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mercredi 16 août 2023

Jean Jacques Goldmann par Ivan Jablonka

 

Quels que soient les jugements esthétiques portés sur ses tubes, Jean-Jacques Goldman a ses fans inconditionnels, qui considèrent qu’en toutes circonstances, sa musique «est bonne», et «ne triche pas». L’historien @ivan.jablonka est de ceux-là. Après des livres sur le féminicide (Laëtitia ou la fin des hommes), Jean Genet (les Vérités inavouables), ses grands-parents déportés à Auschwitz (Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus) ou le patriarcat à travers les âges (Des Hommes justes), le voici qui assume son admiration pour la star dans un essai qui sort cette fin de semaine au Seuil, tout simplement intitulé «Goldman». Il y tente, à travers le récit du parcours de l’artiste, une histoire des eighties françaises, grande décennie des trahisons, espoirs déçus et richesses inattendues pour la gauche, dont «JJG» aura incarné, pour le bonheur des uns et le désespoir des autres, nombre de contradictions. Au final, cette «biographie sociohistorique doublée d’une autobiographie collective», telle que la décrit son auteur, n’est ni l’un ni l’autre, mais une continuation logique, presque directe de ses ouvrages récents, hybridés entre l’autobiographie connivente et l’histoire de France à la première personne. Il en a présenté les grandes lignes et les discordances à @liberationfr, à son domicile parisien, au mois de juillet.


👉 L'intégralité de l'interview par Clémence Mary et Olivier Lamm est à lire dans l'appli Libé

📷 Éric Catarina

mercredi 19 avril 2023

Jean Jacques Goldmann et Libération

 


Depuis que 
@liberationfr s’est ouvert aux annonceurs, en février 1982, les pages de pub pullulent. Mais celle qui s’étale en page 41, le 20 décembre 1985, est assurément spéciale. C’est Jean-Jacques Goldman qui l’a achetée pour régler ses comptes avec la presse. Il faut dire que depuis quelques années, le succès fulgurant du chanteur agace prodigieusement les journaux, qui multiplient critiques assassines de ses disques et comptes rendus ironiques de ses concerts. Libé, bien sûr, n’est pas en reste.

Le 31 mars 1984, sous la plume de Rémy Kolpa Kopoul, l’escale de Goldman dans un @olympiahall bourré à craquer est raillée sans détour. Il y est question de «gentillesse qui confine à la mièvrerie» et on suggère un jeu de mots sur le dernier mot du titre de la chanson phare du chanteur «Quand la musique est bonne»… Après quelques mois de ce traitement, le chanteur compile donc tous les articles acides (de l’Evénement du jeudi à l’Express, du Parisien à Rock & Folk) et s’offre une page de pub pour les reproduire autour de ces mots manuscrits, adressés à son public : «Merci d’avoir jugé par vous-même.»

Pas de quoi solder la guéguerre entre le chanteur et le service Culture du journal. Les pages Société tenteront de réduire la fracture en publiant, en mai 1986 une grande enquête sur la «Goldmania», voyage au cœur d’un phénomène musical adolescent que les journalistes de la génération 1968 ont bien du mal à comprendre. Car ce «gentil chanteur qui fait un malheur» est l’idole de leurs enfants, et soutient des causes (Restos du cœur, SOS Racisme, Ethiopie) proches du journal. Trop gentil, sans doute, et trop fade pour un service Culture qui se complaît parfois dans sa caricature de contempteur du succès. Renaud en fera également les frais au travers du fameux «Séchan séché», une descente en flammes aussi jouissive dans sa forme que cruelle sur le fond, publiée le 1er mars 1986.

🎂 L'intégralité de l'article de Michel Becquembois, ainsi que 49 autres moments marquants des années Libé, sont à lire dans notre numéro spécial 50 ans, en kiosque aujourd'hui.

📷 Marie France Laval / @ina.fr @afpphoto

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