dimanche 24 septembre 2023

La une de Libération du lundi 25 septembre 2023


 Planification écologique : du vert ou du pas mûr ?

La une de @liberationfr ce lundi

En difficulté sur le sujet climatique depuis le début de sa présidence, Emmanuel Macron a défendu dimanche soir à la télévision une "écologie du progrès", qui sera au coeur du plan qu'il détaillera lundi.

📸 Denis Allard

Gérard Larcher

 

L’actuel président du Sénat, Gérard Larcher, devrait rempiler pour la cinquième fois à l’issue des élections aujourd'hui. 
L’éternel «porte-parole des territoires», archétype de la vieille garde politique, s’est érigé en anti-Macron.
Comme ils l’ont tous méprisé. «Le gros», le surnomme depuis toujours Nicolas Sarkozy, moquant son look rural et sa charpente gourmande. Quant à Emmanuel Macron, il crut pouvoir le mettre dans sa poche, avant de découvrir les résistances de celui qu’il appelle en privé «Gégé», et certains jours beaucoup plus durement. «Ah, il veut me faire danser le gros con…» s’agace-t-il souvent dans des saillies dignes des Tontons flingueurs. Macron n’a pas fini de «danser». Car Gérard Larcher, 74 ans, s’apprête à ravir pour la cinquième fois la présidence du Sénat lors des élections du 24 septembre. Victoire assurée pour l’éternel «porte-parole des territoires», le Normand dans l’âme, natif de Flers, devenu vétérinaire, «au cul des vaches» puis pour l’équipe olympique d’équitation en 1974, constitutivement de droite, tendance chiraquienne, ex-maire de Rambouillet (Yvelines), ex-ministre du Travail, sénateur depuis trente-sept ans. Un besogneux, enraciné, patient, gourmet – pas vraiment le genre cordon-bleu, pas de sport, pas de réseaux sociaux, un républicain viscéralement attaché aux corps intermédiaires, routier du compromis à l’ancienne. L’inverse de Macron en somme.

✍️ Sophie des Déserts
📸 Cyril Zannettacci



«Il nous a regardées, c’est bon, il nous a bénies !»

 

Croyants et autres curieux se sont massés aux abords du stade Vélodrome de Marseille sur l’avenue du Prado pour réserver le meilleur accueil à François à bord de son véhicule.
Rosa et sa fille Sarah sont aux anges. «Regardez, j’ai encore les frissons !, s’enthousiasme la quinquagénaire venue de Nîmes, grosses croix dorées pendues aux oreilles. Je suis heureuse ! Il nous a regardées, c’est bon, il nous a bénies !» Le pape, lui, arrive déjà sur la pelouse du Vélodrome. Sur le Prado, on repositionne les barrières pour laisser les fidèles suivre la messe à venir sur les écrans géants. Un groupe de jeunes préfère rejoindre une terrasse voisine. L’un d’eux se marre : «Non mais quand même, on a vu la papamobile, steuplé !»

➡️ Lire le reportage en entier sur l'appli Libé

✍️ Stéphanie Harounyan, correspondante à Marseille
📸 Patrick Gherdoussi


Antoine Dupont touché mais pas coulé

 

Le capitaine du XV de France Antoine Dupont a été opéré hier soir au CHU Purpan de Toulouse après sa fracture de la mâchoire. La Fédération française de rugby se veut rassurante dans son communiqué : «D’ici quelques jours, il va ainsi pouvoir revenir au sein de l’équipe de France dans un processus de reprise sportive progressive» En fin de matinée, le demi de mêlée a posté un message sur X disant son impatience de revenir au sein des Bleus. 

«Touché mais pas coulé. Show must go on. Hâte de retrouver le groupe. Merci pour vos messages», peut-on lire dans le tweet.

📸 Sarah Meyssonnier/REUTERS

vendredi 22 septembre 2023

La une de Libération du week-end

 
Gérard Larcher : le résident de la République. 

C'est la une de Libération ce week-end.

Quasi assuré de retrouver son fauteuil de président du Sénat après les élections
de ce dimanche, le vétéran de la droite s’est révélé en anti-Jupiter rusé, bon vivant décomplexé et maître de l’opacité.

