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samedi 29 octobre 2022

Femmes Kurdes


«En Iran, nous avions peur de la nuit» : Libération publie ce jeudi un reportage sur ces femmes kurdes qui s’exilent pour combattre le régime des mollahs. 

Chaque année, des dizaines de jeunes femmes quittent clandestinement les régions kurdes d’Iran pour s’engager dans les groupes d’opposition retranchés en Irak. 

Extrait :

Hormis deux d’entre elles, issues de la même famille, elles ne se connaissaient pas avant de se retrouver ici, au Kurdistan irakien. 

Et pourtant elles semblent partager tant de choses : «Quand nous nous sommes rencontrées et que nous avons parlé ensemble, nous avons vu à quel point nos vies étaient similaires. 

En Iran, nous avions peur de la nuit», raconte Sonia. La jeune femme aux yeux en amande s’exprime avec finesse et conviction, expliquant avoir choisi de ne pas être condamnée à vivre «dans l’ombre des droits humains».

Toutes gardent en tête les mauvais souvenirs de leurs terres natales, ceux tissés par la main de fer qu’impose le régime sur la population. 

«Une fois, j’ai été contrôlée par les bassidji [miliciens volontaires à l’intérieur du corps des Gardiens de la révolution, ndlr] parce que j’avais porté une tenue de couleur lors d’une fête religieuse, se souvient Skofa, 24 ans. 

Ils m’ont malmenée, se sont très mal comportés avec moi. Je me suis sentie humiliée.» «La pression sur nous est si forte, vous ne le croiriez pas, insiste Hana, 23 ans, originaire de Sanandaj. Sur les femmes, mais également sur les hommes.»

A quelques dizaines de kilomètres de là, dans un autre camp du PDKI, Bahar et Souhaila, 21 et 24 ans, mitraillette en bandoulière, patrouillent dans un village de réfugiés kurdes iraniens. «En Iran, nous étions trois fois discriminées. 

En tant que femmes d’abord, ethniquement en tant que Kurdes, et religieusement en tant que sunnites», explique la plus âgée.

Le reportage complet de @perpignaibanlaurent1 est à lire dans Libération ce jeudi

📸 @keiwanbaran / @middleeastimages

samedi 8 octobre 2022

Nika Shahkarami


Le 20 septembre, à 17 heures, Nika Shahkarami a dit au revoir à sa tante, avec qui elle vivait à Téhéran. La lycéenne de 16 ans a mis dans un sac à dos sa pièce d’identité, une bouteille d’eau et une serviette, prétendant aller passer la nuit avec sa sœur, qui vit dans un dortoir universitaire. 
Après cela, pendant des jours, sa famille a fait le tour des prisons et des morgues à sa recherche. 
Le 30 septembre, elle a identifié son corps, le crâne et le nez cassés. 
« La bouteille et la serviette étaient destinées à la protéger contre les gaz lacrymogènes. 
Elle était partie manifester », a expliqué sa tante, Atash Shahkarami, à la BBC Persian, une chaîne persanophone diffusée depuis Londres.

La dernière personne qui a parlé à Nika Shahkarami a été l’une de ses amies. 
Nika avait publié une vidéo d’elle-même en train de brûler son foulard et de scander des slogans antirégime dans une manifestation. 
L’amie en question a appelé la jeune fille, lui demandant ce qu’il se passait. 
« Je suis en train de fuir des agents », lui a répondu Nika à la hâte avant de raccrocher. Un peu plus tard, son téléphone a été éteint, ses comptes Instagram et Telegram ont été supprimés. 
Atash, sa tante, et son oncle ont été arrêtés quelques heures avant son enterrement, le 3 octobre.

Photo : Une photo de l’adolescente iranienne Nika Shahkarami, qui aurait été tuée lors d’une manifestation en Iran, à la suite de la mort en garde à vue de Mahsa Amini, le 16 septembre, à Téhéran. 
AFP

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