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dimanche 20 août 2023

Justine Triet et Sandra Hüller

 

🎥 La cinéaste Justine Triet et la comédienne Sandra Hüller, révélée par «Toni Erdmann» évoquent un tournage où elles ont traqué le naturel et pourchassé les clichés, creusant jusqu’au vertige le rapport de rivalité homme-femme au cœur du récit.

💬 𝗘𝘅𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁 :
- Libération : Comment vous êtes vous rencontrées ?

@justine.triet : La première rencontre, c’est au festival de Berlin en 2012, Sandra m’a remis un prix pour mon court métrage Vilaine Fille, Mauvais Garçon. Je me souviens qu’on avait eu, non pas un crush, mais disons…

Sandra Hüller : Une connexion…

J.T. : On s’était dit qu’on se reverrait, mais ça n’a pas eu lieu. Puis la découverte de Toni Erdmann de Maren Ade, en 2016, a été un énorme choc, j’ai vu le film plusieurs fois et j’ai essayé de comprendre comment elles avaient travaillé jusqu’à parvenir à une telle évidence entre la personne et le personnage. Puis je lui ai proposé de rejoindre le tournage de Sibyl où il s’agissait d’un rôle secondaire, mais Sandra ne pense pas du tout en termes de gros ou petits rôles, ce qui est assez rare dans ce milieu où ça obsède les gens. Après Sibyl, j’avais l’impression qu’on avait commencé quelque chose qu’il fallait poursuive. Tout comme j’avais déjà fait deux films avec Lætitia Dosch, puis deux films avec Virginie Efira… Il y avait une sororité entre nous que j’ai ressentie dès le début. J’aime sa façon d’être à la fois très précise sur ce qu’elle fabrique et d’avoir un lâcher-prise total.

S.H. : Je ne travaille jamais en me disant : «Ceci est mon personnage, il est comme ça, il ne ferait jamais ça…» Sur le plateau, on modifie beaucoup d’inflexions, d’attitudes et d’intentions d’une prise à l’autre et on se trompe aussi souvent car on peut croire qu’on a été juste là et mauvaise là, alors qu’au final, c’est l’option qui semblait ratée qui va l’emporter au montage. Il faut toujours s’efforcer de penser contre l’angle qui nous paraissait a priori ou théoriquement le meilleur. [...]

👉 L'intégralité de l'interview est à lire dans l'appli Libé

📸 @audoin_desforges

vendredi 18 août 2023

La une de Libération du week-end

 
Justine Triet : la palme après la tempête. Consacré à Cannes, «Anatomie d’une chute» sort mercredi en salles. Rencontre avec la cinéaste et son actrice principale, Sandra Hüller.

📸 @audoin_desforges

dimanche 21 mai 2023

Sandra Hüller

 

Une absence remarquable de tout ce qui pourrait être superflu. 
Généreuse dans sa disponibilité, Sandra Hüller sourit peu et ne fait pas de charme, écoute attentivement et répond avec précision, très simplement, presque sans adjectifs, hésite à peine, ne se répète pas. 
Une idée, quelques phrases articulées avec douceur, point, ses yeux dans les vôtres, question suivante. 
Parfois, «c’est trop intime» ou «je ne souhaite pas répondre», limites fixées clairement mais sans aucune animosité. 
Si l’entretien est une danse, Sandra Hüller maîtrise sa sarabande. L’actrice originaire d’Allemagne de l’Est, où elle est née de parents pédagogues onze ans avant la chute du mur, avait profondément marqué les esprits en femme d’affaires au bord de la crise de nerfs dans Toni Erdmann de Maren Ade. Depuis le succès de cette comédie gaga nommée pour une palanquée de prix prestigieux en 2016, Sandra Hüller n’avait pas remis les pieds sur la Croisette. 
La revoilà avec fracas, en compétition officielle dans deux rôles diamétralement opposés chez Justine Triet (Anatomie d’une chute) et Jonathan Glazer (The Zone of Interest).

Chez le cinéaste britannique, elle est Hedwig Höss, l’épouse glaciale de l’officier SS Rudolf Höss qui commanda pendant près de quatre ans le camp d’Auschwitz-Birkenau. En tant qu’actrice allemande remarquée hors de son pays, ce n’est pas la première fois qu’on lui propose un rôle de nazie mais elle avait toujours décliné. 
«Je ne voyais pas la moindre raison de me mettre dans la peau de ces gens. Ça ne m’intéressait pas.» Ce qui l’intéresse, c’est avant tout que ce soit un projet de Glazer, chez qui elle sent quelque chose «qu’il ne pouvait même pas encore expliquer à ce moment-là», à savoir que ce ne sera pas «un énième film de nazis mais un film sur un contraste. 
Son approche m’a convaincue. 
C’est un point de vue que je n’avais encore jamais vu jusque-là»

Le portrait complet de Sandra Hüller par @miraclecacao est à lire dans l'app Libération et dans le cahier Cannes que vous trouverez lundi avec votre édition de Libé

📸 @martincolombet



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