vendredi 17 février 2023

24 février 2022


« Jeudi 24 février. (...) 

Ce matin, sur l’écran de mon téléphone, j’ai vu les yeux terrifiés de ma petite sœur », écrit Olga dans les toutes premières lignes du journal hebdomadaire qu’elle a tenu avec Sasha pour M. Cette invasion tant redoutée dont elles parlaient encore ensemble à Noël sans vraiment y croire est arrivée. Depuis Paris, les écouteurs vissés dans les oreilles, Olga scrute en continu les médias, les réseaux sociaux et appelle les siens en boucle : sa sœur, sa mère, sa grand-mère, son père... Elle voudrait être avec eux, le vivre avec eux. « Et Sasha qui ne répond pas depuis une heure et demie, ça m’énerve !!! » À Kyiv, sa mère a rejoint Sasha dans l’appartement où ils habitent avec Viktor

Ils entendent les missiles tomber au loin, doivent agir, et vite. « Toute la journée, on a fait des courses et nos bagages, note Sasha le 24 février. On imagine toutes les possibilités : rester ou partir, prendre des trucs ou les laisser, demeurer auprès des plus âgés ou se sauver nous-mêmes. » La journaliste Élisa Mignot leur a proposé de raconter ce que l’on ne peut pas comprendre quand on ne le vit pas dans sa chair. « Je ne me suis pas projetée, mais je n’ai pas hésité une seconde, résume Sasha. Depuis mon parking, je voulais crier partout que la Russie envahissait notre pays, là, maintenant. Les gens devaient le savoir en lisant leur journal et en buvant leur café matinal.» Au début, l’idée est de tenir ce journal quelques jours, il aura duré un an. 

La guerre intime d’Olga et Sasha, un article à retrouver dans le numéro de M actuellement en kiosque ou en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.

💬 Revivez le live chat avec les deux sœurs sur lemonde.fr

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📷 @svertilova #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ Élisa Mignot

Véronique Sanson

 


Gloire hexagonale des années 70, jamais vraiment descendue de son piédestal,

@veroniquesansonofficiel n’appartient pas pour autant au passé. 

Du moins si l’on se fie à une énième tournée Paris et province qui fait salles combles en ce début d’année, avec un public transgénérationnel en quête d’une énième rasade de «Vancouver» ou «Besoin de personne», entre autres jalons d’une variété ne rechignant pas à s’assumer comme telle. Car oui, un demi-siècle avant l’épigone à succès Juliette Armanet, ou Christine and the Queens, qui l’ont remise au goût du jour, la France a bien eu, dès la fin des années 60, une «auteure, compositrice interprète jouant du piano et chantant avec un vibrato qui ne laisse personne indifférent». Début de l’«épanouissement» d’une «fille atrocement timide» appelée à être à tu et à toi avec le gotha international, «moments merveilleux» et trous d’air compris.

La dorénavant septuagénaire se raconte sans tralala. 
A la fois un peu larguée, très franche du collier (de perles, à son cou) et capable d’autodérision, aucune envie de mégoter ne transparaît chez elle quand il s’agit d’avouer fumer un paquet de blondes par jour (consommation en hausse), avoir du mal à avaler quoi que ce soit, suite à ses derniers pépins de santé («moi qui aime cuisiner comme une dingue»), ou lutter vainement contre l’insomnie.


Tout comme elle aborde, sans qu’on ait cherché à l’entraîner sur ce terrain accidenté, ses notoires travers d’antan, concernant la drogue («on a beaucoup exagéré à ce sujet, car la coke me fait mal au nez»), ou l’alcool («là, oui, même si ma dépendance n’a pris un tour critique que sur le tard, vers la fin des années 90»). Ou canarde sans préavis, au gré des confidences, se souvenant à ses débuts des premières parties d’un Claude François «odieux» ; conchiant cet «imbécile d’Hanouna» coupable à ses yeux (très vifs) d’«abêtir» les masses ; accusant la maire de Paris, Anne Hidalgo, d’«enlaidir la ville» et de freiner à tout prix la circulation automobile.

