mercredi 8 janvier 2025

Le Pen une marque vénéneuse

 

Personnage trumpiste avant l’heure, sans filtre ni surmoi, Jean-Marie Le Pen a su sentir avant les autres et exploiter sans vergogne les peurs qui tenaillent les classes populaires et moyennes à l’heure de la mondialisation : l’immigration et l’insécurité, le spectre du déclassement, au prix d’un cynisme sans fard, car plus il multipliait les attaques contre « le système », plus il en devenait l’un des rouages.
Son acquis est d’avoir réussi à transformer un nom en marque, au terme d’une carrière faite de coups d’éclat, de traversées du désert et de guerres fratricides. Mais cette marque est éminemment vénéneuse, tant son créateur a été loin dans l’antisémitisme, le révisionnisme, le racisme, la complaisance envers le national-socialisme.

Tous les efforts entrepris, notamment en 2015, par Marine Le Pen pour marginaliser son père et tenter de dédiaboliser l’héritage, au prix d’un éprouvant bras de fer politique et judiciaire, n’y feront rien. Et ce ne sont pas les réactions de Jordan Bardella à la mort du patriarche qui lèveront le doute. A l’instar de nombreux cadres du parti, le président du RN n’a pas éprouvé le besoin de pratiquer le droit d’inventaire. Il n’a pas fait le tri dans le bilan, vantant l’action d’un homme qui « a toujours servi la France, défendu son identité et sa souveraineté », dans « l’armée française en Indochine et en Algérie ». Jean-Marie Le Pen a beau être mort, il est toujours là.
-
Retrouvez l'intégralité de notre éditorial en suivant le lien en bio. #LeMonde 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci pour votre passage

Le plus grand aéroport d'Europe paralysé par une panne de courant

  L'aéroport londonien de Heathrow, le plus grand d'Europe, a été contraint de fermer vendredi pour toute la journée en raison d...