Depuis sa création, en 1778, la Scala ne cesse de déchaîner les passions, dans une surenchère d’intrigues et de clameurs. Lieu de splendeurs et de scandales, le théâtre milanais est une anomalie dans le monde de plus en plus feutré et élitaire de l’opéra : cette maison, où le spectacle est aussi fort sur scène qu’en dehors, vibre d’une ferveur qui n’a rien à envier aux plus bruyantes arènes sportives, politiques ou religieuses. De fait, beaucoup la comparent à un temple, avec ses gardiens et ses marchands, ses divinités et son clergé, ses fidèles et ses mécréants, sa liturgie. Comme tout culte organisé, elle se heurte aux visées du pouvoir séculier : à l’heure où le gouvernement de Giorgia Meloni reprend en main la culture, la Scala est plus que jamais un enjeu politique. La famille politique de la présidente du conseil s’est en effet vouée à construire un nouveau « récit national » plus identitaire et conservateur, en évinçant notamment les dirigeants étrangers de grandes institutions culturelles. Retrouvez notre reportage en cliquant sur le lien linkin.bio de notre profil.
📷 akg-images / ullstein bild ; @depasquale.maffini #PourMLeMagazineDuMonde
✏️ @kavalallan & @aureliano.tonet
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
lundi 3 février 2025
Quand la politique s'invite à la Scala de Milan
dimanche 27 octobre 2024
Clément Viktorovich monte sur scène
À 40 ans, le prof de rhétorique le plus médiatisé du PAF, également chercheur, politologue, auteur, chroniqueur télé (Quotidien, France Info…) et streamer (sa chaîne Twitch, @clemovitch, cumule près de cent trente-cinq mille followers), fait ses débuts sur scène.
Son premier spectacle, “L’Art de ne pas dire” au @theatresaintgeorges, est une fiction féroce et grinçante, terriblement d’actualité, dans laquelle il incarne un conseiller en communication tout juste « remercié » par le président.
🔍 Et qui décrypte avec brio les mécanismes du discours et la manipulation des politiques.
Rencontre.
🖊 Rossana Di Vincenzo
📷 SMITH pour Télérama
lundi 22 juillet 2024
En art comme en politique "je ne suis pas un stratège"
Il cite Jean Eustache – « Il faut que tout se sache » – et court se jeter dans la mer en slip kangourou blanc. Il n’a pas pensé à prendre un maillot de bain. Toulon. Enfin, à côté, La Seyne. Plage des Sablettes. Face au cap Sicié et aux Deux Frères, ces rochers qui pointent au large dans l’eau salée comme les deux dents d’un monstre marin. Quand il fait une chose, Charles Berling ne calcule pas : « Qu’il s’agisse de faire ou non un film parce que c’est du cinéma populaire ou au contraire l’œuvre d’un réalisateur intello, qu’il s’agisse de mon positionnement entre théâtre public et subventionné, ou encore de mes interventions politiques… je ne suis pas un stratège. »
Toulon, première ville de plus de 100 000 habitants à avoir été prise par le Front national entre 1995 et 2001. Charles Berling, enfant de la ville, y dirige depuis 2011 le théâtre Le Liberté, poussé par un maire de droite républicaine à la tête de cette Scène nationale à laquelle a été greffée, en 2019, la pinède de Châteauvallon, qui surplombe la rade, avec son mythique amphithéâtre de plein air. Si le raz-de-marée annoncé de l’extrême droite n’a pas submergé la France, il n’a pas épargné la rade. A Toulon, Laure Lavalette a ainsi été élue dès le premier tour. « Elle coche toutes les cases, fait remarquer le comédien-directeur-metteur en scène. Catho tradi, cinq enfants, porte-parole du Rassemblement national… Les gens de droite qui, ici, s’en méfiaient au début, ont commencé à dire : “Elle est plutôt symmpââ.” Mais elle veut la mairie. Et, vu ce que je dis sur elle dans les journaux, je doute que, si elle l’obtient, je reste longtemps… », s’inquiète celui qui ouvrait les portes de son théâtre aux immigrés pour l’association SOS Méditerranée, récoltant des manifs en retour.
