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jeudi 9 mars 2023

L'hommage à Giselle Halimi

            


Gisèle Halimi, la femme qui avait raison

Il y a des opinions politiques et il y a des positions politiques. 
Toute sa vie, Gisèle Halimi a pris position, fait des choix et agi. 
Son action, ce n’est pas si courant dans une carrière d’avocate, n’a pas seulement abouti à ce que justice soit rendue ou que des injustices soient connues, sur la torture en Algérie ou la condition des femmes, mais aussi à ce que des lois changent. 
Les jugements et les actes de Gisèle Halimi ont été validés par une histoire ayant fait son œuvre de tamis.

L’hommage du Président, espérons-le, saura retracer ce parcours de vérité et de courage. 
Certains (l’association Choisir par exemple) contestent l’initiative et estiment que cette cérémonie est un dérivatif, une diversion politique, en pleine réforme des retraites. 
Serge Halimi, son second fils, qui n’a pas souhaité participer avec l’Elysée à une quelconque réflexion sur un hommage à sa mère, n’y sera pas pour les mêmes raisons politiques. 
Jean-Yves Halimi, fils aîné, lui, y sera. 
Emmanuel Faux, le troisième fils de l’avocate, décédé l’été dernier, était l’un des inspirateurs de cet hommage à cette date symbolique et au palais de justice de Paris, lieu que Gisèle Halimi a tant fréquenté.

L’hommage de la République (plus que celui du Président) à la femme qui a eu raison, dans une période où le vent réactionnaire et illibéral souffle sur le monde et la France, ne sera pas inutile aux oreilles qui l’entendront. 
En attendant, peut-être un jour le Panthéon.

Le billet complet de Thomas Legrand (@thomas_legrand_frint) est à retrouver dans l'app Libération

📸 Gilbert Uzan / Gamma

samedi 12 novembre 2022

Le procès de Bobigny a 50 ans

Pour les 50 ans du «procès de Bobigny», plusieurs dizaines de personnes se sont réunies en mémoire de Gisèle Halimi sur les lieux de cet événement majeur dans la lutte pour le droit à l’avortement.

Il faut sillonner une longue route désertée, traverser des friches pour apercevoir son toit ondulé et son béton brut trancher le paysage. 

On ne tombe pas sur l’ancien tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) par hasard. Pour commémorer les cinquante ans du procès dit «de Bobigny», plusieurs dizaines de personnes s’y étaient donné rendez-vous ce mardi pour rendre hommage, ou plutôt «femmage», à l’avocate Gisèle Halimi sur les lieux de ce procès historique. 

Une étape décisive vers l’adoption de la loi Veil autorisant l’avortement en 1975. «Gisèle Halimi voulait avoir la grande salle comme c’était un procès public, mais elle n’a pas eu gain de cause», rembobine Hélène Caroux, chargée d’inventaire du patrimoine contemporain.

La salle d’audience est restée intacte. Sa toile marron, son banc des accusés en béton, son estrade. Il est presque possible d’entendre résonner la voix de Gisèle Halimi, décédée en 2020. «Jamais autant qu’aujourd’hui, je ne me serai sentie à la fois inculpée dans le box et avocate à la barre», introduisait-elle dans sa plaidoirie. 

La militante franco-tunisienne a avorté à deux reprises, la première à 19 ans. Elle fait une infection et subit un curetage à vif punitif. Après avoir signé le Manifeste des 343 dans le Nouvel Observateur en avril 1971 et fondé l’association Choisir, elle ose clamer lors de ce procès clôturé le 8 novembre 1972 : «J’ai avorté. Je le dis. 

Messieurs, je suis une avocate qui a transgressé la loi.» 

Elle le sait, les conditions sont réunies pour faire de cette affaire un procès politique.

L'article complet de Marlène Thomas est à retrouver dans l'application Libération

📸 Keystone France / Gamma Rapho

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