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jeudi 18 juillet 2024

Alerte sur "la vulnérabilité" des enseignants face à "la montée des comportements agressifs"

 

Le rapport annuel d’activité de la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur offre une photographie des maux qui parcourent cette institution, à travers l’analyse des saisines que son réseau de 87 médiateurs reçoit. Dans cette nouvelle édition, portant sur l’année 2023, baptisée « Faire alliance, redonner confiance » et publiée mercredi 17 juillet, Catherine Becchetti-Bizot s’inquiète d’une « dégradation de la relation entre l’école et les familles » et de « l’agressivité montante » dont les personnels font l’objet, « phénomène que l’usage des réseaux sociaux contribue fortement à amplifier ».
Les services de la médiatrice ont enregistré 20 400 saisines en 2023, soit une hausse de 12 % en un an, 42 % depuis 2017. S’ils constituent aujourd’hui moins d’un quart des réclamations, les recours émanant des personnels sont en nette augmentation en 2023 (+ 18 %). Catherine Becchetti-Bizot remarque ainsi un « sentiment d’essoufflement » chez les personnels de l’éducation, qui « se traduit parfois par du désenchantement ou de l’amertume », après des années à « s’adapter aux crises diverses, aux réformes et aux transformations de leur environnement de travail ».
Signe de la dégradation de leur environnement de travail, les demandes de médiation qui ont trait aux relations professionnelles ont bondi de 78 % en cinq ans et représentent désormais 13 % des saisines effectuées par les personnels. Les difficultés relationnelles entre collègues sont particulièrement marquées.

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Article : Sylvie Lecherbonnier
Illustration : Séverin Millet

mercredi 10 juillet 2024

Les concours de recrutement à nouveau déficitaire de plus de 3000 postes

 

Ce sera le chantier majeur du prochain ministre de l’éducation nationale, quel qu’il soit. Malgré une amélioration par rapport à la session 2023, les concours de recrutement d’enseignants 2024 sont à nouveau déficitaires de plus de 3 000 postes, preuve d’une attractivité du métier d’enseignant toujours en berne.
Selon les résultats définitifs publiés lundi 8 juillet par le ministère, 1 163 postes n’ont pas été pourvus dans le premier degré public (contre 1 227 en 2023), concentrés dans les académies en crise, Créteil, Versailles, Mayotte et la Guyane, qui sont désormais structurellement déficitaires. Dans les deux académies franciliennes, les plus grosses du pays, il manquait, à l’issue du concours externe, 48 % des postes à Versailles et 39 % à Créteil, des carences qui n’ont pu être que partiellement comblées par l’organisation de concours supplémentaires.
Dans les vingt-sept autres académies, qui, elles, font le plein, le ministère a autorisé le recrutement sur listes complémentaires là où elles ont pu être constituées. « Recourir aux listes complémentaires démontre que, même dans les académies qui ne sont pas déficitaires, la situation est tendue », remarque Guislaine David, secrétaire générale du SNuipp-FSU. Dans un communiqué publié début juin, le syndicat avait dénoncé une « érosion massive (…) imputable au gouvernement actuel ».

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Illustration : Colcanopa
Photo : LOIC VENANCE / AFP

mardi 12 décembre 2023

"Point de rupture" après un incident en cours de Français

 

Les alertes du collège Jacques-Cartier d’Issou, dans les Yvelines, sont remontées jusqu’au ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal. Ce dernier s’est rendu, lundi 11 décembre, dans cet établissement d’environ 600 élèves, au sein duquel les professeurs exercent leur droit de retrait depuis vendredi. « Je me suis rendu [dans ce collège] pour affirmer mon soutien aux équipes pédagogique », a déclaré le locataire de la Rue de Grenelle, lundi soir, et pour « réaffirmer » qu’« à l’école française, on ne négocie ni l’autorité de l’enseignant ni l’autorité de nos règles et de nos valeurs ».
Les faits qui ont décidé les enseignants à faire valoir leur droit de retrait se sont produits jeudi 7 décembre à la suite d’un cours de français. L’enseignante y avait présenté à ses élèves de 6e un tableau du XVIIe siècle, Diane et Actéon, de Giuseppe Cesari, représentant un passage des Métamorphoses d’Ovide lors duquel Actéon surprend la déesse Diane et ses nymphes durant un bain. Plusieurs élèves ont détourné les yeux et se sont dits « choqués » par la présence de cinq femmes dénudées sur cette peinture.
Durant une heure de « vie de classe » organisée plus tard dans la journée, des élèves se sont de nouveau dits « dérangés » auprès de leur professeure principale et ont prétendu que l’enseignante avait tenu des propos racistes et islamophobes – une assertion fausse, assure le rectorat de Versailles.

Photo : « Diane et Actéon », de Giuseppe Cesari (ca. 1600-1625). 2004 RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski


vendredi 8 décembre 2023

Un élève Français sur deux se plaint du bruit et du désordre en cours

 

Le ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal, va trouver dans l’édition 2022 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de quoi asseoir son discours sur l’autorité à l’école. Selon cette enquête, rendue publique mardi 5 décembre, un élève français de 15 ans sur deux déclare qu’il y a du bruit et du désordre dans la plupart des cours de mathématiques, cette matière faisant l’objet d’un focus particulier cette année. La proportion est de 30 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Près de trois élèves sur dix estiment ainsi ne pas pouvoir bien travailler pendant les cours. Quelque 42 % jugent que leurs camarades n’écoutent pas ce que dit le professeur et 39 % que le temps d’apprentissage est réduit, car l’enseignant doit attendre longtemps que les élèves se calment. Cette ambiance peut jouer sur les résultats scolaires, mais beaucoup moins que le niveau social et culturel des élèves.
Le « climat disciplinaire » qu’ausculte PISA s’est ainsi légèrement dégradé en France ces dix dernières années. L’OCDE le qualifie de « préoccupant ». « Il faut mieux préparer les enseignants à ces problématiques de discipline et investir pour un climat scolaire plus serein », juge Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE, qui estime par ailleurs qu’il s’agit d’un « point de vigilance dans de nombreux pays ».

