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mercredi 26 juin 2024

Israël poursuit l'annexion de la Cisjordanie

 

Un pas de plus vers l’annexion pure et simple de la Cisjordanie. Le ministre israélien des finances et ministre de tutelle de la Cisjordanie au sein de la défense, Bezalel Smotrich, a jeté une lumière crue, vendredi 21 juin, sur les progrès accomplis par son gouvernement dans les territoires, à l’ombre de la guerre à Gaza.
« Je vous le dis, c’est mégaspectaculaire (…). De tels changements bouleversent l’ADN même du système », assurait-il, lors d’une conférence organisée dans une ferme de colons juifs près de Qalqilya (nord), dont le mouvement anticolonial La Paix maintenant a diffusé un enregistrement. Ce « système » que le ministre prétend renverser, c’est le mille-feuille administratif qui régit les territoires palestiniens, sous l’autorité de l’armée occupante depuis leur conquête, en 1967.
M. Smotrich affirme avoir transféré de vastes pans de souveraineté des mains des militaires à celles du gouvernement civil : « Nous avons créé un système civil séparé », prétend-il. Au risque de faire voler un mythe en éclats : celui d’une occupation militaire qui serait temporaire, prendrait en compte les intérêts des Palestiniens et perdurerait jusqu’à un règlement négocié du confit. Depuis six décennies, ce cadre légal permet à Israël d’arguer de la légitimité de sa présence dans les territoires au regard du droit international, tout en y poursuivant une guerre coloniale.

Photo : Le ministre israélien des finances et ministre de tutelle de la Cisjordanie au sein de la défense, Bezalel Smotrich, lors de la « Journée de Jérusalem », qui célèbre tous les ans la réunification de la ville, annexée en 1967, le 5 juin 2024.


Ammar Awad / REUTERS

lundi 6 mai 2024

Le gouvernement Israélien "ferme" la chaîne d'information Qatari Al-Jazira

 

A Jérusalem, le dispositif matériel d’enregistrement et de diffusion d’Al-Jazira était réduit à sa plus simple expression. Dans une chambre d’un hôtel de Jérusalem-Est (partie de la ville conquise par Israël lors de la guerre des Six-Jours, en 1967, puis officiellement annexée en 1980), une opération des services de sécurité israéliens a eu lieu, dimanche 5 mai, pour y saisir le matériel destiné à réaliser les directs de la chaîne d’information en continu qatarie.
Quelques heures plus tôt, le gouvernement avait voté, à l’unanimité, la décision de « fermer en Israël » la chaîne, selon une annonce du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, sur le réseau X, canal choisi également par le ministre de la communication, Shlomo Karhi, pour signaler qu’il avait signé une injonction entrant « en vigueur immédiatement », destinée à faire en sorte qu’Al-Jazira « ne puisse plus opérer d’Israël ». Il accusait au passage la chaîne de « menacer la sécurité du pays. ».
Le directeur du bureau d’Al-Jazira en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, Walid Al-Omari, a déclaré sur la chaîne qatarie que la décision israélienne comprenait l’« arrêt de la diffusion d’Al-Jazira en Israël, en arabe et en anglais, et la fermeture des bureaux d’Al-Jazira à l’intérieur des frontières d’Israël », ainsi que la « saisie du matériel » et la coupure de l’accès aux sites Internet de la chaîne en Israël. L’ordre de saisie du matériel détaille les éléments visés, qui incluent des caméras, microphones, ordinateurs, équipements de transmission et téléphones portables.

Photo : Nasser Nasser / AP

mardi 20 février 2024

Ces Israéliens qui veulent bloquer les convois humanitaires

 

De loin, on croirait presque un pique-nique, avec des nattes étendues sur le sol et des victuailles posées sur un mur, des groupes qui discutent et même quelques enfants trottinant parmi les adultes. Mais qui viendrait se promener sur ce terre-plein poussiéreux, parsemé de blocs de béton et bordant la clôture barbelée qui sépare Israël de l’Egypte ? Dimanche 18 février, la petite centaine d’Israéliens stationnés au checkpoint de Nitsana, n’a qu’un objectif : faire obstruction au passage des camions d’aide humanitaire venant d’Egypte et destinés à Gaza. Leur action, lancée fin janvier sous le nom Tsav 9 (Tsav 8 est le code d’alerte envoyé aux réservistes de l’armée israélienne en cas de mobilisation), s’est d’abord concentrée sur le poste-frontière de Kerem Shalom, seul terminal encore ouvert entre Israël et la bande de Gaza. Devenu zone militaire, le checkpoint leur a été interdit, mais les frondeurs ont continué de se faufiler jusqu’au lieu par des chemins transversaux, ralentissant la circulation des convois plusieurs fois par semaine. Certains jours, ils ont réussi à entraver presque complètement le trafic. Mais l’accès à cet endroit stratégique étant devenu beaucoup plus difficile, les manifestants se sont rabattus sur Nitsana, plus au sud, où les chargements en provenance d’Egypte subissent des contrôles, avant de rejoindre Kerem Shalom (les camions jordaniens, eux, sont inspectés directement à la frontière avec Gaza). Ce dimanche, donc, pas un seul poids lourd en vue à Nitsana. Dès 10 heures du matin, les lourdes portes grillagées ont été fermées, sous les applaudissements d’une petite foule qui occupe tout l’espace destiné aux véhicules.

Photo : @lucasbarioulet #pourlemonde

mercredi 6 décembre 2023

Les Etats-Unis adoptent des sanctions contre les colons violents en Cisjordanie

 

Certaines ruptures historiques ne sautent pas immédiatement aux yeux. Parmi les conséquences de l’attaque conduite par le Hamas en Israël le 7 octobre, il en est une qui concerne la diplomatie américaine. Accusée au Moyen-Orient de s’être rangée de façon entière et partiale aux côtés de l’Etat hébreu dans son offensive dans la bande de Gaza, l’administration Biden tente de rééquilibrer sa position ailleurs, en Cisjordanie, en s’en prenant aux colons juifs violents. Pour l’heure, les détails opérationnels de cette décision ne sont pas connus. Mais la démarche elle-même est une borne dans la relation bilatérale. Elle devrait accélérer les discussions sur ce sujet en Europe, entre les membres de l’espace Schengen.
Mardi 5 décembre, le département d’Etat a annoncé dans un communiqué que les Etats-Unis adoptaient « une nouvelle politique de restriction en matière de visa » visant des individus soupçonnés d’avoir agi « contre la paix, la sécurité ou la stabilité en Cisjordanie, notamment en commettant des actes de violence ou en agissant pour réduire de façon indue l’accès des civils à des services essentiels ou à des besoins essentiels ». Une définition très large et une boîte à outils à l’usage souple, en fonction de l’impulsion politique donnée. Le communiqué, signé par Antony Blinken lui-même, précise qu’Israël « doit prendre des mesures additionnelles pour protéger les civils palestiniens contre les attaques extrémistes ».
Mardi, le porte-parole du département d’Etat, Matthew Miller, a estimé qu’il n’y avait pas eu « un niveau suffisant d’actions de la part du gouvernement israélien » pour juguler la violence des colons, en nette hausse depuis le 7 octobre, et obliger les auteurs à rendre des comptes. Le diplomate a indiqué que cette mesure américaine devrait « concerner des dizaines d’individus et potentiellement les membres de leurs familles ».

Photo : Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, à Washington, le 5 décembre 2023. 

Mark Schiefelbein / AP

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