mardi 7 janvier 2025

Je suis Charlie oui mais ?

 

Les 10 ans du 7 Janvier : la France, elle, est-elle encore «Charlie» en 2025 ? Non, mais ? Oui, mais ? Et au fond, l’a-t-elle jamais vraiment été, hormis ce dimanche 11 janvier 2015, quand plus de 4 millions de personnes sont descendues dans la rue, à la fois pour la liberté d’expression et contre la barbarie ? Quand les placards «Je suis Charlie» sont venus remplacer les avatars sur les réseaux sociaux et ont fleuri dans toutes les vitrines ?
A en croire les statistiques – c’est-à-dire le sondage mené par l’Ifop et la Fondation Jean-Jaurès (2) commandé par l’hebdo pour son numéro anniversaire –, la proportion de Français soutenant le droit au blasphème a progressé depuis quatre ans : 62 % des sondés se disent favorables au droit de critiquer de manière outrageante une croyance, un symbole ou un dogme religieux. Par ailleurs, la majorité des Français est toujours favorable à une liberté absolue d’expression et au droit de rire de tout, mais on sent «pour ce qui est de l’humour notamment, une prise en compte du risque de heurter les sensibilités qui progresse chez les jeunes et les minorités», commente le sociologue François Kraus auprès de Libération. Un tiers des moins de 35 ans soutient l’idée qu’on ne peut pas dire et caricaturer n’importe quoi sous couvert de liberté d’expression. Chez les plus de 35 ans, cette proportion n’est que d’un cinquième. Par ailleurs, remarque François Kraus, il semble y avoir un «devoir de responsabilité parfois inconscient» croissant : on a le droit de rire, mais en prenant des précautions sur «l’identité de genre, le racisme, le sentiment de discriminations diverses et variées».

✍️ Veronika Dorman
✏️ @le_dessinateur_cambon

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