👉 Le portrait complet par Gilles Renault est à lire dans l'appli Libé

jeudi 16 février 2023

Mort de l'actrice Raquel Welch

 


L’actrice américaine
Raquel Welch, star des années 60-70 dont Hollywood se souvient largement pour son rôle de naïade des cavernes en bikini de peau de bête dans «Un million d’années avant Jésus Christ», est morte mercredi à l’âge de 82 ans, a annoncé son manager.

Raquel Welch «est décédée paisiblement tôt ce matin après une brève maladie», a-t-il expliqué dans un communiqué transmis à l’AFP, sans plus de détails. Au cours de sa carrière, elle était apparue dans plus d’une trentaine de films, dont «Le Voyage Fantastique» et «Les Trois Mousquetaires».

Raquel Welch, fantasme hollywoodien des années 60-70, consacrée comme la femme la plus désirable par Playboy et la plus sexy par le magazine Empire, n’aura pourtant jamais eu de grands rôles.

Après la disparition de Marylin Monroe en 1962, la jeune amazone à la crinière auburn reprit en 1966 le statut de sex-symbol universel balayant l’idée que seule une blonde pouvait incarner la quintessence de la féminité.

Raquel Welch a pourtant toujours voulu prouver qu’elle avait du talent. «J’avais vraiment le sentiment que les gens se moquaient totalement de moi, ils ne s’intéressaient qu’à l’autre femme: celle à califourchon, en bikini de peau de lapin, avec cette impossible taille de guêpe! 

Ils étaient tous amoureux de cette espèce de super woman venue tout droit d’Amazonie», avait-elle regretté.

📷 Danny Moloshok / @reuters

lundi 13 février 2023

David Jolicoeur (De la Soul) est décédé

 

David Jolicoeur, membre du trio hip-hop De La Soul, aussi connu sous son nom de scène «Trugoy the Dove» est mort à l’âge de 54 ans. 

La raison du décès reste pour l’heure inconnue. Ces dernières années, Trugoy avait parlé publiquement de ses problèmes d’insuffisance cardiaque et avait confié que ceux-ci l’avaient empêché de partir en tournée avec les autres membres du trio, Posdnuos et Maseo.

La nouvelle de la mort du musicien a fait réagir l’industrie, dont le ponte MC Big Daddy Kane : «C’était un honneur de partager tant de scènes avec toi.» 

Le rappeur Busta Rhymes a dit sur Twitter son «incrédulité totale» à l’annonce de la nouvelle. «Ça fait vraiment mal. Dave, alias Trugoy the Dove, vole, vole… Repose en paix, Roi».

Le groupe hip-hop, précurseur dans son genre, s’est formé en 1988 à Amityville sur l’île de Long Island. Ils sont connus pour leur sampling éclectique, leur usage de jeux de mots et surtout pour leur influence au sein de la scène alternative hip-hop, notamment sur l’essor du jazz rap. 
Le trio, acquis à la scène rap East Coast des Etats-Unis, cultivait une image positive et légère, contrairement au style gangsta rap à l’œuvre de l’autre côté du pays, sur la côte ouest.


📸 @david.corio / Getty Images

La une de Libération du lundi 13 février 2023

 

Une semaine après le séisme : «Seuls avec nos morts dans les bras»

Le désespoir et la colère s’amplifient dans les zones sinistrées, à mesure que la situation sanitaire s’aggrave et que le bilan s’alourdit. 

Il pourrait dépasser les 50 000 morts selon l’ONU. Reportages en Turquie. 

C'est la une de Libération lundi.

📷 @sertackayar / Sputnik / Sipa

samedi 11 février 2023

Mort du cinéaste Carlos Saura



Figure du cinéma européen, le cinéaste espagnol Carlos Saura est mort vendredi à l’âge de 91 ans, annonce l’Académie espagnole du cinéma.