📷 @cyril.zannettacci

Kylie Minogue

 

Il y a d’abord la voix toujours légèrement acide, presque nasillarde, fardée d’un soupçon d’autotune pour qu’elle se dote de reflets métallisés qui vont briller dans l’obscurité du club.
Et puis le kick métronomique de “Padam Padam”, qui fait soudain bondir le refrain et transforme une honnête scie disco en banger de discothèque. Sans lui, le tube tombe à plat. #KylieMinogue le sait bien, elle qui s’inquiétait du faible niveau des basses le jour de l’écoute en avant-première de son nouvel album, #Tension, en ligne ce vendredi.
Ce seizième album parcourt trente-cinq ans d’évolution musicale, des bluettes power pop toujours trop acidulées, donc un brin irritantes des débuts aux violons disco plus chics de “Green Light”, jusqu’à la house ultra kitsch des années 1990, tout en gloss et en jean taille basse, dont le retour est aujourd’hui confirmé.
N’étant pas née de la dernière pluie, l’Australienne s’y amuse à rejouer toutes ses vies (et les nôtres au passage), toutes ces modes avec une aisance et une spontanéité qui n’appartiennent qu’à elle. Surtout, elle insuffle dans son tourbillon d’insouciance une nostalgie joyeuse que seule une artiste de sa génération était en mesure de ressentir.

Une critique signée Odile de Plas, à lire en intégralité sur Télérama.fr
Crédits : @erik.melvin

Lutte contre le harcélement scolaire l'exemple du Danemark

 

A Hvidovre, commune au sud de Copenhague, Langhojskolen accueille 740 élèves, allant du CP à la 5e. Comme la plupart des établissements scolaires au Danemark, l’école présente sa « stratégie antiharcèlement » sur son site Internet. En introduction, le harcèlement y est défini comme « un phénomène social qui inclut et exclut par des processus de marginalisation extrême » et « se produit en groupe ». Pour y faire face, Langhojskolen travaille sur la prévention, menée dès le plus jeune âge, « à tous les niveaux ». « Le harcèlement est plus facile à prévenir qu’à stopper », constate le texte, qui souligne « la responsabilité des adultes », et décrit les mesures prévues par l’école, en cas de signalement.
C’est ce modèle qui va être expliqué au ministre de l’éducation national, Gabriel Attal, attendu à Copenhague, vendredi 22 septembre. Il y a vingt-cinq ans, le Danemark faisait figure de mauvais élève en Europe du Nord : en 1998, un tiers des élèves âgés de 11 ans et un cinquième de ceux âgés de 15 ans disaient être victimes de harcèlement. En 2020, ils étaient moins d’un sur dix, tandis que 3 % seulement des garçons de 13 à 15 ans avouaient harceler d’autres enfants, contre près de la moitié vingt ans plus tôt.

Photo : Dans une classe d’une école de Svendborg (Danemark), le 8 février 2021. 
TIM KILDEBORG JENSEN / AFP

Disparition du petit Emile un village sous pression

 

L’atmosphère reste tendue au Vernet, la petite commune des Alpes-de-Haute-Provence où Émile, 2 ans et demi, a mystérieusement disparu le 8 juillet, suscitant l’émoi de la France entière. Journalistes à l’affût d’une bribe d’information, médiums avec pendule et témoignages farfelus continuent d’affluer, alimentant fantasmes et rumeurs. Tandis que les enquêteurs poursuivent leur travail de fourmi, le maire François Balique fait bouclier pour protéger ses administrés. « Sur les réseaux sociaux, des gens ont raconté que l’enfant était mort dans une messe noire à laquelle j’assistais, dans les catacombes de l’église. C’était affreux... », soupire celui-ci. Une affaire qui raconte l’impact de l’irruption d’un fait divers dans une bourgade. Retrouvez notre article en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.

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🎨 @oscargronner #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ Olivier Faye

L'union Européenne divisée sur la réautorisation du glyphosate pour dix ans

 

La logique n’est, à première vue, pas évidente. 
La Commission a proposé, mercredi 20 septembre, de renouveler l’autorisation du glyphosate au sein de l’Union européenne (UE) pour dix ans, alors qu’en 2017 les Européens n’avaient octroyé que cinq ans à l’herbicide. L’exécutif communautaire a même un temps envisagé de lui accorder une durée plus longue, en sachant qu’elle ne pouvait pas aller au-delà de quinze ans.
« Nous avons procédé à deux évaluations en sept ans qui donnent plus ou moins les mêmes résultats », explique un haut fonctionnaire de la Commission. La plus récente a été faite sur la base des conclusions de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui ont été publiées début juillet. Elles indiquaient ne pas avoir identifié de « domaine de préoccupation critique » pour la santé humaine, c’est-à-dire des profils de toxicité (cancérogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien) susceptibles d’empêcher une nouvelle autorisation de l’herbicide le plus utilisé au monde.
La controverse scientifique reste ouverte : le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) considère depuis 2015 le glyphosate comme « cancérogène probable » et l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée en France en juin 2021, met en avant des indices convergents de génotoxicité, de cancérogénicité, de reprotoxicité et d’effets épigénétiques.

