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mardi 18 juin 2024

Nos enfants-consommateurs vont-ils ruinés nos efforts pour ralentir le dérèglement climatique ?

 

J’ai encore ces breloques en travers du gosier. L’autre jour, je traînais les enfants sous la pluie, de retour d’une manif, me sentant coupable d’imposer ce choix militant et humide à ma progéniture, quand nous sommes passés devant l’antre du démon. La boutique d’une chaîne « accessoires, beauté, bijoux, cheveux » dont l’enseigne peuple les centres-villes et les galeries commerciales. Tout y semble bon marché, brillant, pas indispensable – barrettes, boucles d’oreilles, faux ongles… Mais c’est irrésistible. Surtout quand on a 9 ans. Ma fille et sa copine ont fait des yeux de chaton triste. J’ai cédé. Elles se sont ruées sur des serre-tête de princesse de pacotille. Pas en reste, mon fils en a choisi un à feuilles de laurier dorées, proche de la couronne de Jules César dans Astérix. C’est alors que la vendeuse a signalé une promotion qui devait rendre des élastiques à cheveux gratuits si un dernier article était choisi. Le gouffre du dépassement des limites planétaires s’ouvrait un peu plus sous mes pieds.
Le maléfice a été rompu en caisse : il y a en avait pour plusieurs dizaines d’euros d’objets en plastique et en métal, de mauvaise qualité, fabriqués à l’autre bout du monde, parfaitement inutiles. Un réflexe d’autodéfense l’a emporté sur la bienséance. J’ai crié : « C’est beaucoup trop cher pour ce que c’est ! On repose tout et on y va ! »
Je ne suis pas la seule à ronger mon frein face à ces consommateurs en herbe dont les envies, pulsionnelles, sont incompatibles avec nos efforts, même modestes, de sobriété....

Illustration : María Medem

mercredi 6 décembre 2023

Un monde toujours aussi dépendant aux fossiles

 

La montée est moins raide, mais la descente n’est pas encore en vue. Selon les dernières projections du Global Carbon Budget, un rapport du collectif Global Carbon Project réunissant cent vingt et un scientifiques et quatre-vingt-quinze organisations et publié mardi 5 décembre, les émissions mondiales de CO2 liées à la production et à la consommation d’énergies fossiles seront de 36,8 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (soit 36,8 gigatonnes - GtCO2) en 2023.
Cela représente une hausse de 1,1 % par rapport à 2022, et ce total dépasse encore de 1,4 % les niveaux de 2019, juste avant la baisse temporaire liée à l’épidémie mondiale de Covid-19. Et si l’on prend en compte le déficit lié au changement d’usage des terres (la déforestation par exemple), le résultat est de 40,9 GtCO2.
Année après année, l’effet de serre se renforce. « Le niveau de CO2 atmosphérique devrait atteindre une moyenne de 419,3 ppm [parties par million] en 2023, soit 51 % de plus que les niveaux préindustriels », indique l’étude qui prévient que le seuil le plus ambitieux de l’accord de Paris de 2015 pourrait bientôt être franchi : « Si les niveaux actuels d’émissions de CO2 persistent, le budget carbone restant pour limiter le réchauffement à 1,5 °C avec une probabilité de 50 % pourrait être dépassé dans sept ans. »

Photo 1 : Transport par voie fluviale de charbon et de matériaux de construction sur le Grand Canal reliant Hangzhou à Pékin, à Huai’an, dans la province du Jiangsu (Chine), le 26 octobre 2023. 

