Tenir coûte que coûte ou préparer le repli vers des lignes plus faciles à défendre ? La question hante les hauts gradés ukrainiens alors que l’armée russe multiplie les assauts sur une large portion du front dans le Donbass, profitant d’un déficit de plus en plus criant de munitions d’artillerie côté ukrainien. Et les assauts adverses sont désormais quotidiens sur une ligne de 80 kilomètres de long allant de Khromove, au nord, près de Bakhmout, jusqu’à Marïnka, au sud-ouest de Donetsk.
Le 10 décembre, le commandant des forces terrestres, Oleksandr Syrsky, qualifiait la situation opérationnelle à l’est du pays de « difficile ». « L’ennemi, avouait-il sur sa chaîne Telegram, ne cesse de mener des actions offensives sur l’ensemble du front. » Le même jour, Roman Svitan, l’un des experts militaires les plus écoutés du pays, avertissait qu’une percée russe au niveau de la ville d’Avdiïvka risquait d’engendrer « un repli de 20 kilomètres » et de « provoquer l’effondrement de tout le front » du Donbass. Tenir Avdiïvka, ajoutait-il, n’est « pas une question politique [en référence à la résistance acharnée à Bakhmout durant l’hiver précédent], mais une nécessité purement militaire ».
A 25 kilomètres du front, le commandant de la 56e brigade d’infanterie motorisée brosse également un tableau sombre de la situation. « Si la tendance se poursuit, à savoir une diminution des livraisons de munitions d’artillerie, il sera impossible de tenir », s’inquiète Yan Iatsychen, connu sous le nom de guerre « Nocturne ». A 38 ans, il commande 7 000 hommes positionnés en défense sur une section du front de 18 kilomètres. Il reçoit au quartier général de la brigade, dont il a ordonné la construction sous terre, lors de sa prise de fonctions, il y a six mois, dans un lieu discret à proximité de la ville de Kramatorsk.
Photo : @rafaelyaghobzadeh #pourlemonde
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
vendredi 15 décembre 2023
Dans le Donbass les soldats Ukrainiens en panne de munitions
lundi 24 octobre 2022
Olga est ses enfants
Olga et ses quatre enfants sont prisonniers.
Depuis le début de la guerre, Siversk à une particularité : la ville n’a jamais cessé d’être ciblée, toujours coincée entre les lignes ukrainiennes et russes qui s’en sont approchées ou éloignées au fil des mois.
Olga, 39 ans, ne peut plus se soigner.
➡️ Le reportage complet de Luc Mathieu est à lire dans l'appli Libé.
📷 @malglaive
mardi 4 octobre 2022
Lyman libérée
Les forces armées ukrainiennes ont porté un coup de massue aux prétentions russes à annexer de manière « irréversible » le Donbass, sur fond de menaces de rétorsions nucléaires.
La ville ukrainienne de Lyman, où l’administration d’occupation russe venait d’organiser un simulacre de référendum d’annexion, est repassée, dimanche 2 octobre, sous le contrôle du gouvernement ukrainien après plusieurs jours de combats acharnés.
« A 12 h 30 locales, la ville de Lyman est totalement débarrassée des occupants russes », s’est félicité le ministère de la défense ukrainien dans un tweet.
Des images de soldats ukrainiens déambulant devant l’administration municipale de cette ville de 20 000 habitants avant l’invasion, située dans le nord de la région de Donetsk, circulaient déjà depuis la veille sur les réseaux sociaux.
Alors que de nombreux commentateurs pro-Kremlin déploraient une défaite annoncée depuis plusieurs jours, faute de renforts, le ministère de la défense russe en minimisait la portée.
Photo :
Un soldat ukrainien décroche un drapeau russe hissé sur un monument à Lyman, en Ukraine. Capture d’écran d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le 1er octobre 2022.
OLEKSIY BILOSHYTSKYI / VIA REUTERS
mercredi 24 août 2022
6 mois, déjà !
Six mois après l’invasion surprise de l’Ukraine par les forces russes le 24 février, le bilan est sanglant des deux côtés.
Le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Valeri Zaloujny, a reconnu cette semaine avoir perdu environ 9 000 soldats.
C’est sans compter le nombre de civils tués dans les bombardements russes.
Le dernier bilan officiel côté russe faisait état de 1 351 morts, auxquels il faut ajouter 3 200 morts parmi les séparatistes du Donbass.
Pour les services secrets américains, qui se sont rarement trompés jusqu’alors, les pertes russes sont probablement dix fois plus importantes.
Mais une guerre ne se gagne pas uniquement sur le front.
Nos reporters à Kyiv et à Moscou témoignent de la bataille pour conquérir l’opinion publique : en Russie, des enfants grimpant sur des tanks rutilants dans une sorte de foire du trône militariste, le «parc Patriote» ; de l’autre côté de la frontière, des bambins sur des chars incendiés et pris à l’ennemi, exposés par les Ukrainiens dans le centre de leur capitale.
Parmi tous ces enfants, combien vont devenir orphelins ?
Personne ne saurait le dire.
Pour le Kremlin, l’avancée des troupes est tellement insuffisante par rapport aux objectifs annoncés par Vladimir Poutine au début de «l’opération spéciale» qu’un arrêt des combats est inenvisageable, du moins pour l’instant.
Pour le vaillant président ukrainien, Volodymyr Zelensky, l’hiver vient : ses alliés européens risquent de réduire drastiquement leur soutien sous la pression d’électeurs devant s’acquitter de factures énergétiques mirobolantes.
Le président Emmanuel Macron a donc bien fait de réaffirmer sa solidarité avec l’Ukraine «dans la durée» ce mardi, et de clarifier son attachement à l’intégrité territoriale du pays.
On n’ose cependant ajouter : quoi qu’il en coûte.
✍ Dov Alfon
Pour : ©Libération
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