Photo : Un agriculteur pulvérise l’herbicide glyphosate Roundup 720 fabriqué par le géant de l’agrochimie Monsanto, dans la Sarthe, en avril 2021. 
JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP


La passion de Dodin Bouffant représentera la France aux Oscars


Le film de Tran Anh Hung, avec Juliette Binoche et Benoit Magimel, récompensé du Prix de la mise en scène à Cannes, a été désigné par la commission.
Anatomie d'une chute n'a toutefois pas dit son dernier mot. Le film de Justine Triet, distribué aux Etats-Unis par Neon (comme Parasite), peut espérer concourir dans plusieurs catégories : meilleur film, meilleur réalisation, meilleure actrice et meilleur scénario.

Le célèbre photographe Erwin Olaf est mort

 

À l’annonce, mercredi 20 septembre, du décès du photographe néerlandais, victime d’une maladie respiratoire à l’âge de 64 ans, c’est à l’une de ses dernières séries que l’on pense : « April Fool », réalisée en 2020.
Erwin Olaf, connu pour ses photographies de mode glamour ou ses images évoquant de façon glaciale les années 1950 aux États-Unis, s’y était portraituré en lutin triste. Le visage recouvert de maquillage blanc, il portait un incongru chapeau pointu de même couleur sur la tête. Des images prises dans des décors désolés, reflets de l’époque marquée par le Covid.
Mais ce personnage de pantin inquiétant incarnait peut-être aussi la part d’étrangeté que l’artiste a toujours insufflée dans ses clichés aux mises en scène spectaculaires, aux lumières travaillées, avec une armée d’assistants, de maquilleur, styliste, décorateur et accessoiristes.
« Il avait encore plein de projets », raconte sa galeriste en France, Caroline Moussion. En 2022, elle avait exposé sa série présentant les danseurs du grand chorégraphe néerlandais Hans van Manen comme des sculptures vivantes. Des photographies épurées, graphiques, comme un nouveau souffle peut-être pour l’artiste qui n’a jamais cessé de se renouveler.

Notre hommage est à retrouver en intégralité sur Télérama.fr
Crédits photos : #ErwinOlaf, par Stephan Vanfleteren

jeudi 21 septembre 2023

La une de Libération du vendredi 22 septembre 2023

 
Le pape à Marseille : je vous salue, migrants.
La une de @liberationfr ce vendredi
👉 François, qui a fait de l'accueil des migrants la grande cause de son pontificat, arrive ce vendredi en France, alors que le gouvernement se montre de plus en plus inflexible sur la question.

Marine Le Pen a remboursé sa dette au parlement Européen

 

Marine Le Pen a finalement daigné rembourser 326 401,25 euros au Parlement européen, qui lui court après depuis des années. En cause la rémunération indue de deux assistants. Comme l’écrit Mediapart, la leader d’extrême droite s’est en effet résolue fin juillet à restituer cette somme à l’institution européenne, qui la menaçait d’une saisie forcée dans le cas contraire.
Le Parlement réclamait à Le Pen ces quasis 330 000 € en remboursement de l’emploi, sur fonds européens, de deux collaborateurs parlementaires à Strasbourg qui travaillaient en réalité pour le parti en France. Ayant toujours contesté toute irrégularité, la double finaliste de la présidentielle s’obstinait à ne pas rendre l’argent. Son avocat, Rodolphe Bosselut, explique d’ailleurs à Mediapart que «ce règlement ne constitue en aucune façon une reconnaissance explicite ou implicite des prétentions du Parlement européen».

