Plus d’un an après avoir raconté son histoire à la justice et fait face à des dizaines d’hommes qui l’ont violée, Gisèle Pelicot va sortir un livre. Celle qui a été victime, pendant neuf ans, de son mari, Dominique Pelicot, sortira en janvier 2026 ses mémoires, annonce-t-elle au Guardian. Le livre, dont le titre provisoire est «Un hymne à la vie», sera traduit dans vingt langues. Il sortira en France aux éditions Flammarion, selon BFM TV.
«Je suis immensément reconnaissante du soutien extraordinaire que j’ai reçu depuis le début du procès, témoigne-t-elle auprès du quotidien britannique. Je veux maintenant raconter mon histoire avec mes propres mots. A travers ce livre, j’espère transmettre un message de force et de courage à tous ceux qui sont soumis à des épreuves difficiles. Qu’ils n’aient jamais honte. Et qu’avec le temps, ils puissent même réapprendre à savourer la vie et à trouver la paix.»
Le procès de Dominique Pelicot et de ses 50 coaccusés avait eu un retentissement international. Et Gisèle Pelicot, par son courage lors de ce procès-fleuve d’affronter jour après jour et en public ses agresseurs, est devenue un symbole bien au-delà des frontières de l’Hexagone. Mi-février, le Time Magazine l’avait même nommée parmi les femmes de l’année 2024 aux côtés, entre autres, de Nicole Kidman.
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(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
jeudi 20 mars 2025
Giselle Pelicot va publier ses mémoires "avec ses propres mots" en janvier 2026
vendredi 7 mars 2025
Caroline Darian faire famille avec le procès Mazan
Dans un contexte familial bouleversé après le procès, la fille de Gisèle Pelicot entend à son tour briser «les silences» qui entourent son cas. Elle a déposé plainte contre son père, mercredi 5 mars, notamment pour «viol» et «administration de substance».
La question a jailli il y a quelques jours de la bouche de son fils. «Mais maman, pourquoi tu écris un deuxième livre ?» Caroline Darian la rapporte sourcils froncés, en plantant ses yeux bruns et ronds droit dans les nôtres, dans le bistrot chic où elle nous a donné rendez-vous. Deux mois après la condamnation de son géniteur, Dominique Pelicot, à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir violé et organisé les viols de sa mère Gisèle Pelicot, par des dizaines d’inconnus, elle rentre à peine d’Italie où elle est allée présenter son premier ouvrage, «Et j’ai cessé de t’appeler papa», désormais traduit dans 19 langues. Son deuxième, «Pour que l’on se souvienne», écrit pendant le procès, est sorti ce mercredi 5 mars.
«Mon fils m’a vue me jeter corps et âme dans la cause [de la soumission chimique]», dit-elle dans le même souffle. Le petit garçon a 10 ans. Dix ans de vie, dont presque la moitié passée dans le vrombissement de la machine médiatico-juridique depuis que ses parents ont appris, le 2 novembre 2020, le placement en garde à vue de son grand-père. «J’ai dû lui expliquer pourquoi on se met à écrire un livre et pourquoi cela suscite des absences, reprend Caroline Darian. Je lui ai dit, “Tu verras mon chéri, peut-être qu’un jour, quand tu seras en âge de le lire, tu comprendras”. Et j’espère que ça fera de lui quelqu’un de sain, de solide. Un garçon et un homme responsable.»
«L’urgence» d’écrire ce nouveau livre était trop forte, le besoin de combattre «les silences» trop pressant. Comment trouver sa place dans une cour criminelle
quand on est à la fois «la fille de la victime et du bourreau» ? Comment survivre quand on est traversée par l’injustice de n’avoir «ni preuve, ni souvenir», mais «une conviction profonde», celle d’être soi-même victime de violences incestueuses ?
