Longtemps symbole de statut social pour les familles de la classe moyenne, au point de faire de la Chine le premier marché au monde pour le piano, le prestigieux instrument n’a plus la cote. Le voilà victime de la morosité économique ambiante. De fait, la consommation n’est jamais vraiment repartie depuis la fin de la politique zéro Covid, début 2023, sur fond de crise immobilière. Les ménages n’ont plus confiance dans l’avenir et évitent les achats non essentiels. D’autres changements touchent plus particulièrement le piano : depuis une réforme de l’éducation, en 2021, les jeunes musiciens de talent n’ont plus droit à des points supplémentaires pour entrer à l’université.
Au début de l’année, la situation des deux principaux fabricants chinois, Hailun et Pearl River, a révélé l’ampleur de la crise au grand public. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires des deux groupes cotés à la Bourse de Shenzhen a fondu d’environ 40 % sur un an, et ceux-ci ont affiché des pertes. « On voyait bien que ça allait mal, mais ça a été un choc », témoigne Deng Shurou, 27 ans, qui enseigne le piano à Shanghaï. La jeune femme a quitté une école privée il y a un an pour se lancer seule et ne le regrette pas. En effet, la chaîne d’écoles qui l’employait, Roland Music, a fait faillite fin juillet.
Article : Simon Leplâtre (Luoshe (Chine), envoyé spécial)
Photo : Une manufacture de piano à Yichang, dans la province chinoise du Hubei, le 23 novembre 2021. Xiao Yijiu / AP
(Extraits articles de presse) Libération, le Monde, le Figaro, L'Equipe, Télérama, Première, AFP, Reuters, AP News
samedi 7 septembre 2024
En Chine le marché du piano s'effondre
mercredi 19 juin 2024
Blois sous le choc de la fermeture de Poulain
Aux abords de l’ancienne chocolaterie de Blois, face à la gare, Yvette Hubert, 90 ans et le brushing seyant, se promène. Depuis la nouvelle de la fermeture, elle a troqué son sac à main pour un cabas Poulain, en solidarité. Mme Hubert est entrée à la chocolaterie en 1955 et a connu Gabriel Rosanvallon, père de l’historien Pierre Rosanvallon, comme directeur : « J’avais une petite fonction parmi un millier de salariés. J’accueillais les grossistes de fèves de cacao rue Augustin-Thierry, des gens importants, des lords parfois. » Des camions électriques à trois roues allaient et venaient entre la gare et l’usine. Les fèves étaient torréfiées, concassées, broyées. La pâte obtenue était malaxée, raffinée, moulée. « J’ai connu la génération d’industriels créateurs, puis celle d’industriels développeurs, qui s’ouvrent à l’international. Dieu merci, je n’ai pas côtoyé la génération actuelle qui, sans remords, peut tout fermer d’un claquement de doigts », poursuit-elle.
Fondée il y a cent soixante-seize ans, en 1848, l’usine Poulain, aujourd’hui implantée à la sortie de la ville, est visée par un plan de fermeture. L’annonce officielle, prévue jeudi 13 juin, a été reportée au 25 juin à la demande des 109 salariés, invoquant un vice de forme.
Le groupe Carambar & Co entend conserver la marque, mais veut produire le chocolat ailleurs – sans préciser encore où – et pour moins cher. Au Monde, il invoque 45 millions d’euros d’investissements depuis 2018, et explique avoir « pleinement conscience des conséquences et de l’impact de cette décision pour une région fortement attachée à la marque Poulain », mais espère « s’appuyer sur des capacités de production internes et externes compétitives dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et des matières premières ».
#LeMonde
Photo : GUILLAUME SOUVANT / AFP
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