La toile a été supprimée jeudi 21 novembre du catalogue d’Aguttes, à l’avant-veille de sa présentation au public. Mais devait être mise aux enchères le 28 novembre dans les murs de la prestigieuse Maison de vente de Neuilly-sur-Seine.
Les amateurs d’art auraient pu alors admirer, entre autres trésors hérités de l’impressionnisme, cette petite nature morte de Suzanne Valadon sobrement intitulée Fleurs dans une potiche. De quoi se mettre l’eau à la bouche en attendant la grande rétrospective Valadon prévue en janvier au centre Pompidou. Sauf que, selon nos informations, l’œuvre en question, datée de 1922, était issue d’un larcin. Elle a été volée cet été à Paris et circulait depuis librement sur le marché de l’art, désormais très friand de cette artiste longtemps invisibilisée.
Les Fleurs dans une potiche sont un plus petit tableau, présenté jusqu’à son retrait chez Aguttes avec une estimation située entre 50 000 et 70 000 euros. Sans doute un peu élevée. Selon nos informations, la maison de vente l’avait gardé sur son catalogue pour permettre à la police d’avancer leur enquête sans attirer l’attention des voleurs. La vraie propriétaire du tableau, une femme de 79 ans, a déposé plainte début septembre au commissariat du XVIe arrondissement de Paris pour abus de faiblesse.
✍️ Info Libé de Tristan Berteloot et Claire Moulène
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
vendredi 22 novembre 2024
Comment un tableau volé de Suzanne Valadon a atterri aux enchères chez Aguttes
lundi 11 septembre 2023
L'esclave qui avait été effacé de la toile
En 1837 à La Nouvelle-Orléans, le banquier et marchand Frederick Frey passe commande à Jacques Amans, portraitiste français des élites locales. Ses trois enfants, Elizabeth, Léontine et Frederick Frey Jr., posent, roses et souriants, sur fond de bayou. Ce qui étonne, c’est la présence d’un jeune esclave rêveur, qui domine la composition, et son traitement pictural soigné, inhabituel à l’époque. Cet enfant est alors inconnu. Les décennies passent, et la toile est donnée en 1973 au New Orleans Museum of Art. Mais on n’y voit plus que les trois petits Frey. Le jeune Noir a tout bonnement été oblitéré, fondu dans le décor. Par qui ? Pourquoi ? Nul ne sait. Une lourde restauration plus tard, le garçon noir réapparaît, mais demeure anonyme. Il faudra l’acharnement du collectionneur Jeremy K. Simien et le travail de l’historienne Katy Morlas Shannon pour lui redonner un prénom : Bélizaire. Désormais propriétaire de la toile, le Metropolitan Museum of Art à New York va prochainement exposer “Bélizaire et les enfants Frey”. Retrouvez notre article en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.
✏️ Coline Clavaud-Mégevand
jeudi 11 mai 2023
Fuck Abstraction
L’extrême droite. Une élue Rassemblement national, par l’odeur alléchée, cherchant à faire du bruit à moindres frais, se dit qu’elle tient là un sujet. L’art, c’est toujours un bon marchepied, ça fait de très bons bûchers. Et pour que le feu prenne, on répète la formule qui a fait ses preuves : trolls d’extrême droite + réseaux sociaux + publication de la reproduction d’un tableau sans explications. Rajoutez-y le mot «pédopornographie» et tout flambe. Insinuez l’absence de moralité de ces institutions culturelles qui pervertissent les bonnes gens en exposant un art forcément dégénéré puisque contemporain. «Vous rendez vous compte ? C’est avec vos impôts qu’on fait ça !» Le compte est bon.
✍️ Tania de Montaigne
📸 Détail du tableau «Fuck abstraction» de Miriam Cahn qui a été vandalisé. @palaisdetokyo
vendredi 31 mars 2023
L'exposition "Pastels" au musée Orsay
Marguerite, la fille du peintre Jean-François Millet, nous regarde, le visage fourré dans les corolles d’une lumineuse gerbe de marguerites. Si le magnifique dessin éclate en mille pétales poudrés, c’est sans doute à cause de sa nature même : des touches de pastel. Près de quinze ans après «le Mystère et l’éclat», l’exposition «Pastels» du @museeorsay, initiée par son nouveau président Christophe Leribault, est entièrement dédiée à cette technique cousine de la peinture, un peu moins considérée mais hautement sensuelle. Si sensuelle qu’après le Bouquet de marguerites qui ouvre le parcours, le visiteur a la sensation d’être une jeune fille au nez dans le pollen. Partout, les papiers frémissent sous les caresses des touches. Les pigments colorés irradient les salles et donnent l’illusion de se détacher des dessins pour danser dans l’atmosphère. On appelle d’ailleurs la couche de couleur qui affleure à la surface du papier la «fleur de pigment», si délicate qu’elle se fane quand on la malmène.