✍ Juliette Delage et Marlène Thomas
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📸 Marie Rouge
dimanche 2 mars 2025
"Ce que l'on a vu au procès Pelicot c'est que les hommes n'aiment pas les femmes"
Au-delà du calvaire enduré par Gisèle Pelicot et sa famille, le procès de Mazan nous a forcés à regarder ce que nous ne voulions pas voir : la violence masculine dans son expression la plus sordide – Dominique Pelicot –, comme dans sa manifestation la plus banale – 51 coaccusés au profil de quidam. Philosophe, spécialiste des questions féministes et, en particulier, des concepts de soumission et de consentement, Manon Garcia a assisté à une partie des audiences de ce procès historique.
Elle en tire un livre qui interroge, au-delà des violences sexuelles, les rapports entre les hommes et les femmes. Qu’a-t-elle vu à la cour criminelle départementale du Vaucluse ? Des accusés incapables de penser les violences sexuelles dont ils étaient pourtant les auteurs, des hommes dans une grande difficulté à se livrer à une forme d’introspection. «Pourquoi se sentent-ils si facilement attaqués et pour autant si difficilement concernés ?» se demande la philosophe.
Les féministes sont souvent accusées de détester les hommes. Manon Garcia inverse la proposition : et si c’étaient les hommes qui n’aimaient pas les femmes ? Certains liront son livre comme un réquisitoire contre le masculin. La philosophe se situe, au contraire, dans la volonté de ne pas couper les ponts. Elle conçoit les rapports femmes-hommes dans «une relation de réciprocité», loin de ce qu’elle a vu au procès des viols de Mazan.
Interview complète disponible sur le site de Libération
✍ Cécile Daumas, Marlène Thomas et Anastasia Vécrin
📸 @fannydegouville / @modds.photo
vendredi 27 décembre 2024
Gérald Darmanin multiplie les opérations de communication
Interrogé notamment sur l’affaire des viols de Mazan, Gérald Darmanin propose d’étendre le placement en garde à vue de quarante-huit heures à soixante-douze heures des mis en cause pour des violences sexuelles aggravées et des féminicides.
L’annonce étonne les professionnels de la police et de la justice interrogés. Dans le cas d’un féminicide, nul besoin de protéger une victime déjà décédée – d’autant que le mis en cause est souvent rapidement identifié et interpellé. Pour les violences sexuelles aggravées, ce délai de soixante-douze heures existe déjà dans certains cas. Pour les autres, les actions de protection de la victime et d’enquête tiennent déjà dans les quarante-huit heures de garde à vue.
« Pour mieux traiter [ces] contentieux, comme tous les autres, il faut plutôt redonner des moyens à l’ensemble de la chaîne pénale », explique Alexandra Vaillant, secrétaire générale de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
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mercredi 18 décembre 2024
La une de Libération du jeudi 19 décembre 2024
Mazan : un verdict pour l'avenir. C'est la une de
jeudi. Au terme d’un procès historique qui a mis en lumière, selon les mots de Gisèle Pelicot, «la banalité du viol», la cour criminelle du Vaucluse rend sa décision sur le sort des 51 accusés.
lundi 16 décembre 2024
Dominique Pelicot demande pardon à sa femme
«Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense ?»
Telle est la question posée lundi 16 décembre par le président de la cour criminelle du Vaucluse Roger Arata aux 51 accusés des viols de Mazan. Le premier à prendre la parole est le principal accusé, Dominique Pelicot. «Je voudrais commencer par saluer le courage de mon ex-femme», a soufflé Dominique Pelicot ce matin. «Je regrette ce que j’ai fait, de les avoir fait souffrir depuis quatre ans, je leur demande pardon».
L’ex-mari de Gisèle Pelicot a ensuite évoqué les conditions dans lesquelles se sont déroulées ce procès. «La cour m’a permis de rester assis à chaque entrée dans la salle, ce qui a été interprété comme un manque de respect. On m’a aménagé le fauteuil, dont la hauteur est plus haut que Adrien L., qui a été interprété comme de l’arrogance. Ce n’est pas le cas. J’ai une honte intérieure, une carapace que je me suis créé, car sans carapace on meurt en prison».Le principal accusé a aussi remercié son avocate, qui l’a empêché «à plusieurs reprises de lâcher la rampe». «Vous me l’avez déconseillé, car cela aurait été une preuve de lâcheté. Vous aviez raison, donc j’ai tenu».