«L’Académie du cinéma a le profond regret d’annoncer le décès de Carlos Saura […], l’un des cinéastes fondamentaux de l’histoire du cinéma espagnol, mort aujourd’hui à son domicile à 91 ans, entouré de ses êtres chers», a-t-elle annoncé sur Twitter.

Son dernier film, «Las paredes hablan», a été présenté en avant-première une semaine avant sa mort, «signe de son activité inlassable et de son amour pour son métier», souligne l’Académie espagnole du cinéma. Samedi, la 37e édition des Goya Awards commémorera la mémoire d’un «créateur hors du commun», poursuit l’institution. Reconnu pour avoir su retracer l’évolution de la société espagnole lors de sa transition démocratique et son opposition à la dictature franquiste, le cinéaste a vu trois de ses films nommés pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère : «Mama cumple 100 años» («Maman fête ses cent ans») en 1979, «Carmen» en 1984 et «Tango» en 1999.

📷 Gianni Ferrari / @gettyimages

Quelle première femme sur la lune ?

 



Dès 2025. 

Dans deux ans. 

C’est la date prévue pour la mission Artemis III, qui prévoit de renvoyer des humains sur la Lune. Mais cette fois, il n’y aura pas que des hommes : qui, alors, sera la première à fouler le sol lunaire ? Qui verra son nom gravé dans le marbre aux côtés de ceux de Youri Gagarine ou Valentina Terechkova, premier homme et première femme à être allés dans l’espace, et bien sûr de Neil Armstrong, premier marcheur lunaire ?

A plusieurs années de l’échéance et alors que la sélection sera le fruit (pas forcément très transparent) d’un grand nombre de facteurs humains, techniques ou symboliques, l’exercice peut sembler futile. 

Pourtant, il y a gros à parier que l’heureuse élue figure dans les lignes qui suivent. A noter que parmi les 20 candidates, 9 partent tout de même avec un peu d’avance, puisqu’elles ont été nommées en décembre 2020 parmi les 18 astronautes (9 hommes, 9 femmes) qui s’entraînent spécifiquement pour le programme Artemis.

Si le vivier dans lequel les agences spatiales recrutent les astronautes s’est considérablement élargi, les critères de sélection, eux, n’ont pas tellement varié depuis les débuts de la conquête spatiale. Il s’agit d’avoir une santé robuste et une excellente forme physique, d’être habitué à travailler dans des conditions difficiles, inconfortables et stressantes, et de disposer d’une solide expertise en matière technique ou scientifique. 

En conséquence, un profil type émerge fréquemment : celui d’une personne ayant une expérience de pilote de chasse ou d’essai (parfois les deux) et ayant suivi un cursus technique ou scientifique. Evidemment, un mélange de toutes ces qualités est un plus. 

De toute façon, rares sont les astronautes à ne posséder qu’une seule de ces lignes sur leur CV…

👉 Les astronautes préssenties sont à retrouver dans l'article complet de Gregory Schwartz, à lire dans l'appli Libé

📷 1 - Stephanie Wilson. @nasa

vendredi 10 février 2023

Mort du compositeur Burt Bacharach

 



Le compositeur américain Burt Bacharach s’est éteint ce mardi à l’âge canonique de 94 ans et il laisse une œuvre aussi difficile à qualifier que son impact fut grand, Paul McCartney ou Brian Wilson des Beach Boys surveillant chaque sortie du coin de l’œil durant un âge d’or que l’on peut situer entre le «Please Stay» des Drifters, produit par Jerry Leiber et Mike Stoller en mai 1961, et «The Balance of Nature» de Dionne Warwick en 1972.