De fait, une telle exposition est rare et précieuse, vu la fragilité des œuvres qui ne doivent pas être exposées longtemps à la lumière. Sensibles aux vibrations, elles ne peuvent pas non plus voyager. Près de 100 dessins ont été sélectionnés parmi les 500 œuvres de la collection d’Orsay, ils ne ressortiront pas des réserves de sitôt. «Le chantier de restauration de la première exposition en 2009 a duré plusieurs années. Et 30 pastels ont été restaurés pour ce nouvel accrochage, précise Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice des arts graphiques et commissaire de l’exposition. Les pastels sont très fragiles, il faut protéger les pigments de l’environnement…»
A l’avenir, certaines œuvres de Manet ne pourront plus être accrochées à la verticale, on ne les verra qu’à plat.
👉 L'intégralité de l'article de Clémentine Mercier est à lire dans l'appli Libé
🖼️ «Le Bouquet de marguerites» de Jean-François Millet.
Charlotte Rampling expose au musée d'art moderne
Elle qui voue un respect à des maîtres écrasants, Pierre Soulages ou Alberto Giacometti, est tétanisée par la toile blanche. Ses premiers dessins sont « désespérément enfantins ». Mais elle s’obstine. L’actrice s’acharne sur la même petite planche enduite de pâte blanche, étalant au doigt des amas de peinture. Elle expérimente le spectre primaire, l’abandonne, « les couleurs criaient ». « Mais toujours rien n’en sortait, se souvient la comédienne, alors j’ai commencé à rayer, rayer de plus en plus rageusement. Je me suis laissé guider par je ne sais quoi, je savais que quelque chose allait se passer.
» A force de frotter les fibres de la toile du pouce et du plat de la main, une figure est apparue, une silhouette presque humaine, transparente, sans visage, « quelque chose de très psychologique, en lien avec mon monde intérieur ». « La figure a émergé de la matière après avoir résisté longtemps et je ne pouvais plus l’effacer », explique Charlotte Rampling. Après cette apparition, elle n’a cessé d’enduire et de frotter des petits panneaux en fibre de bois toujours du même format, 50 cm sur 45. « Comme obsédée, j’y suis retournée sans cesse. Je manipulais la matière pour rencontrer le génie qui pouvait sortir. » Depuis cet hiver de la fin des années 1990, une trentaine de silhouettes sont ainsi apparues. « Personne ne savait.
C’était sorti des ténèbres, de mes ténèbres, je gardais le secret. »
Dix-neuf de ses tableaux sont exposés pour la première fois au Musée d’art moderne de Paris, à compter du 14 avril.
📷 @bettinapittaluga
✏️ Pascale Nivelle
dimanche 26 mars 2023
Jean Michel Basquiat
Il a traversé l’Atlantique au moins à quatre reprises, entre 1983 et 1988. À cette époque, celui qui a commencé sa carrière à New York comme artiste graffiti est déjà célèbre. Dans la capitale, l’artiste trouve la tranquillité, joue au touriste, fréquente assidûment les musées où sont exposées les grands maîtres qu’il affectionne, comme Léonard de Vinci ou Matisse. Mais pour le peintre américain, la capitale est aussi le centre de la mode.
Un pied dans la rue, l’autre dans le star-system, il s’est créé un look de dandy. Costume Yoji Yamamoto ou Armani, chemise agnès b. et long manteau Comme des garçons, marque pour laquelle il défilera en 1987 à Paris. Accro à l’héroïne comme au luxe, l’argent lui brûle les doigts. Il voyage en Concorde et descend dans les palaces. À New York, Basquiat aimait avoir son frigo rempli de champagne et de caviar.
À Paris, il a son rond de serviette à L’Écluse, un bar à vins, et fréquente aussi de temps en temps la brasserie La Coupole. Le soir venu, il enflamme les Bains Douches. Ce printemps, Paris rend hommage à celui qui est mort d’une overdose à 27 ans avec deux expositions, l’une à la Philharmonie
📷 Julio Donoso/Sygma via Getty Images
✏️ @roxana.azimi
samedi 29 octobre 2022
Pierre Soulages
Décès du peintre Pierre Soulages à l'âge de 102 ans
Figure la plus connue de l’art contemporain français, exposée dans le monde entier, le hérault du noir, qui modelait cette couleur depuis plus d’un demi-siècle, dialoguant inlassablement avec elle jusqu’à inventer l’«outrenoir», est mort ce mercredi.
Portrait de Pierre Soulages, peintre et graveur abstrait français, dans son atelier parisien de la rue Saint-Victor (5ème arrondissement).
Paris, le 16 janvier 2013.
📷 Stéphane Lavoué
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...