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jeudi 28 novembre 2024
"C'est vous et moi contre le monde entier"
Comment plaider pour Dominique Pelicot ? Comment s’opposer aux vingt ans de réclusion criminelle requis l’avant-veille par le parquet général, auxquels il sait – il l’a dit lui-même – ne pas pouvoir échapper ? Béatrice Zavarro s’y est à peine risquée : une phrase, une seule, suggérant que la cour, dans son verdict, pourrait « peut-être s’éloigner quelque peu de ce qu’a demandé le ministre public ». L’objectif n’était pas là.
Retrouvez l'intégralité de notre article en suivant le lien en bio. #LeMonde
lundi 25 novembre 2024
Peine maximale de 20 ans requise contre l'ex-mari de Gisèle Pelicot
Le ministère public a requis la peine maximale, soit 20 ans de réclusion criminelle, contre Dominique Pelicot pour ses "agissements abjects", avoir, pendant une décennie, drogué, violé et fait violer sa femme par des dizaines d'hommes recrutés sur internet.
"20 ans, c’est à la fois beaucoup car c'est 20 ans d'une vie, quel que soit son âge, ce n'est pas rien. Mais c'est à la fois beaucoup et trop peu. Trop peu au regard de la gravité des faits qui ont été commis et répétés", a insisté Laure Chabaud, seconde représentante du ministère public à s'exprimer devant la cour criminelle de Vaucluse, à Avignon, #AFP
📷 @christophesimonafp
dimanche 24 novembre 2024
A la marche contre les violences faites aux femmes le procès des viols de Mazan dans tous les esprits
Une alarme stridente retentit. Résonnant dans le boulevard Magenta, à Paris, ce son assourdissant vient symboliser la fréquence des viols ou tentatives de viol en France : «Toutes les 2 minutes 30», tonne une militante du collectif #NousToutes, perchée sur un camion, au départ de la manifestation. Il vient rappeler l’urgence d’agir, de se mobiliser. En amont de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, plus de 80 000 personnes ont défilé à Paris, selon l’organisation. Plusieurs dizaines de manifestations étaient organisées partout en France, suivant l’appel de #NousToutes et de plus de 400 organisations ou personnalités. «La culture du viol ne se combat pas que dans les tribunaux. La culture du viol se combat dans nos écoles, dans nos familles, sur nos lieux de travail», martèle la militante féministe, dont le camion s’élance en direction de la place de la Bastille.
«Besoin de combien de procès de Mazan pour voir la vérité en face ?» interroge la pancarte de Séverine. Bonnet à pompon orange la protégeant d’un vent froid cinglant, cette autrice de livre de cuisine de 29 ans se projette : «L’issue de ce procès va avoir une résonance massive. Si les accusés sont libérés ou n’ont que des peines légères, ça ne fera que valider le fait que la moitié de la population, les hommes, peut jouir de la domination des femmes. J’aimerais vraiment que ce procès donne à voir autre chose pour ma génération.» Le nom de Gisèle Pelicot s’affiche en nombre au-dessus de la marée violette, couleur de #NousToutes et des combats féministes. L’une d’elles résume assez sobrement ce qui semble être un ressenti unanime : «Merci Gisèle».
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📷 Stephane de Sakutin / @afpphoto
mardi 19 novembre 2024
"Pour moi ce sera le procès de la lâcheté"
Le procès des viols de Mazan est celui «de la lâcheté», a accusé ce mardi 19 novembre Gisèle Pelicot, la victime principale de ce dossier hors norme, estimant qu’il était temps que la société «change de regard» sur le viol.
«Pour moi, ce procès sera le procès de la lâcheté. Il est grand temps que la société machiste, patriarcale, qui banalise le viol, change. Il est temps qu’on change le regard sur le viol», a insisté la septuagénaire, victime de viols répétés, pendant une décennie, par son mari, qui la droguait, et des dizaines d’inconnus qu’il recrutait sur internet.
