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samedi 27 mai 2023

Le palmarès de la 76ème édition du festival de Cannes

 




érifié

Le Festival de Cannes a décerné samedi sa Palme d'or à la Française Justine Triet pour "Anatomie d'une chute", récompensant pour la troisième fois seulement de son histoire une réalisatrice.
La cinéaste de 44 ans succède à Jane Campion ("La leçon de piano", 1993) et Julia Ducournau ("Titane", 2021), confirmant le lent mouvement vers l'égalité dans une industrie du cinéma historiquement dominée par les hommes.
En recevant son prix, la cinéaste a vivement dénoncé la façon dont le gouvernement français a "nié de façon choquante" le mouvement contre la réforme des retraites.
Justine Triet accède au sommet du cinéma après quatre films, dont "Sibyl", déjà sélectionné à Cannes et autant de portraits de femmes.


Le jury, présidé par Ruben Östlund et où siégeait également Julia Ducournau, a choisi un film qui raconte le procès d'une veuve (Sandra Hüller) accusée aux assises d'avoir tué son mari. L'occasion de disséquer les dynamiques de pouvoir au sein d'un couple d'artistes aisés et d'exposer les préjugés sociaux auxquels se heurtent les femmes indépendantes.
Le jury a également envoyé un message contemporain sur l'effroyable banalité du mal, en donnant le Grand prix à Jonathan Glazer pour "The Zone of Interest", sur la vie quotidienne du commandant nazi d'Auschwitz, une oeuvre radicale.


Le prix de la mise en scène est allé à Tran Anh Hùng pour "La passion de Dodin Bouffant", film d'époque sur la gastronomie française avec Benoît Magimel, et celui du jury à Aki Kaurismäki pour "Les feuilles mortes".
L'actrice turque Merve Dizdar a dédié son prix d'interprétation dans "Les herbes sèches" de Nuri Bilge Ceylan "à toutes les femmes qui mènent une lutte pour surmonter les difficultés existantes dans ce monde".
Le prix d'interprétation masculine est allé à Koji Yakusho pour son rôle de nettoyeur de toilettes publiques à Tokyo dans "Perfect Days", film onirique de Wim Wenders.
#AFP

📷 Valery Hache (1, 2 et 4)
📷Christophe Simon (3 et 5)
✍️ Francois Becker

dimanche 21 mai 2023

Sandra Hüller

 

Une absence remarquable de tout ce qui pourrait être superflu. 
Généreuse dans sa disponibilité, Sandra Hüller sourit peu et ne fait pas de charme, écoute attentivement et répond avec précision, très simplement, presque sans adjectifs, hésite à peine, ne se répète pas. 
Une idée, quelques phrases articulées avec douceur, point, ses yeux dans les vôtres, question suivante. 
Parfois, «c’est trop intime» ou «je ne souhaite pas répondre», limites fixées clairement mais sans aucune animosité. 
Si l’entretien est une danse, Sandra Hüller maîtrise sa sarabande. L’actrice originaire d’Allemagne de l’Est, où elle est née de parents pédagogues onze ans avant la chute du mur, avait profondément marqué les esprits en femme d’affaires au bord de la crise de nerfs dans Toni Erdmann de Maren Ade. Depuis le succès de cette comédie gaga nommée pour une palanquée de prix prestigieux en 2016, Sandra Hüller n’avait pas remis les pieds sur la Croisette. 
La revoilà avec fracas, en compétition officielle dans deux rôles diamétralement opposés chez Justine Triet (Anatomie d’une chute) et Jonathan Glazer (The Zone of Interest).

Chez le cinéaste britannique, elle est Hedwig Höss, l’épouse glaciale de l’officier SS Rudolf Höss qui commanda pendant près de quatre ans le camp d’Auschwitz-Birkenau. En tant qu’actrice allemande remarquée hors de son pays, ce n’est pas la première fois qu’on lui propose un rôle de nazie mais elle avait toujours décliné. 
«Je ne voyais pas la moindre raison de me mettre dans la peau de ces gens. Ça ne m’intéressait pas.» Ce qui l’intéresse, c’est avant tout que ce soit un projet de Glazer, chez qui elle sent quelque chose «qu’il ne pouvait même pas encore expliquer à ce moment-là», à savoir que ce ne sera pas «un énième film de nazis mais un film sur un contraste. 
Son approche m’a convaincue. 
C’est un point de vue que je n’avais encore jamais vu jusque-là»

Le portrait complet de Sandra Hüller par @miraclecacao est à lire dans l'app Libération et dans le cahier Cannes que vous trouverez lundi avec votre édition de Libé

📸 @martincolombet



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