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mardi 3 septembre 2024

L'interdiction totale du portable au collège une mesure qui pose beaucoup de questions

 

L’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège, effective depuis une loi de 2018, est-elle insuffisante ? Près de 200 collèges partout en France s’engagent à aller plus loin en cette rentrée en testant une « pause numérique » totale. Les 50 000 élèves concernés devront déposer leur téléphone à l’entrée de l’établissement et le récupérer en fin de journée.
Pour Nicole Belloubet, ministre de l’éducation nationale démissionnaire, à l’initiative de cette expérimentation, l’ambition est d’augmenter les résultats des élèves, en limitant les effets de distraction, et d’améliorer le climat scolaire. « Beaucoup de phénomènes de harcèlement viennent de l’utilisation du téléphone portable, y compris dans les établissements, bien que théoriquement, cela soit interdit », a-t-elle expliqué, lundi 2 septembre, sur France Inter. La généralisation de cette mesure « devrait intervenir dès janvier 2025 », a affirmé l’ancienne rectrice, lors de sa conférence de presse de rentrée, le 27 août.

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Article : Sylvie Lecherbonnier
Illustration : COLCANOPA

mercredi 10 juillet 2024

Les concours de recrutement à nouveau déficitaire de plus de 3000 postes

 

Ce sera le chantier majeur du prochain ministre de l’éducation nationale, quel qu’il soit. Malgré une amélioration par rapport à la session 2023, les concours de recrutement d’enseignants 2024 sont à nouveau déficitaires de plus de 3 000 postes, preuve d’une attractivité du métier d’enseignant toujours en berne.
Selon les résultats définitifs publiés lundi 8 juillet par le ministère, 1 163 postes n’ont pas été pourvus dans le premier degré public (contre 1 227 en 2023), concentrés dans les académies en crise, Créteil, Versailles, Mayotte et la Guyane, qui sont désormais structurellement déficitaires. Dans les deux académies franciliennes, les plus grosses du pays, il manquait, à l’issue du concours externe, 48 % des postes à Versailles et 39 % à Créteil, des carences qui n’ont pu être que partiellement comblées par l’organisation de concours supplémentaires.
Dans les vingt-sept autres académies, qui, elles, font le plein, le ministère a autorisé le recrutement sur listes complémentaires là où elles ont pu être constituées. « Recourir aux listes complémentaires démontre que, même dans les académies qui ne sont pas déficitaires, la situation est tendue », remarque Guislaine David, secrétaire générale du SNuipp-FSU. Dans un communiqué publié début juin, le syndicat avait dénoncé une « érosion massive (…) imputable au gouvernement actuel ».

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Illustration : Colcanopa
Photo : LOIC VENANCE / AFP

mardi 26 mars 2024

Quand l'extrême droite dicte le programme d'Emmanuel Macron

 

Redoublement, classes de niveaux, uniforme… Les mesures du gouvernement amorcent une réaction pédagogique inspirée des pensées de droite et d’extrême droite, pointe Jean-Paul Delahaye, ancien inspecteur général de l’Education nationale, dans une tribune à «Libération».
Le constat est largement partagé : trop d’élèves, le plus souvent issus des milieux populaires, arrivent en 6e en grande difficulté, et ces difficultés ne sont pas réduites au cours de leur scolarité au collège. Mais en prenant pour seules mesures, le retour du redoublement, la séparation des élèves selon les niveaux et classes sociales dès la 6e, en faisant du brevet des collèges un barrage pour l’entrée en seconde, le gouvernement fait porter la responsabilité de cette situation aux élèves en difficulté eux-mêmes. Cette partie de la jeunesse empêcherait les autres «de s’envoler» comme a pu le dire dans une formule d’une violence inouïe Gabriel Attal. Il suffirait donc de mettre les élèves en difficulté à part, et tout irait mieux.
Si on comprend bien, il faudrait en finir avec l’utopie de la démocratisation scolaire et «l’égalitarisme», le collège devant redevenir une «digue» au sens que cela avait pour les conservateurs du XIXe siècle. C’est pour cela que le brevet des collèges devrait devenir obligatoire pour entrer en seconde. Ces «réactionnaires», il est difficile de les appeler autrement, considèrent que l’objectif du collège unique était mauvais en lui-même, voire démagogique, et donc inapplicable. Pour eux, le projet de la scolarité obligatoire commune à tous n’aura été qu’une parenthèse.

👉 La suite de la tribune est à lire sur le site et l'application de Libération

mardi 27 février 2024

L'école sous pression de la droite et l'extrème-droite

 

La principale du collège Jules-Ferry de Tours, Catherine Polito, se dit encore « surprise » de la tempête qu’elle a dû affronter ces dernières semaines. Comme chaque année, le collège prévoit début février un temps d’échanges de deux heures sur la « vie affective et les relations filles-garçons » pour les quatre classes de 3e de l’établissement. L’infirmière scolaire est accompagnée pendant ces séances de membres du personnel de santé de la PMI (protection maternelle et infantile) d’Indre-et-Loire. Leur intervention s’appuie sur une exposition itinérante, conçue par le département en 2011 et intitulée « 2XY », qui aborde les différents aspects de la vie affective et sexuelle : l’anatomie du corps, le respect, le consentement…
Après avoir pris connaissance de l’exposition, les élèves déposent leurs questions écrites sur ces différents sujets de manière anonyme et les intervenants y répondent. « Un classique » de l’éducation à la sexualité, selon la principale, qui juge ces séances « essentielles » pour « protéger les élèves des conduites à risques » et « promouvoir l’égalité filles-garçons », conformément à une circulaire de 2018 qui précise les objectifs de l’éducation à la sexualité dans le cadre scolaire. Depuis 2001, une loi a rendu obligatoires trois séances annuelles, du CP à la terminale. Dans les faits, une minorité d’élèves bénéficie de l’ensemble de ces séances.
Tout aurait dû s’arrêter là au collège Jules-Ferry de Tours. Mais, lundi 5 février, la principale est prévenue que cette intervention est désignée à la vindicte populaire sur les réseaux sociaux par l’association Parents en colère, réputée proche des sphères complotistes et de l’extrême droite. « Alertée » par une mère d’élève, l’association met en avant une séance qui aurait évoqué la « masturbation des bébés »...

