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lundi 10 mars 2025

Les PUF suspendent la parution d'un livre anti-woke aux obsessions trumpistes

 

Le malaise était palpable ces derniers jours dans les locaux des Presses universitaires de France (PUF), à Paris. La cause de cet embarras ? La parution prochaine d’un livre dénonçant l’«assaut inédit» du «mouvement woke» sur la science en Amérique du Nord et en Europe. Titré «Face à l’obscurantisme woke», l’ouvrage collectif dirigé par les universitaires Emmanuelle Hénin, Xavier-Laurent Salvador et Pierre Vermeren, entendait alerter sur la «pénétration des idéologies décoloniales, des théories de la race et du genre dans les milieux actuels de la recherche en lettres et sciences humaines, en droit et même dans les sciences dures». L’essai devait paraître le 9 avril et était annoncé depuis des semaines dans les programmes de publication que la maison d’édition a envoyé aux journalistes en amont des sorties en librairie. Sa quatrième de couverture inquiétante tout en rouge et noire circulait sur Internet et il n’était pas rare de voir des acteurs du monde des idées et des sciences s’émouvoir sur les réseaux sociaux d’un tel projet éditorial.

A l’origine très contestable, la thèse du livre perd plus encore en crédibilité depuis que Donald Trump s’est lancé dans une offensive obscurantiste contre la recherche américaine, lui aussi au nom de l’anti-wokisme.

Dans un contexte aussi hostile à l’université et la recherche, il semblait pour le moins malencontreux de maintenir la publication de «Face à l’obscurantisme woke», dont le propos épouse parfaitement les obsessions trumpistes. C’est pourquoi, les PUF ont acté, la suspension de l’ouvrage. «Nous estimons que les conditions nécessaires à un accueil serein de ce livre collectif ne sont plus réunies aujourd’hui, expliquent les PUF, le projet de cet ouvrage ayant été conçu il y a deux ans dans un contexte bien différent.» Le circuit de fabrication du livre, qui n’avait pas encore été imprimé, a été stoppé net. Il n’était plus possible pour cet éditeur historique de sciences humaines d’assumer une thèse aussi éloignée de la réalité et de se mettre ainsi dans les pas d’un chef d’Etat autoritaire et complotiste.

👉 L'article de Simon Blin est à lire dans l'appli Libé

📷 Serge Attal / Only France. @afpphoto

jeudi 9 janvier 2025

"Il est plus fécond d'être un traitre qu'un conformiste"

 

Un peu plus de deux mois après l’attribution du prix Goncourt à Houris (Gallimard), le roman dans lequel il traverse la mémoire de la guerre civile des années 1990 en Algérie, l’écrivain Kamel Daoud revient sur cette consécration et sur ses enjeux littéraires et politiques. Il répond aussi aux polémiques déclenchées non seulement par ce prix, mais aussi par son soutien à Boualem Sansal, son collègue et son ami, emprisonné à Alger depuis le 16 novembre 2024 pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Retrouvez l'intégralité de l'entretien en suivant le lien en bio. #LeMonde 


mardi 5 novembre 2024

Le prix Fémina 2024 pour "Le rêve du jaguar" de Miguel Bonnefoy

 

Le prix Fémina 2024 La saison des récompenses littéraires se poursuit. Après le Goncourt et le Renaudot lundi, c’est cette fois le prix Femina qui a été décerné ce mardi 5 novembre à Miguel Bonnefoy, pour son ouvrage le Rêve du jaguar (ed. Rivages). Le jury, composé de douze femmes, a décoré l’auteur franco-vénézuélien de 37 ans au Musée Carnavalet. Il succède ainsi à Neige Sinno, lauréate en 2023 avec son roman sur l’inceste Triste tigre.

📷 Aurelie Lamachere / Opale

lundi 4 novembre 2024

Kamel Daoud remporte le Goncourt Gaël Faye obtient le Renaudot

 

Kamel Daoud remporte le prix Goncourt 2024 pour Houris. Les dix jurés, et leur nouveau président Philippe Claudel élu en mai, ont tranché.
Les pronostics donnaient Kamel Daoud, donc, et Gaël Faye (Jacaranda, Grasset) favoris, devant Hélène Gaudy (Archipels, L’Olivier) et Sandrine Collette (Madelaine avant l’aube, Lattès). Kamel Daoud succède à Jean-Baptiste Andrea pour Veiller sur elle (L’Iconoclaste), récompensé l’année dernière et à Vivre vite (Flammarion) de Brigitte Giraud, lauréate en 2022.
Dans ce troisième roman, l’auteur franco-algérien Kamel Daoud raconte les massacres de la «décennie noire» algérienne (1992-2002) à travers le regard d’Aube, la narratrice.