CFOTO / Sipa USA / REUTERS

vendredi 24 novembre 2023

Dix associations contre la dérive de la "Fast Fashion"

 

Dix associations se sont réunies aux Halles aujourd'hui, à la veille du #BlackFriday, pour dénoncer les dérives de la fast fashion et la surconsommation de vêtements. Et tenter de faire bouger les autorités.
A quelques heures de la grand-messe annuelle des promos, une dizaine d’associations ont tenu à dénoncer les travers de la surconsommation qu’engendre une telle journée. Dans leur viseur : la fast fashion et ses conséquences dévastatrices, tant sur l’environnement que sur les droits humains. Au micro, une voix monotone rappelle quelques faits : chaque année, quelque 150 milliards de vêtements sont produits dans le monde ; l’industrie textile est responsable de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ; la production du secteur utilise 4 % de l’eau potable à l’échelle mondiale ; les employés qui fabriquent nos vêtements sont souvent sous-payés et exploités. «Le Black Friday symbolise un peu tout ça, explique Valeria Rodriguez, la porte-parole de @maxhavelaarfrance, une des ONG mobilisées. On nous bassine de marketing en parlant de remises incroyables pour nous pousser à acheter ce dont on n’a pas besoin.»

Lire le reportage en entier sur Liberation.fr

📸 @lesjouesrouges
✍️ Julien Lecot

jeudi 23 novembre 2023

Le fleuve Mississipi asséché est envahi par le sel et la pollution

 

Comme chaque jour, Ricky Becnel franchit la digue qui sépare le Mississippi de sa pépinière de citronniers et va plonger dans l’eau son appareil électronique pour mesurer la salinité du fleuve : « Quatre cents millionièmes ! Ça monte, c’est le plus haut que j’aie jamais eu », s’inquiète-t-il devant la prise d’eau de son exploitation forte d’un million d’arbustes.
L’eau du fleuve devient salée, un risque majeur pour cet arboriculteur qui pompe son eau dans le Mississippi. En cause, la sécheresse qui sévit dans tout le Midwest américain : le débit du Mississippi – et de son affluent, le Missouri –, le quatrième plus long fleuve du monde, est devenu si faible que les eaux salées du golfe du Mexique remontent son lit. En juin, elles ont franchi l’embouchure et se trouvent désormais à 90 kilomètres en amont, pile au niveau de l’exploitation, à Belle Chasse (Louisiane). En cette fin octobre, elles ne sont plus qu’à 40 kilomètres de La Nouvelle-Orléans.
La famille de Ricky Becnel est installée sur les bords du fleuve depuis 1850. L’exploitation est un petit bijou, avec des citronniers irrigués, protégés de tout contact humain pour éviter les maladies. Et voilà que le sel menace d’empoisonner les cultures. « Si cela augmente encore de moitié, je mélangerai mon eau avec l’eau de la ville », explique l’entrepreneur, qui économise 1 000 dollars (925 euros) par jour en puisant directement dans le fleuve.

Photo : @stacykranitz #pourlemonde

mardi 24 octobre 2023

En Europe les déchets d'emballage battent des records

 

Gobelet à usage unique à la pause-café, colis pour les achats en ligne, bouteilles d’eau… Les Européens n’ont jamais produit autant de déchets d’emballage. En 2021, l’Union européenne (UE) en a généré 188,7 kilogrammes par habitant, soit 10,8 kg de plus par personne par rapport à 2020, selon un bilan publié jeudi 19 octobre par Eurostat. C’est la plus forte augmentation depuis dix ans et près de 32 kg de plus qu’en 2011, rappelle l’office statistique européen. La publication de ces données intervient alors que la bataille fait rage au Parlement européen avant le vote, mardi 24 octobre, en commission environnement, sur le règlement emballages.
Au total, les Européens ont produit 84 millions de tonnes de déchets d’emballage en 2021. De grandes différences apparaissent selon les pays. Les Croates sont les plus sobres, avec 73,8 kg par habitant, et les Irlandais, les plus gros producteurs, avec 246,1 kg par tête. Les Français se situent au-dessus de la moyenne (près de 200 kg).
Si l’on s’intéresse cette fois à la répartition par matériau, le papier et le carton arrivent largement en tête, avec 40,3 % du volume total des déchets produits en Europe. Le plastique, pourtant le plus léger des emballages, se place en deuxième position (19 %), juste devant le verre (18,5 %), bien plus lourd. Suivent le bois (17,1 %) et le métal (4,9 %).

Photo : Des cartons d’emballages compressés dans un supermarché, à Saint-Philbert-sur-Risle (Eure), le 30 mai 2019. JOEL SAGET / AFP

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...