Etudiante en mathématiques, la Nordiste de 20 ans couronnée en décembre lors de la grand-messe d’Endemol, doit composer avec le harcèlement, certains la jugeant trop «androgyne». Un rêve de petite fille, avec une ombre au tableau : au milieu de ce déluge d’amour, un torrent de boue. Les miss ont une cible sur le front, leur surexposition leur vaut d’encaisser chaque année une kyrielle de commentaires malveillants. Le déferlement de haine envers Eve Gilles a pris des proportions inédites. La vingtenaire met un mot dessus : bodyshaming. Sa coupe courte et son allure androgyne, qui lui donnent des airs de Linda Evangelista, ne correspondent pas à l’idée que ses détracteurs se font d’une miss. Elle est la première candidate en un quart de siècle à ne pas arborer une chevelure de sirène. Elle hausse les épaules, ce n’est «pas une révolution». La Nordiste raconte s’être présentée au concours sans vraiment «tilter». Elle ne s’attendait pas à une telle violence. «J’ai été bien accompagnée, mais j’imagine la douleur pour quelqu’un qui ne sait pas à qui parler», glisse-t-elle en touillant son café. Avec un franc-parler plutôt rafraîchissant, elle dit «mériter sa place» : «Je n’ai pas mis un couteau sous la gorge de l’huissier de justice pour me faire élire !» Sur scène, devant l’indéboulonnable Jean-Pierre Foucault, la jeune femme avait affirmé : «Personne ne doit vous dicter qui vous êtes.»
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✍️ Juliette Deborde
📸 Lucile Boiron
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
vendredi 23 février 2024
Le portrait d'Eve Gilles Miss France 2024
dimanche 17 décembre 2023
Miss France plaide le droit à la différence
Miss France : Eve Gilles, représentante du Pas-de-Calais, est la première couronnée à coupe garçonne et plaide le droit à la différence.Son élection serait la preuve de la mue de l’institution, qui s’éloignerait toujours plus du conservatisme de Geneviève de Fontenay – l’ancienne présidente, morte en août, a néanmoins fait l’objet d’un hommage de 40 ex-miss de toutes les époques. Alexia Laroche-Joubert, l’actuelle patronne, n’a de cesse d’affirmer l’utilité du concours («ascenseur social» qui propulse ses lauréates en «femmes d’affaires, médecins, ou encore réalisatrices»), et les modalités elles-mêmes ont été actualisées, souligne-t-elle : pas d’âge-couperet, pas de célibat exigé, on peut même être mère, tatouée, transgenre – voire tout ça à la fois ? Eve Gilles, qui assène que «personne ne doit vous dicter qui vous êtes» et qui revendique l’androgynie de sa coupe, s’intègre parfaitement dans ce storytelling. Pas étonnant qu’elle ait eu la préférence du jury dont le vote compte pour moitié, l’autre revenant au public qui penchait plutôt pour la première dauphine, Miss Guyane. La mue est bienvenue, nécessaire, et vu la force de frappe médiatique de la finale (la retransmission a été cette année suivie en moyenne par 7,5 millions de téléspectateurs, avec un pic à 9,1 millions, s’est réjoui TF1 dans un communiqué), elle pourrait avoir une portée salutaire. Mais il reste clairement du boulot.
📸 Arnaud Finistre / AFP
✍️ @sabbchamp
Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant
L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...