📷 Corinne Rozotte / Divergence
lundi 18 novembre 2024
jeudi 24 octobre 2024
"Je suis une femme totalement détruite"
"Je suis une femme totalement détruite", a lancé Gisèle Pelicot mercredi devant la cour qui juge son ex-mari et 50 autres hommes pour l'avoir violée pendant des années alors qu'elle était droguée et inconsciente, affirmant vouloir "changer cette société" face aux violences sexuelles faites aux femmes.
En demandant la levée du huis clos du procès des viols de Mazan (Vaucluse), "je voulais que toutes les femmes qui (sont) victimes de viol se disent +madame Pelicot l’a fait, on peut le faire+. Je ne veux plus qu’elles aient honte. La honte, ce n’est pas à nous de l’avoir, c’est à eux. (...) j’exprime surtout ma volonté et détermination pour qu’on change cette société", a affirmé à la barre de la cour criminelle de Vaucluse celle qui est devenue, à 71 ans, une icône de la cause féministe.
Elle avait été invitée à s'exprimer par le président de la cour, Roger Arata, pour "donner ses impressions" à mi-parcours de ce procès hors norme débuté le 2 septembre, emblématique de la soumission chimique et des violences sexuelles.
"Je ne sais pas comment je vais me reconstruire, me relever de tout ça. Heureusement, je suis soutenue par un psychiatre et il me faudra encore beaucoup d’années. A bientôt 72 ans, je ne sais pas si ma vie me suffira pour me relever", a-t-elle ajouté.
Mme Pelicot s'est ensuite adressée à son mari, assis dans le box des accusés, sans pourtant le regarder, pour lui demander "comment" il avait pu, pendant une décennie la droguer aux anxiolytiques, la violer et la faire violer par des dizaines d'inconnus recrutés sur internet.
"Je cherche à comprendre comment ce mari, qui était l'homme parfait, a pu en arriver là. Comment ma vie a pu basculer. Comment tu as pu laisser entrer chez nous ces individus alors que tu connaissais mon aversion pour l'échangisme. Pour moi, cette trahison là, elle est incommensurable. 50 ans de vie, je pensais finir mes jours avec ce monsieur...", a-t-elle expliqué d'une voix claire et déterminée #AFP
@christophesimonafp
mercredi 23 octobre 2024
La une de Libération du jeudi 24 octobre 2024
Gisèle Pelicot : «Ni colère ni haine, mais déterminée à changer cette société» C'est la une de
ce jeudi
Giselle Pelicot n'exprime "ni colère ni haine" mais sa "détermination à changer la société"
Sa parole était attendue, après quasiment deux mois d’audience au procès des viols de Mazan devant la cour criminelle départementale du Vaucluse.
Gisèle Pelicot a pris la parole en fin de matinée : «J’ai l’air de parler haut et fort : je n’exprime ni ma colère ni ma haine, mais ma volonté et ma détermination pour qu’on change cette société.» Et de poursuivre : «Je voulais que toutes les femmes victimes de viol puissent se dire “Mme Pelicot l’a fait, on pourra le faire”. Quand on est violée, on a honte, mais ce n’est pas à nous d’avoir honte, c’est à eux de l’avoir.»
Tôt ce matin, la file de badauds s’étendait à nouveau sur tout le parvis du palais de justice d’Avignon. Ils étaient plus d’une centaine à s’être déplacés, espérant pouvoir écouter le nouveau témoignage de Gisèle Pelicot. Ceux coincés dehors n’auront pas pu assister à son arrivée. Mais la vague puissante d’applaudissements du public parvenu jusqu’à la salle des pas perdus s’était propagée jusqu’à eux.
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📸 Christophe Simon/AFP
✍️ Juliette Delage
vendredi 18 octobre 2024
La une de Libération du week-end
Après la mort de Sinwar : que va faire Netanyahou ? C'est la une de
ce week-end. Les pressions diplomatiques se font de plus en plus fortes sur le Premier ministre israélien pour un cessez-le-feu à Gaza.
jeudi 10 octobre 2024
Dans le couple les femmes encore à disposition des hommes
L’affaire des viols de Mazan est souvent décrite comme hors norme. Mais les féministes soulignent qu’au-delà de son caractère exceptionnel, dû au nombre d’accusés et de viols commis sur la personne de Gisèle Pelicot, elle est un miroir grossissant tout ce qui concourt à minimiser, normaliser ou encourager le viol, et de la banalisation des violences sexuelles faites aux femmes. Y compris dans le cadre conjugal qui, loin d’être un endroit protégé où elles pourraient enfin baisser la garde, est encore celui où s’exercent pressions sexuelles, agressions sexuelles et viols.