Illustration : colcanopa

mardi 6 février 2024

Alertes sur l’« école inclusive »

 

A la tête du ministère de l’éducation nationale, on a coutume d’évoquer la scolarisation des enfants en situation de handicap en saluant un « saut quantitatif ». Les courbes d’effectifs attestent en effet de progrès considérables depuis la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, d’où est né le principe de l’« école inclusive ». Un peu moins de 134 000 enfants handicapés étaient accueillis en milieu dit « ordinaire » en 2004 ; ils étaient plus de 436 000 en 2022. Depuis 2017, et la première élection d’Emmanuel Macron, leur nombre a crû de 35 %.
Avant son départ de la Rue de Grenelle pour rejoindre Matignon, début janvier, Gabriel Attal a néanmoins plusieurs fois concédé qu’il était désormais nécessaire « d’avancer vers du qualitatif ». Une expression qui relève presque de l’euphémisme aux yeux du personnel éducatif et des associations de familles, dont les alertes se font de plus en plus pressantes sur un système « qui atteint ses limites ».
D’un côté, les familles rappellent que de nombreux enfants handicapés recensés comme scolarisés ne le sont pas à temps plein, et que certains n’ont pas accès du tout à l’éducation – le ministère dit en ignorer l’effectif ; la jeune association Ambition école inclusive les estime à 200 000. De l’autre, « un véritable cri s’élève de la part des personnels » de l’éducation nationale au sujet de l’inclusion, prévenaient, en octobre 2023, Benjamin Moignard et Eric Debarbieux, auteurs de l’enquête sur le climat scolaire dans le premier degré. Près des trois quarts du personnel s’y disaient confrontés à des difficultés « fréquentes », voire « très fréquentes », avec des enfants « gravement perturbés » ou « présentant des troubles du comportement », soit deux fois plus qu’en 2011.

Photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP

vendredi 22 septembre 2023

Lutte contre le harcélement scolaire l'exemple du Danemark

 

A Hvidovre, commune au sud de Copenhague, Langhojskolen accueille 740 élèves, allant du CP à la 5e. Comme la plupart des établissements scolaires au Danemark, l’école présente sa « stratégie antiharcèlement » sur son site Internet. En introduction, le harcèlement y est défini comme « un phénomène social qui inclut et exclut par des processus de marginalisation extrême » et « se produit en groupe ». Pour y faire face, Langhojskolen travaille sur la prévention, menée dès le plus jeune âge, « à tous les niveaux ». « Le harcèlement est plus facile à prévenir qu’à stopper », constate le texte, qui souligne « la responsabilité des adultes », et décrit les mesures prévues par l’école, en cas de signalement.
C’est ce modèle qui va être expliqué au ministre de l’éducation national, Gabriel Attal, attendu à Copenhague, vendredi 22 septembre. Il y a vingt-cinq ans, le Danemark faisait figure de mauvais élève en Europe du Nord : en 1998, un tiers des élèves âgés de 11 ans et un cinquième de ceux âgés de 15 ans disaient être victimes de harcèlement. En 2020, ils étaient moins d’un sur dix, tandis que 3 % seulement des garçons de 13 à 15 ans avouaient harceler d’autres enfants, contre près de la moitié vingt ans plus tôt.

Photo : Dans une classe d’une école de Svendborg (Danemark), le 8 février 2021. 
TIM KILDEBORG JENSEN / AFP

jeudi 18 mai 2023

Pourquoi les élèves Français sont faible en lecture


Et si les difficultés en lecture s’avéraient être la source de toutes les inégalités scolaires ? L’étude internationale Pirls sur la lecture et la compréhension de l’écrit le montre dans sa dernière édition dévoilée mardi 16 mai : la catégorie sociale de la famille joue un rôle majeur dans les résultats des élèves, de même que toutes les activités liées à la lecture et au langage que les parents peuvent entreprendre dès le plus jeune âge.

Ces inégalités sont résumées par un chiffre éloquent tiré d’une étude américaine de 2004 : un enfant de 3 ans issu d’un milieu très défavorisé a entendu trente millions de mots de moins qu’un enfant élevé dans une famille favorisée. Revient aux systèmes éducatifs la gageure de pallier ces inégalités de naissance.

Or, si l’étude Pirls révèle une stabilisation des résultats des élèves français, voire une légère progression sur les compétences les plus complexes, ils restent bien en deçà de la moyenne européenne. Les évaluations menées par le ministère de l’éducation nationale, et systématisées sous l’ère Blanquer (2017-2022), complètent l’auscultation des fragilités du système éducatif français.

Photo : A l’école publique de l’île d’Arz (Morbihan), le 2 septembre 2019. FRED TANNEAU / AFP

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...