Formidable prédateur, le natif de Kansas City a su dans ce court laps de temps s’accommoder de tout et du contraire de tout pour bâtir une œuvre reconnaissable entre toutes. 
La virilité à en faire craquer les coutures du pantalon de Tom Jones («Promise Her Anything», une bombe), le style allusif et un peu douloureux de Dusty Springfield, la soul grandiloquente de Jerry Butler ou la candeur maladroite de Gene Pitney : c’est toujours sa musique. Sa propre vision. A première vue aussi scintillante qu’un soleil estival de fin de matinée sur la surface d’un lac de montagne. L’art de Bacharach a toujours tenu dans un équilibre paradoxal et inédit entre grandiloquence hollywoodienne – il a composé pour de nombreux blockbusters, James Bond compris – et une délicatesse intimiste pouvant en remontrer aux plus grands compositeurs country, le tout emballé dans des arrangements aussi frais que la rosée du matin.

👉 L'article complet de Grégory Schneider est à lire dans l'appli Libé

📷 Popperfoto / Popperfoto via @gettyimages

Madonna et le reste du monde

 


🎤 @Madonna contre le reste du monde, énième épisode. 

Peu après sa prise de parole au cours du grand raout que sont les Grammy Awards, qui se déroulaient le 5 février à Los Angeles, le visage refait de la star en a laissé, encore une fois, plus d’un pantois. 

Sur les réseaux sociaux, les internautes s’en sont donné à cœur joie pour critiquer ou se moquer de la chanteuse. Pareil dans les médias traditionnels. 

On aura notamment vu un journaliste de Fox News lancer en riant : «Il est étrange que les défenseurs de l’environnement ne s’en soient pas pris à elle pour dénoncer la présence de tout ce plastique dans son visage.»


Depuis des mois, sur son compte Instagram (18,7 millions d’abonnés), la chanteuse américaine de 64 ans, en roue libre, se met en scène avec selfies et «reels» en plan serré sur son visage, revendiquant sa bascule dans le monde des freaks en plastique. 
On peut déplorer qu’en s’adonnant à outrance à la chirurgie esthétique, la star internationale, à la très large fan base, influence dans le mauvais sens les internautes, et surtout les plus jeunes. 
Après tout, ce que traduit sa spectaculaire transformation est que la star n’accepte pas les marques du temps. 
Mais l’on peut aussi admettre que les gens font bien ce qu’ils veulent.

👉 Un billet de @astraltealeaf à lire dans l'appli Libé

Bilan provisoire de plus de 17,500 morts




Les chiffres sont effroyables et pourtant seulement provisoires. 
Les séismes qui ont frappé Turquie et Syrie lundi matin ont fait plus de 17 500 morts selon les derniers chiffres officiels des deux pays, rendus publics jeudi après-midi. 
Le nombre de victimes de ce séisme d’une magnitude de 7,8 et des ses nombreuses répliques s’élève à 14 351 personnes en Turquie et 3 162 en Syrie, portant le total à 17 513 décès à ce stade. 
Le bilan devrait «grimper considérablement car des centaines de personnes restent piégées sous les décombres», selon les Casques blancs (volontaires de la protection civile) dans les zones rebelles.

Les sauveteurs continuent de mener une course contre la montre pour tenter de porter secours aux rescapés. 
Mais le mauvais temps complique la tâche et le ministre turc de l’Intérieur a averti mardi que les prochaines 48 heures seraient «cruciales» pour retrouver des survivants.

23 millions de personnes sont «potentiellement exposées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables», a mis en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 
Les premières équipes de secouristes étrangers sont arrivées mardi. 
Selon le président turc, qui a déclaré l’état d’urgence pour trois mois dans les dix provinces touchées par le séisme, 45 pays ont proposé leur aide.

📸 @ronen.zvulun / Reuters

Zelensky en Europe


Un roi et un Premier ministre britanniques, un président français et un chancelier allemand, le tout en une douzaine d’heures : Volodymyr Zelensky s’est offert mercredi une mini-tournée diplomatique riche en symboles. 

