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lundi 1 juillet 2024

Les soldats Ukrainiens dans l'enfer des prisons russes

 

Soignés dans un centre hospitalier discret, à l’écart des villes, ils reprennent peu à peu goût à la vie. Ces hommes ont été libérés lors de l’échange de 75 prisonniers de guerre organisé par Kiev et Moscou le 31 mai – un autre échange de 90 soldats a eu lieu le 25 juin. Ils ont connu deux fois l’horreur : la première sur le front, avec des combats, parfois une blessure, puis une défaite et une capture ; la seconde dans les prisons russes.
Ainsi que l’a rappelé la Mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine (HRMMU) de l’ONU, à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de torture, le 26 juin, être captif en Russie équivaut à une véritable descente aux enfers. « Chaque prisonnier interrogé a rendu compte de cas de torture, de coups brutaux, de positions de stress prolongées, de décharges électriques sur les parties génitales et d’attaques de chiens », écrit le HRMMU, qui a rencontré environ 600 des 3 300 prisonniers de guerre ukrainiens échangés depuis l’invasion russe de 2022. L’ONU dénonce aussi « la faim constante » et « l’absence de soins médicaux appropriés ».
Le service de renseignement militaire ukrainien, le HUR, a autorisé Le Monde à rencontrer d’anciens prisonniers souhaitant évoquer leur détention en Russie. La seule condition posée est de ne révéler ni le lieu de la rencontre, pour éviter qu’il ne devienne une cible, ni le nom des centres de détention russes, afin que ceux qui sont encore détenus ne subissent pas de représailles suite aux témoignages de leurs camarades. Ceux qui acceptent la rencontre parlent librement, hors de la présence d’officiers ou de médecins.

Photo : @rafaelyaghobzadeh #pourlemonde

mardi 14 mai 2024

L'armée Russe à ouvert un nouveau front

 

L’armée russe mène depuis le 10 mai à l’aube des attaques dans quatre directions au nord de la ville de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Après trois jours de combats et de bombardements intenses, l’avancée russe est parvenue à former deux poches totalisant environ 130 km2 le long de la frontière, mais elle ne dépasse pas 8 km en profondeur et n’a pas percé la principale ligne de défense protégeant Kharkiv, où vivent toujours 1,3 million d’habitants, selon le gouverneur régional, Oleh Synehoubov.
« Actuellement, l’ennemi connaît des succès tactiques », a admis, dans un communiqué publié lundi 13 mai sur Facebook, l’état-major ukrainien. Déjà, en milieu de journée, dimanche, le commandant en chef des forces armées, Oleksandr Syrsky, avait reconnu, également sur Facebook, que la situation au nord de Kharkiv s’était « considérablement détériorée ». Mais il avait aussi affirmé : « Nous connaissons les plans de l’ennemi et réagissons avec souplesse à toutes ses actions. »
La capacité du haut commandement à anticiper les initiatives adverses ne fait pas l’unanimité sur le champ de bataille. Denis Yaroslavsky, un militaire ukrainien du 1er bataillon mixte de la 57e brigade combattant à Vovtchansk, signalait dimanche sur sa page Facebook que « les combats en ville ont commencé et une tentative d’encerclement est en cours. Je le dis parce que nous risquons de mourir et qu’il se peut que personne ne connaisse la vérité ». Le militaire s’insurge contre l’absence de fortifications adéquates et de minage défensif dans le secteur, signe d’impréparation et de corruption. Une source du Monde, combattant également à Vovtchansk dans une autre unité, confirme, consternée, que « la défense de Vovtchansk n’a pas été préparée » et que « les moyens nécessaires ne sont pas sur zone pour bloquer l’offensive, alors que les Russes déploient de plus en plus de forces en face de nous ».

Photos : @laurentvanderstockt #pourlemonde

jeudi 4 avril 2024

En Ukraine la colère grandissante des soldats mutilés

 

L’agression russe du 24 février 2022 est loin d’avoir détruit les bases démocratiques en Ukraine. Au cœur même de l’armée, une parole critique grandit contre les autorités sur le sujet sensible du soutien apporté aux soldats blessés. Ce mécontentement est diffus et inorganisé mais relayé par la société civile et certains membres de l’opposition. Parmi eux, le député Oleksiy Hontcharenko estime qu’« une nouvelle demande politique est née avec cette guerre. Un million de personnes mobilisées, plus les familles et les entourages proches, ça fait du monde, même si cela ne constitue pas encore une force politique capable de menacer le gouvernement ».
Par un jour gris et neigeux de la mi-mars, à Kiev, dans l’un des centres de rééducation pour soldats ouverts par l’organisation de Viktor Pintchouk, homme d’affaires ukrainien, apparaît l’autre visage de la guerre. Au détour des couloirs surgit ce que les états-majors n’aiment guère montrer, les chairs meurtries et les yeux pleins d’effroi d’hommes et de femmes pour qui le temps s’est figé. « Nous sommes spécialisés dans le suivi des amputations, on peut traiter une cinquantaine de personnes en même temps, mais la liste d’attente est longue », confie Oleh (qui n’a pas voulu donner son nom), l’un des médecins de l’établissement.

Photos : @rafaelyaghobzadeh #pourlemonde

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...