« L’Europe est à un tournant critique de son histoire. Le bouclier américain se dérobe. Washington est devenu la cour de Néron, un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique », lance Claude Malhuret à la tribune du Sénat, le 4 mars, visant le président américain, Donald Trump, et le milliardaire Elon Musk, chargé de « l’efficacité gouvernementale ». Ce discours prononcé lors des débats en soutien à l’Ukraine a fait du sénateur de l’Allier de 75 ans une star internationale sur Instagram, TikTok et X. Ces formules ciselées, cette violence froide : la harangue de Claude Malhuret a piqué la curiosité des journalistes anglo-saxons. L’ancien maire de Vichy et ex-président de Médecins sans frontières met des mots sur l’angoisse et la répulsion suscitées par les débordements de l’ex-magnat de l’immobilier. Lui est un adepte des attaques percutantes, dont la gauche fait souvent les frais. Une pratique de la punchline que certains lui reprochent d’exercer au détriment de sa mission parlementaire. Retrouvez notre portrait en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.
📷 @mathias_benguigui #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ Claire Gatinois
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
jeudi 20 mars 2025
Le quart d'heure américain du sénateur Claude Malhuret
lundi 16 décembre 2024
Budget l'Assemblée adopte la loi spéciale à l'unanimité
L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité lundi le projet de loi spéciale visant à permettre à l'exécutif de percevoir l'impôt et d'emprunter sur les marchés pour assurer la continuité de l'Etat et de la Sécurité sociale.
Le texte, déposé en réaction à la censure de Michel Barnier et à l'impasse politique entravant l'adoption d'un budget pour 2025, sera examiné mercredi au Sénat en vue d'une adoption définitive. Il a vocation à servir de béquille en attendant l'adoption de textes budgétaires plus ambitieux début 2025, qui seront les premiers véritables tests du futur gouvernement Bayrou #AFP
📸Geoffroy VAN DER HASSELT
mercredi 29 mai 2024
Le sénat pose des interdictions à la prise en charge médicale des mineurs transgenres
Un texte « équilibré » destiné à protéger ou, au contraire, « une loi mettant en danger » les enfants transgenres ? C’est sur cette ligne de crête que se sont ouverts, mardi 28 mai dans la soirée, au Sénat, les débats autour d’une proposition de loi, portée par la sénatrice Les Républicains du Val-d’Oise, Jacqueline Eustache-Brinio, sur la prise en charge médicale des mineurs transgenres. Les sénateurs ont adopté le texte en première lecture (180 voix pour, 136 contre), grâce à l’alliance du centre et de la droite, majoritaire au Sénat, et contre l’avis du gouvernement. La gauche a voté à l’unanimité contre.
Invoquant la prudence, le texte prévoit un encadrement extrêmement strict de la prescription de bloqueurs de puberté aux mineurs transgenres par des équipes pluridisciplinaires spécialisées – il en existe dix-huit en France –, ainsi que l’interdiction des traitements hormonaux, qui permettent de développer des caractéristiques physiques secondaires (pilosité, voix grave, développement ou non-développement des seins) en harmonie avec l’identité de genre.
Quelle sera la suite du chemin parlementaire de cette proposition de loi ? Sera-t-elle mise à l’agenda de l’Assemblée nationale, puis votée ? Si une telle loi était définitivement adoptée, « on serait le premier pays à interdire la transition médicale des mineurs en Europe », souligne Claire Vandendriessche, coordinatrice associative de la plate-forme Trajectoires jeunes trans, rejoignant ainsi un « arc politique qui va de Trump à Poutine ».
Photo : Le Sénat français lors d’une séance, à Paris, en avril 2024. BERTRAND GUAY / AFP
jeudi 29 février 2024
Vote historique au Sénat pour l'inscription de l'IVG dans la constitution
Une vive émotion parcourt les travées de l’hémicycle du Sénat. Ce mercredi 28 février marque une « nouvelle page du droit des femmes », clame le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti. Debout, les élus de gauche applaudissent. La droite se fait discrète. Le Sénat vient d’adopter le projet de loi qui vise à inscrire à l’article 34 de la Constitution que « la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse [IVG] ».
Un vote historique qui ouvre la voie à la réunion du Parlement en Congrès, à Versailles, où une majorité des trois cinquièmes sera nécessaire pour inscrire ce droit de recourir à l’avortement dans la Constitution. Immédiatement, Emmanuel Macron se fend d’un message sur X pour confirmer la tenue du Congrès, lundi 4 mars : « Je me suis engagé à rendre irréversible la liberté des femmes de recourir à l’IVG en l’inscrivant dans la Constitution. Après l’Assemblée nationale, le Sénat fait un pas décisif dont je me félicite. »
C’est l’aboutissement d’un chemin parlementaire qui avait été engagé le 24 novembre 2022, avec le vote à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi portée par Mathilde Panot, la présidente du groupe La France insoumise (LFI). Un texte en réaction à l’onde de choc provoquée par la décision de la Cour suprême américaine de révoquer le droit fédéral à l’avortement, le 24 juin 2022.