Retrouvez-le en suivant le lien sur notre profil. #LeMonde
Article :
Laurent Carpentier (Toulon, envoyé spécial)
Photo : @clairegaby #pourlemonde
dimanche 14 avril 2024
L'humoriste Waly Dia et la philosophe Olivia Gazalé
Il joue à guichets fermés son spectacle Une heure à tuer, satire féroce du pouvoir, des machos, des racistes et des homophobes. Elle publie le Paradoxe du rire. Et si ce n’était pas toujours drôle ? (éditions Seghers), une somme impressionnante de réflexions sur l’humour à travers les âges et les registres. A l’heure où une blague peut déclencher des polémiques jusqu’au sommet de l’Etat, nous avons réuni l’humoriste Waly Dia, également chroniqueur du Grand Dimanche soir sur France Inter, et la philosophe Olivia Gazalé, cofondatrice des Mardis de la philo, pour mesurer l’étendue du pouvoir de l’humour.
Les humoristes devraient-ils s’imposer des limites, et si oui, lesquelles ? Comment rire ensemble avec les réseaux sociaux ? En novembre dernier, Guillaume Meurice déclenchait une tempête médiatique après avoir qualifié le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de «nazi sans prépuce» sur France Inter. Sanctionné par la direction de Radio France, convoqué par la police judiciaire, il en a fait le récit dans un livre, Dans l’oreille du cyclone (Seuil). Récemment, Coco, la dessinatrice de Libé, qui vit sous protection rapprochée depuis l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, a reçu des menaces de mort après la publication d’un dessin sur Gaza. «Un dessin (que j’assume parfaitement !) qui souligne le désespoir des Palestiniens, dénonce la famine à Gaza et moque aussi l’absurdité de la religion», écrivait-elle sur X.
Dans cette discussion, Olivia Gazalé et Waly Dia esquissent une «éthique de l’humour», où son caractère foncièrement immoral se heurte aux préoccupations de l’époque. A moins que ce n’ait toujours été le cas ?
✍️ Anastasia Vécrin et Adrien Naselli
📸 Manuel Braun/Libération
jeudi 18 janvier 2024
Le portrait de François Berléand
Omniprésent au théâtre, l’acteur cultive une liberté de parole que tempère à peine la méditation. La dernière scène a beau être déjà écrite, le comédien «agnostique» ne semble vraiment pas près de la tourner : «Le jour où il faudra y aller, j’ai décidé d’être incinéré, dans un cercueil en carton. C’est moins lourd. Longtemps, la seule évocation de la mort me faisait hurler. Or, étrangement, plus on avance, moins cette angoisse me pèse.» Pour autant, nul ne songerait à expédier ad patres François Berléand, septuagénaire toujours dans le coup qui, depuis maintenant un demi-siècle, accumule les projets, cinéma et théâtre mêlés, avec une boulimie telle qu’on a fini par le diagnostiquer insatiable. Simplement, si, à un moment de l’échange, la camarde est venue sur le tapis, c’est juste que l’homme ne s’embarrasse d’aucun tabou, qu’il s’agisse de parler société, politique, sport, pognon, voire surmoi.
Lire le portrait de @francoisberleand en entier sur Liberation.fr
📸 Richard Dumas
✍️ Gilles Renault
mercredi 4 octobre 2023
Léna Garrel lumineuse et militante
@lenagarrel a commis un double exploit : enterrer le géniteur au théâtre et au cinéma en même temps. Dans le Grand Chariot, drame semi-autobiographique sorti mi-septembre, réalisé par son père et coscénarisé par sa mère, Caroline Deruas, Léna, son frère Louis et sa sœur Esther apprennent à gérer la compagnie familiale de marionnettistes après la mort du paternel. L’aîné se rêve comédien, la cadette souhaite maintenir la boîte à flot, la benjamine incarne une Femen qui préfère tout casser. «J’ai fait ce film pour ma grand-mère que j’adorais, elle cousait les marionnettes de mon grand-père. Il l’a larguée et elle a dû gérer ses trois garçons toute seule.» Le tournage ? «Une expérience que je qualifierais… d’expérience.» Question suivante. Le malaise flotte au-dessus de nos assiettes. Fin août, Philippe Garrel a été mis en cause, dans un article paru sur Mediapart, par cinq comédiennes pour des baisers non consentis. Forcément, évoquer le sujet paternel est «compliqué». Alors, elle recouvre le tabou de paroles universelles. «On est tous obligés de subir, on se retrouve tous dans des positions de merde. Le but, c’est de ne pas finir dévastés. Il va falloir composer avec ce monde.»
✍️ Julie Lassale-Slama
📸 @lucileboiron
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...