Une enquête administrative ouverte en 2014 sur des soupçons de détournements de fonds européens par Marine Le Pen, l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) avait réclamé le remboursement de 339 000 euros pour l’emploi indu de deux collaborateurs. Marine Le Pen, qui a siégé au Parlement européen de 2004 à 2017, était soupçonnée d’avoir salarié avec les fonds européens au bénéfice du FN (devenu RN) sa cheffe de cabinet au parti Catherine Griset et son garde du corps Thierry Légier.
Contestant les accusations, et assurant que ses deux collaborateurs avaient travaillé auprès d’elle au Parlement, la cheffe du RN avait refusé de s’acquitter de cette somme. Selon Mediapart, les services financiers du Parlement avaient alors prélevé à partir de février 2017 50 % de son indemnité d’élue et de ses indemnités journalières, ainsi que l’intégralité de ses frais généraux. Ces prélèvements ont duré quatre mois, Marine Le Pen ayant quitté le Parlement après son élection à l’Assemblée nationale en juin 2017, selon le média en ligne.

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📷 @denisallard

Guillaume Canet

 

Guillaume Canet est à l’affiche d’un thriller sur des pluies acides, le néoquinqua papa gâteau oscille entre nostalgie et (éco)anxiété.

Né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), l’acteur-réalisateur a grandi à la campagne avec ses parents, éleveurs de chevaux, qui possédaient un haras dans la région de Rambouillet (Yvelines). Guillaume Canet a longtemps été cavalier. Une chute en compétition a mis fin à ses rêves d’en faire un métier pour de vrai. Une sortie de route qui lui a permis de bifurquer vers le cinéma. L’écologie est venue de plus loin. Il a été «alerté par les premiers signes» et ses deux enfants, Louise (6 ans) et Marcel (12 ans), ont finalisé la conversion de l’athée qui croit «aux âmes, en quelque chose qui nous anime tous». Le fils de catholique n’a pas trouvé son dieu mais sa lutte. Guillaume Canet «flippe» en voyant ses enfants «flipper». Le dérèglement climatique provoque des réactions «violentes» parmi sa marmaille. «Ils ne supportent pas de voir une personne écraser son mégot par terre», explique l’acteur qui partage sa vie avec «Marion» (Cotillard) dont le prénom émaille la conversation. «Nous avons une vie de famille tranquille à Paris, loin des fantasmes qu’on peut lire ici ou là comme quoi on vivrait à Los Angeles.» Tous les matins, ils emmènent leurs enfants à l’école, ne sèchent pas les réunions avec les professeurs. Les stars imaginent leur vie ordinaire.

➡️ Le portrait est disponible en entier sur l'appli Libé

✍️ @rachid_laireche
📸 Martin Colombet

Le photographe Erwin Olaf est mort

 

Spécialiste de la mode, militant LGBTQ + et annobli par les souverains des Pays-Bas, le plus célèbre photographe néerlandais était atteint d’emphysème pulmonaire. Il avait 64 ans.

Son style très personnel, sophistiqué, usait des potentialités du studio en misant sur un éclairage quasi pictural dans des compositions et des mises en scène très formalistes. Il considérait d’ailleurs ses photographies comme des scénarios qu’il teintait d’un trouble, entre dépression, sadomasochisme et atmosphère fantastique. Militant LGBTQ +, Erwin Olaf avait été anobli aux Pays-bas pour son travail de défense des droits de la communauté homosexuelle. Plébiscité dans son pays après quarante ans de carrière, le Roi et la Reine Máxima des Pays-bas, l’avaient accueilli en mars au Palais Noordeinde à La Haye afin de lui remettre la Médaille d’honneur pour l’art et la science de l’Ordre de la Maison d’Orange, un prix décerné aux personnes émérites dans les domaines de l’art et de la science. En 2017, le photographe avait d’ailleurs immortalisé la famille royale dans des portraits en gros plans très peu conventionnels - pas vraiment cafardeux non plus. Les grands musées de La Haye et d’Amsterdam, lui avaient récemment consacré des rétrospectives.

👉 Plus d'infos dans l'appli Libé

📸 @jjjbonnet

mercredi 20 septembre 2023

Libération pour Ariane Lavrilleux

 

Une perquisition de neuf heures à son domicile et une garde à vue de plus de 37 heures. Tel est le régime enduré depuis mardi par la journaliste d’investigation Ariane Lavrilleux. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à Paris, Marseille et Lyon pour réclamer la «libération immédiate» de la journaliste de Disclose placée en garde à vue après avoir notamment révélé fin 2021 un possible détournement par l’Egypte d’une opération de renseignement française. «Ça fait 37 heures qu’elle est en garde à vue […], c’est énorme», a dénoncé Magali Serre, la présidente de Disclose. «Il y a une volonté de découvrir sa source et de nuire à la liberté d’informer», a-t-elle poursuivi lors du rassemblement convoqué en fin d’après-midi place de la République à Paris par Reporters sans Frontières (RSF), les syndicats de la profession et Disclose. «C’est surtout un message limpide à l’égard de tous les journalistes français, de (la part de) l’Etat, qui leur dit : si vous enquêtez sur des secrets d’Etat, vous risquez de terminer comme Ariane Lavrilleux, en garde à vue».

