Une carrière politique de plus d’un demi-siècle, jalonnée de nombreuses condamnations judiciaires, ne s’oublie pas facilement. C’est ce que révèle la dernière vague du sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, qui interroge l’image que les Français garderont de Jean-Marie Le Pen. Pour une très grande majorité d’entre eux, le cofondateur du Front national (FN), décédé mardi à 96 ans, reste une personnalité largement rejetée. Nettement plus, d’ailleurs, que sa fille, Marine Le Pen, qui lui a succédé en 2011 à la tête du Front devenu Rassemblement national. Au total, près de 7 sondés sur 10 indiquent qu’ils avaient « une mauvaise opinion de Jean-Marie Le Pen », et ce, quelle que soit la proximité politique. À l’exception des sympathisants nationalistes (36 %), les électeurs des différents camps sont unanimes, qu’il s’agisse de la droite LR (62 %) ou de la gauche socialiste (83 %), mais aussi des macronistes (77 %) et des écologistes (88 %).
De même, le pays juge négativement l’influence du « Menhir » sur la vie publique, puisqu’une majorité (56 %) l’accuse d’avoir « renforcé les divisions », quand 42 % lui font crédit d’avoir « permis de mettre en avant des sujets importants » tels que l’immigration et l’identité. La moitié droite de l’échiquier politique s’illustre toutefois par un résultat inverse, puisque les adeptes des Républicains (59 %) et du Rassemblement national (80 %) jugent que son empreinte a globalement été, en la matière, « plutôt positive ». Dans le détail, le natif de La Trinité-sur-Mer souffre d’un jugement acide de ses compatriotes, puisque plus de 7 sondés sur 10 le trouvent « xénophobe » (74 %), et près de 8 sondés sur 10 le jugent « antisémite » (78 %). Considéré comme un « démagogue » (54%), qui n’était « pas compétent » (57 %) et qui « n’avait pas la stature d’un homme d’État » (64 %), il n’en demeurait pas moins « courageux » aux yeux de 57 % des personnes interrogées.
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