Avec un double objectif : remercier les alliés de Kyiv pour leur soutien et, surtout, les inciter à en faire davantage pour vaincre les forces de Moscou. A l’approche du premier anniversaire de l’invasion lancée par Vladimir Poutine le 24 février 2022, qui l’a transformé en chef de guerre, le dirigeant ukrainien a été reçu avec faste devant le parlement britannique au complet, puis accueilli à l’Elysée par le président français Emmanuel Macron qui avait aussi convié le chancelier allemand Olaf Scholz pour un dîner tardif.

Devant la presse, les deux dirigeants européens ont temporisé sur la question des avions, nouvelle étape dans le soutien à Kyiv à laquelle le Premier ministre britannique Rishi Sunak avait, plus tôt dans la journée à Londres, semblé ouvrir la voie avec prudence. Jeudi, Volodymyr Zelensky, dont c’est le deuxième déplacement à l’étranger depuis un an après les Etats-Unis en décembre, doit se rendre à Bruxelles pour un sommet de l’Union européenne. «C’est un signal fort que le président participe personnellement à cette première réunion de l’année des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, un signal de solidarité européenne», s’est félicité Olaf Scholz.

Le moment est crucial pour l’Ukraine qui s’inquiète des succès récents de l’armée russe dans le Donbass et craint une offensive d’ampleur dans les prochaines semaines.

«Nous avons très peu de temps», a martelé le président ukrainien à l’Elysée. «Plus tôt l’Ukraine obtient de l’armement lourd de longue portée, plus tôt nos pilotes obtiennent des avions, plus vite se terminera cette agression russe et nous pourrions revenir à la paix en Europe», a-t-il ajouté lors de cette étape éclair d’un voyage tenu secret jusqu’au dernier moment.

📷 @albertfacelly

Calais, une frontière bunker depuis 20 ans




Il pleut dru à Calais. 
Le vent gronde et les trottoirs sont trempés. 
Personne ne s’y aventure guère, hormis quelques migrants qui cherchent désespérément à s’abriter. En ce mois de janvier, les associations locales estiment leur nombre à environ 800 – principalement originaires du Soudan, d’Erythrée, de Syrie mais aussi d’Irak et d’Afghanistan – dans cette ville portuaire du Pas-de-Calais qu’un détroit sépare du Royaume-Uni.

Ils vivotent aujourd’hui dans plusieurs campements informels, éparpillés dans les bois bordant des parkings réservés aux poids lourds, ou derrière les hangars d’une zone commerciale.
Des grillages ont été dressés sous plusieurs ponts du centre-ville enjambant le canal de Calais, pour les empêcher d’y installer leurs tentes. 
Mais, pour se mettre au sec, certains n’ont pas hésité à ramper sous la ferraille.

« Ils ont creusé la terre comme des lapins », remarque, désabusée, Juliette Delaplace, chargée de mission pour le Secours catholique, qui organise un accueil de jour dans un local où, chaque après-midi, entre 300 et 400 personnes se pressent pour trouver de la chaleur, charger la batterie d’un téléphone, se renseigner sur des démarches administratives, ou récupérer un vêtement.

La signature du traité du Touquet, le 4 février 2003 a eu pour effet de déplacer la frontière britannique en France, avec une gestion partagée du contrôle des flux migratoires. 
Vingt ans après, les dispositifs sécuritaires se sont multipliés, en particulier à Calais, barrant le paysage de clôtures, de barbelés et de murs de béton pour leur interdire d’y camper ou de se frayer un passage vers le port, d’où partent jusqu’à cinquante ferrys par jour pour l’Angleterre.

Photos : A Calais (Pas-de-Calais), le 8 juillet 2021. 
Le port est entouré de trente kilomètres de clôtures barbelées, dont quinze kilomètres équipés de systèmes de détection infrarouge ; 129 caméras quadrillent la zone et 225 personnes surveillent en permanence les installations contre les intrusions. 