«Ce n’est pas un sujet technique ou corporatiste, défend la députée LFI de Seine-Saint-Denis Raquel Garrido, les journalistes ont besoin de leurs sources pour accéder à l’information, et donc travailler. Et cela est corollaire à notre droit à une information de qualité». Elle nous renvoie à l’histoire du Chili, qui est aussi la sienne, et des autres pays latino-américains. Puis martèle : «le droit à la protection des sources est un élément constitutif du droit de la presse. Cette enquête est d’intérêt public car elle révèle des informations qui concernent des violations des droits de l’homme».

✍️ Yoanna Herrera
📷 @albertfacelly

Les premiers visiteurs au 5 bis rue de Henri de Verneuil

 

"Ca prend aux tripes", "émouvant", "je suis comme une dingue": les premiers visiteurs sont entrés mercredi dans l'antre mythique de Serge Gainsbourg, au 5 bis de la rue de Verneuil à Paris, 32 ans après sa disparition.
Le premier à ressortir de la visite d'une demi-heure, avec la voix de Charlotte Gainsbourg en audio-guide, a les yeux embués et du mal à trouver ses mots. "C'est très émouvant", souffle Jérôme Bassin, habitant de la région parisienne, 40 ans. Il évoque "la chambre" où l'artiste a été retrouvé mort en 1991. Et parle d'une "odeur", celle des mégots froids dans le cendrier du salon, entre paquet de Gitanes et briquet Zippo.
Suivant la volonté de Charlotte Gainsbourg, qui s'est débattue pour l'ouverture au public de ce lieu, rien n'a bougé depuis 32 ans.
"On rentre dans une machine à remonter le temps", lâche, plus prolixe, José Sarica, 46 ans. Pin's du visage de Jane Birkin - qui résida ici de la fin des années 1960 à 1980 - au revers du blouson, ce Marseillais a pris une semaine de vacances pour visiter et "rendre hommage" à l'auteur de "La javanaise". "Je reviens demain", confie-t-il.
"Je suis bouleversé, j'ai pleuré, bon je pleure facilement, mais quand on arrive devant la chambre à coucher, lieu de la fin de Serge Gainsbourg, ça prend aux tripes", poursuit-il.
Il salue les mots de Charlotte Gainsbourg enregistrés pour l'audio-guide, cette gardienne du temple parvenant à être "si pudique et en même temps à livrer autant d'intimité".
En passant devant la salle de bain, il a aussi "imaginé Jane Birkin en train de se laver les cheveux, avec ses filles Kate (fruit d'une première union) et Charlotte".
- "Ma fille s'appelle Charlotte-Jane" -
Et d'ajouter: "c'est comme si j'avais 10 ans à nouveau, quand je rêvais de devenir l'ami de Charlotte".
Yann Boucaud, venu de Charente-Maritime, 48 ans, est ravi d'avoir pu "rentrer dans le quotidien" de la famille Gainsbourg, quand Serge Gainsbourg et Jane Birkin "rentraient de boîte" à l'heure où Kate et Charlotte "se réveillaient"
 #AFP #gainsbourg

✍️Philippe GRELARD

Sur les routes de Derna les ravages d'une catastrophe humanitaire

 