Gaël Faye, lui, se console avec le prix Renaudot, attribué dans la foulée. Après le succès phénoménal de Petit Pays (Grasset) il y a huit ans, 1,5 million de livres vendus et prix Goncourt des lycéens, Gaël Faye se penche sur la reconstruction du Rwanda après le génocide de 1994 dans Jacaranda (Grasset). Finaliste du Goncourt en 2016, il avait alors remporté le prix des lycéens.

📷 Ulf Undersen / Aurimages
📷 Joël Saget / AFP

mardi 7 novembre 2023

Le prix Goncourt à Jean Baptiste Andréa

 

C’était le dénouement le plus prévisible du marathon du Goncourt. L’autre grande favorite, Neige Sinno, ayant remporté le Femina hier avec Triste Tigre (P.O.L), il y avait beaucoup à parier que Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea l’emporterait, devant Sarah, Susanne et l’écrivain d’Eric Reinhardt (Gallimard) et Humus de Gaspard Koenig (Editions de l’observatoire). L’Académie, qui avait couronné l’an dernier, après d’âpres débats, l’autobiographique Vivre vite de Brigitte Giraud (Flammarion), a choisi cette fois-ci de décerner la palme à une œuvre de pure imagination et de foisonnant romanesque. Elle récompense du même élan une maison d’édition indépendante, l’Iconoclaste, créée en 1997 par Sophie de Sivry disparue en mai. Publié chez l’Iconoclaste depuis son premier roman, Ma Reine en 2017, Jean-Baptiste Andrea, 52 ans, également cinéaste, a déjà reçu fin août le prix du roman Fnac.
Veiller sur elle raconte la vie, à rebours, de Michelangelo Vitaliani dit Mimo. A l’automne 1986, l’homme âgé de 82 ans agonise dans un monastère du Piémont où il a passé incognito ses quarante dernières années. De petite taille, Mimo est né en France – ce qui lui vaudra longtemps le surnom de il Francese – de parents italiens. Après la mort de son père pendant la Grande Guerre, sa mère l’envoie au pays dans le petit atelier turinois du sculpteur Zio Alberto. Alcoolique, «enfoiré», le maître maltraite son apprenti, un génie précoce. Le tandem part s’installer en décembre 1917 à Pietra d’Alba, village dominé par le richissime clan Orsini et la culture des orangers. «Nous ne sommes pas du même milieu social, tu comprends. Nous ne pouvons pas être amis, point», dit à Mimo la jeune Viola, benjamine de cette famille de marquis, qui comptera un frère évêque influent et un autre, partisan de Mussolini.

✍️ Frédérique Roussel
📷 Joël Saget / AFP

lundi 6 novembre 2023

Le prix Femina à Neige Sinno

 

Le prix Femina revient à «Triste tigre» (éditions P.O.L). Neige Sinno, qui succède à Claudie Hunzinger. Extrait de la critique parue en août dans Libé :
Avec quels mots et sur quelle tonalité entamer le récit des viols subis pendant sept ans de la part d’un beau-père ? Neige Sinno est une écrivaine douée d’une délicatesse et d’un volontarisme tels qu’elle ouvre son texte en mettant les pieds dans le plat sans les y poser complètement. Elle fait mine d’inviter le lecteur à suivre une conversation entamée avant son arrivée. Il est le bienvenu. Première phrase, donc, pour adoucir l’entrée dans cette boue : «Car à moi aussi, au fond, ce qui me semble le plus intéressant est ce qui se passe dans la tête du bourreau. Les victimes, c’est facile, on peut tous se mettre à leur place.» A plusieurs reprises, Neige Sinno précise qu’elle ne veut pas faire de l’art avec cette histoire. Bien qu’elle n’esthétise jamais son texte, il relève bien de la littérature, tant il est construit et écrit avec une acuité rare.
Avec l’humour parfois noir qui imprègne son écriture, Neige Sinno à la fin de son récit revient sur l’absence de témoignage des bourreaux : «Moi-même, si je voyais mon propre livre sur un étalage, je ne suis pas sûre que je serais intéressée. En revanche si mon beau-père écrivait un essai, je serais la première à le lire. Notre monde vu par les yeux d’un violeur d’enfant, oui c’est un texte dans lequel je voudrais me plonger.» Il faut lire bien sûr Triste Tigre, dont la profondeur et la finesse sont singulières. Avec une persévérance diffuse, il est question de «l’extrême violence sans violence que sont les abus» et du silence, possiblement meurtrier pour la victime, qu’impose le pouvoir du bourreau.