Les explications des hommes que Dominique Pelicot a fait venir chez lui montrent combien le mariage continue d’être perçu comme un lieu de possession de la femme par son mari. Certains d’entre eux, tout en reconnaissant factuellement les actes sexuels qu’ils ont commis, refusent de les considérer comme des viols. Leur ligne de défense s’appuie principalement sur l’idée que le consentement de Gisèle Pelicot était supposé acquis ou non nécessaire, dans la mesure où son mari en était le dépositaire, ou que sa qualité d’époux lui donnait le droit d’agir avec elle comme bon lui semble.
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✍️ Aïcha Limbada, membre de l’Ecole française de Rome, chercheuse associée du Centre d’histoire du XIXe siècle
📸 Manon Cruz/REUTERS
jeudi 3 octobre 2024
La une de Libération du vendredi 4 octobre 2024
Procès #Mazan : mon voisin le violeur Militaire, pompier, ouvriers, informaticien, journaliste, infirmier... Loin de l’archétype du monstre, le profil des accusés jette une lumière crue sur l’étendue de la culture du viol. C'est la une de
ce vendredi.
dimanche 29 septembre 2024
La une de Libération du lundi 30 septembre 2024
Guerre au #Liban : la bascule. C'est la une de
lundi. En éliminant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et la quasi-totalité de son état-major, Israël a porté un coup certain à l’«axe de la résistance» piloté par l’Iran. Le conflit entre dans une nouvelle dimension.
Arrêtons de parler de la "dignité" de Gisèle Pelicot
Les descriptions faites de la victime des viols de Mazan laissent penser qu’il y aurait des bonnes et des mauvaises victimes. Toute personne ayant subi des violences sexuelles est digne. Et si on braquait plutôt les projecteurs sur les pères de famille ? pointe l’écrivaine québécoise Martine Delvaux.
Les mots utilisés ne sont pas innocents. Il s’agit, de toute évidence, de qualificatifs positifs visant à mettre en lumière la force incontestable et admirable de Gisèle Pelicot, son engagement inébranlable, son statut d’héroïne féministe (pour reprendre l’expression du New York Times) – ce qu’elle est absolument, sans conteste. La question que je me pose est autre : «Qu’est-ce que de telles descriptions sous-entendent ? Qu’est-ce qu’elles ne disent pas ?».
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✍️ @martinedelvaux
📸 Christophe Simon / AFP
mardi 17 septembre 2024
"Je suis un violeur comme ceux qui sont dans cette salle"
Dominique Pelicot, principal accusé dans l’affaire des viols de Mazan, qui n’était plus apparu à l’audience depuis mercredi dernier pour raisons de santé, a fait son retour devant la cour criminelle du Vaucluse, à Avignon, ce mardi 17 septembre. Aidé d’une canne et vêtu d’une veste grise, il est entré lentement dans le box des accusés et s’est assis sur un fauteuil bleu censé être plus confortable et lui permettre de suivre les prochaines audiences. Avant de témoigner pour la première fois : «Je suis coupable de ce que j’ai fait.»
«Je suis un violeur comme ceux qui sont dans cette salle. Ils savaient tous, ils ne peuvent pas dire le contraire», a-t-il assuré en parlant des 50 coaccusés du procès, avant d’ajouter concernant son ex-femme Gisèle Pelicot : «Elle ne méritait pas ça». «Je demande pardon, même si ce n’est pas acceptable», a-t-il encore dit. Le septuagénaire est accusé d’avoir pendant dix ans, de juillet 2011 à octobre 2020, drogué sa femme aux anxiolytiques pour ensuite la violer et la faire violer par des dizaines d’hommes recrutés sur internet.
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📸 Arnold Jerocki
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...