Photo : Des élèves écoutent leur professeur dans une salle de classe du lycée Victor-Duruy, le jour de la rentrée scolaire à Paris, le 4 septembre 2023. 

MIGUEL MEDINA / AFP

vendredi 1 décembre 2023

Les troubles de l'attention en hausse chez les jeunes

 

« Mais qu’est-ce qu’elle est maladroite et tête en l’air ! » « Tu dois essayer de te concentrer maintenant ! » « Il parle trop, et trop vite ! » « On parie qu’elle sera encore en retard ? »… Thibaut, Louis-Charles, Camille ou encore Marleine se souviennent des mêmes petites phrases, dévalorisantes, entendues depuis l’enfance. Celles-ci sont remontées à la surface, lorsqu’ils ont appris sur le tard, durant leurs études supérieures, qu’ils souffraient sans doute depuis toujours de troubles de l’attention, ou TDAH (pour trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité).
Ce trouble du neurodéveloppement (TND), associant à des degrés divers des difficultés à gérer son attention, des symptômes d’hyperactivité et une impulsivité, toucherait environ 6 % des enfants et 3 % des adultes. Des chiffres rappelés à la mi-novembre à l’occasion de la présentation d’une nouvelle « stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement » censée améliorer le diagnostic et l’accompagnement des personnes concernées. Mais aussi favoriser leur accès à l’enseignement supérieur.
« Lorsque le diagnostic TDAH tombe, on se refait en général tout le film de sa vie, commente, Thibaut (qui a souhaité garder l’anonymat), 33 ans, aujourd’hui médecin de santé publique. L’élève “toujours dans la lune” et “distrait” dans les bulletins scolaires, avec cependant des résultats convenables. Et puis les difficultés qui explosent au moment des études supérieures lorsqu’il faut rester concentré en cours, emmagasiner beaucoup de connaissances nouvelles, organiser ses révisions, etc. »

Illustration : Anna Wanda Gogusey

mercredi 4 octobre 2023

Inquiétante mécompréhension des nombres à l’entrée en 6e

 
C’est un nouveau pavé dans la mare qu’a lancé le conseil scientifique de l’éducation nationale avec sa note d’alerte, publiée fin septembre, sur « l’inquiétante mécompréhension des nombres et surtout des fractions à l’entrée en 6e ». Seule la moitié des élèves trouve la bonne réponse à la question « combien y a-t-il de quarts d’heure dans trois quarts d’heure ? » et 22 % placent correctement la fraction ½ sur une ligne graduée de 0 à 5, constate ce conseil, dirigé par le neuropsychologue Stanislas Dehaene, à partir des données statistiques du ministère de l’éducation nationale.
« A l’entrée en 6e, la plupart des élèves ignorent le sens des fractions les plus simples », en conclut le conseil scientifique. « Aucune évolution positive n’est détectée depuis trois ans », remarque encore l’instance, tandis que « l’énorme déficit de compréhension des fractions continue de s’observer tout au long de la scolarité » : les évaluations montrent encore un taux d’échec de 45 % sur les fractions simples en seconde.
Alors que la France consacre 21 % du temps scolaire aux mathématiques à l’école élémentaire – contre 16 % pour la moyenne de l’OCDE –, comment en arrive-t-on à ce constat, « loin d’être une nouveauté », selon les enseignants interrogés ? L’introduction tardive de ces concepts parmi les plus difficiles du programme de primaire fait partie des explications les plus évoquées.

Photo : Une classe du collège Jean-Mermoz à Belleu (Aisne), le 22 septembre 2023. @juliebalague #pourlemonde

jeudi 18 mai 2023

Pourquoi les élèves Français sont faible en lecture


Et si les difficultés en lecture s’avéraient être la source de toutes les inégalités scolaires ? L’étude internationale Pirls sur la lecture et la compréhension de l’écrit le montre dans sa dernière édition dévoilée mardi 16 mai : la catégorie sociale de la famille joue un rôle majeur dans les résultats des élèves, de même que toutes les activités liées à la lecture et au langage que les parents peuvent entreprendre dès le plus jeune âge.

Ces inégalités sont résumées par un chiffre éloquent tiré d’une étude américaine de 2004 : un enfant de 3 ans issu d’un milieu très défavorisé a entendu trente millions de mots de moins qu’un enfant élevé dans une famille favorisée. Revient aux systèmes éducatifs la gageure de pallier ces inégalités de naissance.

Or, si l’étude Pirls révèle une stabilisation des résultats des élèves français, voire une légère progression sur les compétences les plus complexes, ils restent bien en deçà de la moyenne européenne. Les évaluations menées par le ministère de l’éducation nationale, et systématisées sous l’ère Blanquer (2017-2022), complètent l’auscultation des fragilités du système éducatif français.

Photo : A l’école publique de l’île d’Arz (Morbihan), le 2 septembre 2019. FRED TANNEAU / AFP

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...