La rue Catherine de La Rochefoucauld dans le IXe arrondissement de Paris n’avait pas vu pareil déploiement d’extravagance depuis près de deux siècles. Le quartier de la Nouvelle Athènes, ancien territoire des artistes et partisans du romantisme français désormais fort bourgeois, a servi de décor, jeudi 6 février, à un rassemblement de sympathisants de la culture drag invités à découvrir une – petite – exposition organisée par l’Ecole supérieure des arts et métiers de la mode (@esmodparis). «L’Art du drag : trois regards mode» se concentre sur trois silhouettes réalisées par trois anciens élèves invités à partager leur expérience dans des vidéos d’une dizaine de minutes.
Présentés dans l’atrium d’un impressionnant bâtiment datant du début du XXe siècle, les ensembles incarnent différentes facettes du genre que @dragrace_france a popularisé ces dernières années : @ladymissboo joue la carte de l’humour, @kitty___space, révélée dans la saison 2 de l’émission, évoque ses origines asiatiques et françaises, Maxime Arthur -@f__kinperfect (promo 2017) et sa marque «drapeau blanc» se concentrent sur le reveal, l’art de révéler par surprise une voire plusieurs autres tenues lors d’une performance. Ce dernier a confectionné une tenue à deux facettes, robe drapée et son corset surmonté d’un torse pailleté rose poudré, portée par @cookie_kunty, figure de la scène drag.
La robe créée par Miss Boo, passée par Esmod en 2016, rend hommage au petit matin qui chante. Portée par Kam Hugh, découverte dans la première saison de Drag Race France, la robe sirène rose bonbon, inspirée du quadrillage des couettes molletonnées, a été réalisée dans le cadre d’un défilé dans l’émission qui avait pour thème «lendemain de soirée». Elle est surmontée de satin rouge et agrémentée d’une minaudière pilule de la créatrice Yaz Bukey. Kam Hugh porte une impressionnante perruque confectionnée par Christophe Mecca.
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📷 @ranobrac
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
mercredi 12 février 2025
A Paris la scène drag fait flamber la mode
vendredi 19 juillet 2024
Artistes drag de France nous incarnons une rébellion nécessaire face au fascisme
La présence croissante de la communauté drag dans les médias l’expose à un nombre grandissant d’attaques de la part de l’extrême droite. Un millier d’entre elles s’élèvent contre cette offensive réactionnaire qui les met en péril.
Depuis deux ans, les artistes drag (en particulier les queens) sont de plus en plus connu·es en France grâce à l’arrivée de la série télévisée issue de la franchise américaine Drag Race sur le service public. Mais cette visibilité est un outil à double tranchant. Avec cette hype, nous avons gagné des allié·es qui viennent voir nos spectacles, certes, mais nous avons aussi été jeté·es en pâture à la haine de l’extrême droite. Le 4 janvier, plusieurs drag-queens ont été agressées dans les rues de Poitiers. En mai à Nantes, un bar qui accueillait des shows drag a été contraint de les annuler après avoir été la cible de nombreuses menaces homophobes. En 2023, Kitty Space, participante de la deuxième saison de Drag Race France, a été victime d’une attaque en plein Paris.
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📸 Marie Rouge @lesjouesrouges
jeudi 30 mai 2024
Le portrait de Nicky Doll
La maîtresse de cérémonie de «Drag Race France», dont la saison 3 commence le 31 mai, fait primer bienveillance et tolérance sur l’esprit de compétition
Sous la perruque et les rires, le drag est un espace d’expression cathartique. Nicky Doll ne fait pas exception. Comme ses camarades de scène, son personnage de super héroïne en talons aiguilles canalise frustrations et traumatismes, ses «petits démons». Elle n’en fait pas un fonds de commerce, pas versée dans le pathos. Balaye les brimades subies ado pour ses traits fins, ses manières efféminées. «Je savais que je n’étais ni trans, ni non binaire, mais je n’arrivais pas à m’identifier aux codes. En sortir m’a permis de m’affirmer en tant qu’homme.» Le divertissement de France Télés a aussi cette mission, d’utilité publique : l’émission laisse entrevoir sans voyeurisme les parcours de vie cabossés des participantes et sensibilise à la réalité des discriminations. Nicky Doll est une oreille attentive pour les candidates. Son psy lui dit que si elle n’avait pas été drag, elle aurait fait «une super thérapeute». «C’est quelqu’un sur qui tu peux compter, jamais dans le jugement, et qui a les épaules solides», confirme Daphné Bürki.
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✍️ Juliette Deborde
📸 Emma Burlet
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...