan Indien.
Il y a, bien sûr, les coupures d’eau deux jours sur trois dans la plupart des dix-sept communes avec des quartiers qui ne sont plus alimentés en raison du manque de pression dans le réseau. Mais aussi le prix exorbitant du pack de six bouteilles d’eau, compris entre 5 et 10 euros, dans un département où 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
S’ajoutent d’autres sujets de tensions sourdes, comme la défiance à l’égard des analyses de potabilité de l’agence régionale de santé, à 95 % conformes, mais avec la recommandation de faire bouillir l’eau « par précaution ». Et encore ce sentiment d’être délaissés par l’Etat parce qu’une telle situation ne serait pas possible dans un autre département français. « A Versailles, ça coule à flots ; à Mayotte, on manque d’eau », a écrit d’ailleurs sur son panneau en carton une jeune manifestante. Référence au luxueux repas organisé par l’Elysée, le 20 septembre au château de Versailles, lors de la visite du roi d’Angleterre Charles III.
Photo : Lors d’une manifestation pour dénoncer la pénurie d’eau, à Mamoudzou, le 9 septembre 2023. LEMOR/ABC/ANDIA.FR
mardi 11 juillet 2023
Plus de 60,000 décès liés à la chaleur en Europe
Les estimations faites par les scientifiques de l'Institut français de recherche sur la santé (Inserm) et de l’Institut de Barcelone pour la Santé Globale (ISGlobal) suggèrent qu'en l'absence de réponse efficace, le continent fera face à une moyenne de plus de 68.000 décès excédentaires chaque été à l'horizon 2030 et de plus de 94.000 à l'horizon 2040.
L'été 2022 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe, caractérisé par une intense série de vagues de chaleur qui ont battu des records de température, de sécheresse et d'incendies de forêt.
Les scientifiques ont analysé les données de température et de mortalité pour la période 2015-2022 dans 823 régions de 35 pays européens, soit une population totale de plus de 543 millions de personnes. Ils ont ensuite pu bâtir des modèles épidémiologiques permettant de prédire la mortalité attribuable aux températures pour chaque région et chaque semaine de la période estivale de l'an dernier.
Au total, l’analyse révèle qu'entre le 30 mai et le 4 septembre 2022, il y aurait eu 61.672 décès attribuables à la chaleur en Europe.
vendredi 28 avril 2023
La sècheresse sur la France
«On est en première ligne de ce qui est en train de se passer», appuie t-il en ouvrant la réunion à distance, depuis des Pyrénées-Orientales en proie à la sécheresse. Sous le coup de restrictions depuis juin 2022, le département va «vraisemblablement basculer dans le niveau de crise sur au moins une partie du territoire» dans les jours à venir, annonce le ministre.
Dans une partie de l’Hexagone, il n’est plus question d’anticiper une sécheresse : nombre de territoires sont déjà dans le rouge. Grâce à des pluies au début du printemps, les sols de la moitié nord ont pu retrouver une humidité proche des normales. Mais le sud continue à avoir soif. Au centre des préoccupations, l’arc méditerranéen, aussi sec qu’en juin, une configuration «exceptionnelle» à cette époque de l’année, pointe @meteofrance. Dans les Pyrénées-Orientales, la situation est même digne d’un mois d’août. Les prévisions pour les prochains mois laissent peu de place à l’optimisme. Le trimestre à venir devrait être plus chaud que la normale sur la France.
Côté nappes phréatiques, dont la saison de recharge est désormais terminée, la situation est beaucoup plus inquiétante que l’an dernier à la même époque. En mars, les trois quarts des stocks affichaient des niveaux inférieurs aux normales, dont 20 % «très bas». Dans les Pyrénées-Orientales, les nappes proches de la surface sont historiquement basses. Et les plus profondes, en se vidant, pourraient permettre l’intrusion d’eau salée provenant de la mer. «Cela rendrait l’eau impropre à la consommation pendant plusieurs années», avertit Violaine Bault, du Bureau de recherches géologiques et minières. Enfin, les prévisions sont «pessimistes» pour la Provence, la Côte d’Azur, la plaine du Roussillon et le Var, où une petite dizaine de communes connaissent déjà des difficultés d’approvisionnement en eau potable.
👉 L'intégralité de l'article de Margaux Lacroux est à lire dans l'appli Libé
✏ @cocoboer
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