✍️ Virginie Bloch-Lainé
📷 Helene Bamberger / Opale

jeudi 5 octobre 2023

Le Norvégien Jon Fosse reçoit le prix Nobel de littérature 2023

 

Le Norvégien Jon Fosse reçoit le prix Nobel de littérature 2023.Mathieu Lindon écrivait ceci à son sujet, en 2021 dans Libération :

Jon Fosse est plus connu en France comme dramaturge mais le Norvégien, né en 1959, est aussi un romancier (principalement traduit chez Circé) dont Bourgois publie aujourd’hui le premier des trois volumes d’une œuvre majeure, l’Autre Nom, sous-titré Septologie I-II. Le narrateur est un peintre que ses cheveux aident dans son art. «Et je me vois debout face à l’image avec ses deux traits, un marron et violet» sont les premiers mots de Septologie I et «à peu près» de Septologie II. Il s’appelle Asle. Septologie I commence le lundi et Septologie II le mardi. Entretemps, Asle est passé voir un autre peintre qui s’appelle aussi Asle. Asle le narrateur est veuf d’une femme dont le prénom est Ales, et son voisin le pêcheur, qu’il n’a jamais aimé «mais aussi étrange que cela puisse paraître c’est précisément à cause de ça que je l’aime bien», ce voisin est nommé Asleik. «L’autre nom», c’est aussi le même nom, c’est l’autre.
La lumière, la peinture sont au cœur du roman «car c’étaient les ombres que je peignais, l’obscurité dans toute cette lumière, la lumière véritable, la lumière invisible». Et l’autre Asle, celui qu’il faudrait «emmener dans la vie pour qu’il revive», ce que celui-là veut c’est «disparaître dans la mer, c’est le faire dans cette lumière qui brille parfois de l’obscurité, quand l’obscurité est devenue une opacité». Dans le clair-obscur est le titre de l’essai de Leif Zern sur le théâtre de Jon Fosse que l’Arche, l’éditeur du dramaturge, a publié en 2008. Mais il n’y a pas que la peinture et le théâtre : «et je pense que c’est pareil avec l’écriture que j’aime lire, ce qui importe n’est pas ce qu’elle dit littéralement au sujet de ceci ou de cela mais quelque chose d’autre, quelque chose qui parle silencieusement dans et derrière les lignes et les phrases».

📷 Berg-Rusten, Ole / NTB via AFP

mardi 27 décembre 2022

Mort de Francoise Bourdin


La romancière Françoise Bourdin, une des plus lues en France avec près de 50 livres écrits et 15 millions d’ouvrages vendus, est décédée dimanche à l’âge de 70 ans, a annoncé ce lundi son éditeur. Son dernier roman, publié en mai 2022, s’intitule «Un si bel horizon»


«J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille de Françoise Bourdin, à ses deux filles, Fabienne et Frédérique, à ses petits-enfants, je pense à toutes les équipes, de Belfond, de Plon et de Pocket, qui ont travaillé avec elle depuis tant d’années, ainsi qu’à ses millions de lecteurs fidèles», a déclaré la directrice générale du groupe, Michèle Benbunan.

📸 Stephane De Sakutin / AFP

jeudi 3 novembre 2022

Goncourt et Renaudot 2022

 


Le prix Goncourt 2022 revient à Brigitte Giraud pour «Vivre vite», le prix Renaudot pour Simon Liberati et «Performance»

📸 Patrice Normand/Leextra

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...