« Je ne me paie pas de mots : c’est, pour le ministère de l’intérieur, le défi logistique et sécuritaire le plus important que nous ayons eu à organiser. » Mardi 5 mars, devant la commission des lois du Sénat, Gérald Darmanin a dévoilé son plan sécurité pour les Jeux olympiques et paralympiques (JOP), du 26 juillet au 11 août. Ou, plutôt, selon le calendrier du ministre de l’intérieur : du 8 mai, date de l’arrivée de la flamme olympique à Marseille, au 8 septembre, au moment de la clôture des Jeux paralympiques. Entre ces deux dates, tout apparaît possible aux yeux des services de sécurité, contraints à se « montrer un peu parano », selon une source Place Beauvau. C’est-à-dire à envisager tous les scénarios, à commencer par les pires.
Devant les membres du Sénat, M. Darmanin a avancé les chiffres retenus pour la jauge de la cérémonie d’ouverture, prévue de 19 h 30 à 23 heures, le 26 juillet : 104 000 personnes pour les places payantes des quais bas de la Seine, 220 000 pour les quais hauts – soit moitié moins que le public initialement prévu (600 000 spectateurs), rapidement apparu surdimensionné pour assurer sécurité et fluidité des festivités.
Il a aussi décrit les principales menaces auxquelles les forces de l’ordre devraient faire face. La première : le risque terroriste islamiste. « Rien n’est aujourd’hui caractérisé », a-t-il avancé, en prenant soin de préciser qu’il était encore « tôt dans la compétition » pour se faire une idée précise de la situation, le renseignement étant rarement « une science exacte ». « Al-Qaida et l’Etat islamique ont l’intention de le faire mais n’en ont pas les moyens à ce stade », a-t-il ajouté.
Photo : Prêt du pont de Bir-Hakeim, sur les lieux d'une agression au couteau, le 2 décembre 2023. DIMITAR DILKOFF / AFP
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
mercredi 6 mars 2024
Le risque terroriste demeure la menace principale des jeux olympiques
vendredi 14 juillet 2023
Moyens sécuritaires massifs en vue des festivités du 14 juillet
A Montargis (Loiret), « on n’a pas trop envie de faire la fête » pour le 14-Juillet, assure le maire, Benoît Digeon (Les Républicains, LR). Deux semaines après les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel M., 17 ans, tué par un policier lors d’un contrôle routier le 27 juin à Nanterre, « on est encore en train de relever la ville », rapporte l’élu de 70 ans, sans dissimuler son agacement.
Quatre-vingts magasins de cette commune de 15 000 habitants ont été dégradés et quinze pillés dans la nuit du 29 au 30 juin. Deux autres immeubles, dont l’un abritait une pharmacie, ont été incendiés. « Il va nous falloir un peu de temps pour effacer les traces [des violences urbaines] et encaisser tout ça », résume M. Digeon. Dans ce contexte, l’édile a annulé le feu d’artifice et les bals prévus le soir du 13 juillet. A défaut de renforts policiers – « L’Etat nous abandonne », dit-il –, le maire préfère « jouer la carte de la prudence ». En outre, il ne veut pas « sursolliciter » des agents municipaux et des pompiers « déjà épuisés ». « Les élus et habitants que j’ai croisés sur le terrain sont effectivement assez inquiets dans la perspective de la fête nationale et de possibles nouveaux incidents », a reconnu la première ministre, Elisabeth Borne, dans un entretien au Parisien, samedi 8 juillet. En conséquence, la cheffe du gouvernement a promis que des moyens sécuritaires « massifs » seraient déployés pour l’occasion. En outre, un décret publié dimanche interdit jusqu’au 15 juillet inclus pour les particuliers la « vente », le « port » et le « transport » de mortiers d’artifice, très prisés des émeutiers.
Cette interdiction ne s’applique pas aux professionnels ni aux communes qui organisent des feux d’artifice pour la fête nationale, est-il précisé.
Photo : @clemencelosfeld #pourlemonde
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