Depuis Benghazi, la deuxième ville libyenne, capitale de l’Est, la desserte des villes de Soussa, d’El-Beïda, de Derna et des régions frappées par le passage de la tempête Daniel, dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 septembre, ne tient qu’à un axe qui serpente dans le djebel Akhdar. Une semaine après la catastrophe, la route porte encore les stigmates des pluies torrentielles qui ont inondé la région. A divers endroits, le déluge a arraché des pans entiers de la chaussée, entravant considérablement la circulation entre El-Bayyada, qui marque l’entrée de la zone sinistrée dans le djebel Akhdar, et El-Baïda, située au cœur de ce plateau montagneux entrecoupé d’oueds que la tempête a brutalement fait sortir de leur lit. Dangereuse, cette route a déjà fait payer un lourd tribut aux secouristes qui l’empruntent. En moins de vingt-quatre heures, dimanche 17 et lundi 18 septembre, quatorze usagers ont perdu la vie lors d’accidents, dont quatre humanitaires grecs et cinq jeunes volontaires libyens se rendant à Derna ou quittant la ville. Ces morts viennent s’ajouter à un bilan qui ne cesse de s’alourdir, selon l’Organisation mondiale de la santé : au moins 3 922 personnes ont péri dans la catastrophe. Un chiffre provisoire, car entre 4 000 personnes, identifiées, et 10 000 victimes potentielles sont portées disparues.

Photo : @adrienne_surprenant / MYOP #pourlemonde

La chirurgie plastique éblouit les jeunes médecins

 

A la suite d’un grave accident, un patient traumatisé doit subir une reconstruction complexe microchirurgicale, une intervention de précision. Un autre consulte pour un lifting dans le cadre d’un rajeunissement du visage. Une autre encore vient pour une prothèse, après une mastectomie liée à un cancer du sein. Autant de cas que suit le docteur Jean-Sébastien Barbier en une seule et même journée. L’interne de 27 ans insiste sur la variété de son quotidien à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, dans le service de chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice : « Il y a beaucoup de mythes autour de cette discipline, souvent réduite à son aspect esthétique pour en pointer les dérives, alors que c’est bien plus que ça. »
Lui-même ne s’est passionné pour la chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice qu’à la fin de sa troisième année de médecine, lors d’un séjour en Corée, dans le cadre d’un programme d’échange permettant d’explorer les systèmes de santé dans différents pays du monde : « Les Coréens ont une acceptation différente de la modification du corps, et le pays est devenu une des capitales mondiales de la chirurgie plastique », précise-t-il. De retour à Paris, il décide d’en faire son métier. Son père, médecin généraliste, et sa mère, dentiste, sont étonnés : « Pour eux, un grand chirurgien est plutôt cardiaque ou digestif. »

Alors qu’il était jeune externe, Jean-Sébastien Barbier travaillait entre quatre-vingts et cent heures par semaine pour préparer les épreuves classantes nationales qui conditionnent le choix de la filière et du centre hospitalier universitaire (CHU) d’affectation : « Il n’y avait que sept places en chirurgie plastique à Paris, pour 9 000 candidats. » Il décroche le Graal – un internat en chirurgie plastique à l’hôpital Saint-Louis – et l’approbation de ses parents.

Illustration : ANNA WANDA GOGUSEY

Un impôt européen sur les ultras riches pourrait rapporter 200 milliards par an

 


Voilà un rapport solidement étayé, qui tombe à point nommé. 
Deux semaines après le lancement, lors du sommet du G20 de New Delhi, d’un large appel d’économistes et de politiques à taxer les ultrariches au nom de la justice fiscale – cosigné par 139 millionnaires américains et britanniques prêts à contribuer sans délai –, le groupe des Verts-Alliance libre européenne au Parlement européen rend publique, mercredi 20 septembre, une étude exhortant à passer « du slogan à la réalité ».
« L’Espagne a pris les devants en Europe, en lançant un impôt sur la fortune temporaire et progressif. Pourquoi les autres membres de l’Union européenne ne suivraient-ils pas ? », interrogent en préambule les Verts, en référence à la « taxe de solidarité » instaurée par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, début 2023, pour une durée de deux ans.

Cette étude, réalisée par l’ONG Tax Justice Network à partir de données sur les revenus, le patrimoine et les inégalités, de statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de travaux d’économistes, tels Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, évalue « le potentiel lié à la mise en place d’un impôt sur la fortune », ainsi qu’à « l’éradication des abus fiscaux des super-riches ». Elle livre ces chiffres chocs : un impôt sur la fortune (ISF) « modéré et progressif, centré sur les 0,5 % les plus riches » de chaque Etat européen, rapporterait chaque année plus de 213 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires dans les caisses publiques. A lui seul, ce « top 0,5 % » détient près de 20 % de la richesse européenne, contre 3,5 % pour la moitié de la population la moins riche, rappellent les Verts. Leur patrimoine s’est accru de 35 % en dix ans.

Photo : Une militante arbore un masque appelant à « taxer les riches », en septembre 2021. NICK IWANYSHYN / REUTERS

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...