PALOMA LAUDET/ITEM

jeudi 9 février 2023

Bakhmout, l'impitoyable bataille




 « Barsik », de son nom de guerre, s’affale sur un tabouret. Il est exténué. « Nous tenons la ligne », dit le soldat ukrainien avec un sourire un brin étonné, comme s’il avait lui-même du mal à y croire. Sur ce front, à la lisière des deux provinces de Donetsk et de Louhansk, dans le Donbass, au nord de la ville de Bakhmout, l’offensive russe est extrêmement brutale. « Nous devons tenir la ligne pour nos frères d’armes, les camarades de l’unité à notre gauche et ceux de l’unité à notre droite, dit Barsik. Nous n’avons pas le choix. Reculer, ce serait en quelque sorte les trahir, car ils deviendraient vulnérables… »

Sur la ligne de front, un char russe attaque. Un coup, deux coups de canon. « Ils tirent sur le champ de mines en espérant ouvrir un couloir, puis ils lancent l’infanterie », commente « Zakhar », le sergent-chef du 518e bataillon de la 1re brigade de forces spéciales « Ivan Bohoun », baptisée du nom d’un combattant cosaque du XVIIe siècle. Effectivement, les tirs d’arme automatique suivent immédiatement. C’est l’assaut. Les traits tirés, la barbe en broussaille, Barsik, aussi surnommé « Bazooka Man » parce que grenadier, écoute les sons de la bataille, en profitant d’un bref moment de répit dans la cave d’une maison d’un village voisin. Le lieu sert à la fois de poste médical avancé et de dépôt de munitions, entre la première et la seconde ligne de défense.

« Les hommes sont épuisés, physiquement, émotionnellement, reconnaît Barsik. Nous sommes en première ligne depuis un mois et demi, deux mois, je ne sais plus. Ici, on perd la notion du temps… » Le grenadier du 518e décrit une offensive russe « de plus en plus intense ». « Ils tirent avec tout ce qu’ils ont. On perd beaucoup de gars. 
Moins qu’eux, parce qu’ils attaquent à découvert en se jetant sur nos lignes, mais beaucoup quand même. » 

Photo : @lorenzo.meloni / Magnum Photos #pourlemonde

Examen de la réforme des retraites à l'assemblée




L’habitude s’installe. Pas la résignation. Pour la troisième journée de mobilisation contre la réforme des retraites, l’intersyndicale s’attendait à une baisse du nombre de manifestants comparé au record du 31 janvier (1,27 million selon la police, plus de 2,5 millions selon les syndicats). 

Le ministère de l’intérieur a recensé, mardi 7 février, 757 000 manifestants partout en France et 57 000 à Paris ; ils étaient près de 2 millions pour la CGT, dont 400 000 à Paris. Les huit organisations de salariés misent désormais sur la quatrième journée d’action, organisée samedi 11 février, pour faire les comptes à la fin de la semaine. Car l’abnégation des manifestants est indiscutable. Malgré le début des congés scolaires, malgré les pertes de salaires liées aux jours de grèves, malgré la position inflexible du gouvernement.


Alors que l’examen de la réforme a débuté à l’Assemblée nationale, le mouvement social entre dans une période incertaine, où chacun s’interroge sur la stratégie à adopter. Une chose est sûre, il n’est pas question d’enjamber les vacances de février. Si la rentrée des trois zones, le 6 mars, est dans toutes les têtes, l’objectif est de continuer à mettre la pression sur le gouvernement d’ici là. « La mobilisation est construite sur ces deux journées et si le gouvernement est tenté de se réjouir d’une baisse de la mobilisation aujourd’hui, je lui conseille d’être prudent », prévenait Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, avant que le cortège parisien ne s’élance mardi 7 février.

Photo : CYRIL CHIGOT / DIVERGENCE #pourlemonde

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...