Photo : Le Sénat avant le vote sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution, à Paris, le 28 février 2024. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
lundi 29 janvier 2024
Les sénateurs augmentent eux aussi leurs frais de mandat
Après les 300 euros des députés, les 700 des sénateurs. Au Sénat, on a décidé d’augmenter de 700 euros mensuels l’avance de frais de mandat (AFM), selon le compte rendu d’une réunion du Bureau du Sénat consulté par l’AFP et révélé par Mediapart. Le Bureau de la chambre haute, plus haute instance de cette assemblée, a acté mi-novembre que cette augmentation serait proposée à compter du 1er janvier 2024, «pour tenir compte des conséquences du contexte inflationniste».
Alors qu’ils disposaient jusque-là de 5 900 euros mensuels d’avance générale de frais de mandat, ce montant est passé à 6 600 euros.
Ces avances, dûment contrôlées, concernent les dépenses des parlementaires dans l’exercice de leur mandat (permanence locale, déplacements, documentation, représentation…). Elles sont complétées par des avances spécifiques, notamment pour l’hébergement parisien des sénateurs. Pour cette dernière, une augmentation de 300 euros a été décidée, la portant à 1 500 euros mensuels selon le site internet du Sénat.
📸 @cyril.zannettacci
jeudi 9 novembre 2023
Le Sénat durcit le droit au sol
C’est une disposition que le gouvernement n’avait pas pensée dans la première mouture de son projet de loi sur l’immigration, mais qu’il n’a pas combattue sur le fond devant le Sénat, mercredi 8 novembre. Dominé par la droite et le centre, le Palais du Luxembourg a finalement entériné une modification substantielle du droit du sol, introduite en commission des lois quelques mois plus tôt.
Aujourd’hui, les jeunes nés en France de parents étrangers obtiennent de façon automatique la nationalité française à leur majorité. Ce droit du sol suppose seulement que le jeune réside en France, et découle d’une conception républicaine de la nationalité fondée sur la « socialisation plus que sur une donnée ethnique », soulignait l’historien Patrick Weil dans un rapport au gouvernement, en 1997, sur les législations de la nationalité.
Le Sénat a voté, mercredi, la suppression de cette automaticité, en exigeant des jeunes qu’ils demandent à devenir français pour être naturalisés. « Tout enfant né en France de parents étrangers peut, à partir de l’âge de 16 ans et jusqu’à l’âge de 18 ans, acquérir la nationalité française à condition qu’il en manifeste la volonté », ont adopté les sénateurs, sur proposition de la sénatrice (Les Républicains, LR) des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer. Et ils ajoutent qu’un jeune ne peut acquérir la nationalité « s’il a été condamné à une peine égale ou supérieure à six mois d’emprisonnement ».
Photo : Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, lors des débats sur le projet de loi « immigration » au Sénat, à Paris, le 6 novembre 2023. LUDOVIC MARIN / AFP
dimanche 24 septembre 2023
Gérard Larcher
Comme ils l’ont tous méprisé. «Le gros», le surnomme depuis toujours Nicolas Sarkozy, moquant son look rural et sa charpente gourmande. Quant à Emmanuel Macron, il crut pouvoir le mettre dans sa poche, avant de découvrir les résistances de celui qu’il appelle en privé «Gégé», et certains jours beaucoup plus durement. «Ah, il veut me faire danser le gros con…» s’agace-t-il souvent dans des saillies dignes des Tontons flingueurs. Macron n’a pas fini de «danser». Car Gérard Larcher, 74 ans, s’apprête à ravir pour la cinquième fois la présidence du Sénat lors des élections du 24 septembre. Victoire assurée pour l’éternel «porte-parole des territoires», le Normand dans l’âme, natif de Flers, devenu vétérinaire, «au cul des vaches» puis pour l’équipe olympique d’équitation en 1974, constitutivement de droite, tendance chiraquienne, ex-maire de Rambouillet (Yvelines), ex-ministre du Travail, sénateur depuis trente-sept ans. Un besogneux, enraciné, patient, gourmet – pas vraiment le genre cordon-bleu, pas de sport, pas de réseaux sociaux, un républicain viscéralement attaché aux corps intermédiaires, routier du compromis à l’ancienne. L’inverse de Macron en somme.
✍️ Sophie des Déserts
📸 Cyril Zannettacci
mardi 8 novembre 2022
La une de Libération du mardi 8 novembre 2022
La une de @liberationfr ce mardi 8 novembre 2022.
Les républicains vont-ils accepter le verdict des midterms ?
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...