Allié aux conservateurs dans plusieurs régions du pays, le parti pulvérise le consensus national en poussant pour l’adoption de lois qui dérogent à celle sur la «mémoire historique» et réhabilitent le franquisme.
«Nous revendiquons une histoire commune comme élément intégrateur pour la réconciliation.» C’est avec ces belles paroles qu’au Parlement régional de Castille-et-León, à Valladolid, le leader conservateur Raúl de la Hoz a présenté fin mars une loi qui provoque une polémique enflammée dans tout le pays. Dirigée depuis deux ans par une coalition entre le Parti populaire (PP, conservateur) et le parti d’extrême droite Vox, cette région du nord espagnol franchit pour la première fois une ligne rouge et, du même coup, pulvérise un consensus national sur le passé récent de l’Espagne.
Car derrière ces mots en apparence conciliateurs, l’exécutif de Castille-et-León déroge en fait à la loi nationale sur la «mémoire historique», votée en 2007 par les socialistes après des mois de déchirements, et réactualisée à l’été 2022 par le Premier ministre Pedro Sánchez. Ce texte condamne la «dictature franquiste», un «régime totalitaire» instauré pendant quatre décennies après la guerre civile qui déchira les Espagnols, entre 1936 et 1939. Dans le même temps, cette loi reconnaît aux descendants des victimes du franquisme le droit de déterrer leurs parents des fosses communes pour leur offrir «des funérailles dignes». Davantage même : les autorités s’engagent à les aider dans ce combat et, le cas échéant, à financer leurs recherches.
✍️ François Musseau
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(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
mercredi 10 avril 2024
L'extrême droite de Vox réécrit le passé franquiste
mardi 28 novembre 2023
L'Espagne se pose en critique contre Israel dans une union Européenne prudente
« Condamner les vils attentats d’un groupe terroriste comme le Hamas, et dans le même temps condamner la tuerie aveugle de Palestiniens à Gaza, ce n’est pas une question de partis politiques ou d’idéologie, c’est une question d’humanité. » Devant des milliers de cadres et de militants socialistes, réunis dimanche 26 novembre à Madrid pour célébrer sa récente reconduction à la tête du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez a réaffirmé ses réserves contre les bombardements israéliens sur Gaza, menés en riposte aux attaques du Hamas du 7 octobre.
Dans une Union européenne prudente, traversée par des positions divergentes, le dirigeant socialiste, qui gouverne en coalition avec la gauche radicale Sumar, s’affirme comme l’un des plus critiques envers la stratégie militaire d’Israël à Gaza, qu’il juge « disproportionnée ». Une position qui a provoqué un début de crise diplomatique avec l’Etat hébreu.
M. Sanchez s’est en outre engagé à porter la cause palestinienne à Bruxelles. « Mon premier engagement de la législature est que le nouveau gouvernement va travailler en Europe et bien sûr en Espagne pour reconnaître l’Etat palestinien », a-t-il prévenu le 15 novembre, lors du discours au Parlement précédant son vote d’investiture. Une semaine plus tard, les 23 et 24 novembre, il était en visite officielle au Proche-Orient en compagnie du premier ministre de Belgique, le libéral Alexander De Croo, qui lui succédera en janvier à la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.
Photo : Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le dirigeant espagnol, Pedro Sanchez, à côté du premier ministre belge, Alexander De Croo, lors de leur rencontre à Jérusalem, le 23 novembre 2023.
BORJA PUIG DE LA BELLACASA/AFP
mardi 18 juillet 2023
La une de Libération du mercredi 19 juillet 2023

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